ABCDaire  maçonnique : de A à G

ABéCéDaire maçonnique :

de G à Z

La lettre G :

On la retrouve entre l'équerre et le compas ; initialement, dans les premières loges anglaises, cette lettre symbolisait "God" c'est à dire Dieu ; on a aussi ajouté Géométrie et Gnose.

Hauts grades (ou Ateliers supérieurs) - 1 :

Dans ma loge mère Rite Ecossais Ancien et Accepté), un vieux maître (qui devait être 33ème) avait pour habitude de répéter avec un sourire :  « Souvenez que toute la franc maçonnerie est dans les trois premiers degrés, tous les premiers degrés dans le premier degré et le premier degré dans le cabinet de réflexion. On a fait les 30 autres pour les moins doués. »

 

Cette blague m’est restée et j’en ai souri le jour de mon initiation au 4ème degré, il y a …longtemps ! Et maintenant je la répète car je la trouve très juste.

 

Ceux qui pensent avoir tout compris de ce que peut offrir la Franc Maçonnerie quand ils ont été exaltés à la maîtrise, ont bien raison de ne pas s’intéresser aux Hauts Grades, à condition alors de ne pas en parler puisqu’ils n’en connaissent rien que l’exotérique.

 

Et s’ils pensent avoir réellement tout compris, c’est bien qu’ils n’ont rien compris. Car je crois que le chemin que nous empruntons à l’initiation n’a pas de fin. L’avantage de progresser dans les degrés n’est pas de se parer des plumes du paon, bien que, je le concède, certains succombent à la tentation.

Non, en loge de Hauts grades, nous travaillons plus profondément les mythes et les rituels. Et chaque degré nous aide à mieux comprendre les arcanes du précédent. Et donc à mieux se co-naître, mieux se com-prendre pour mieux comprendre l’Autre et mieux apprivoiser la Mort.

 

On y gagne en connaissance (pas en savoirs) et en humilité.

 

Pour conclure, j’admets bien volontiers que certains maîtres ne souhaitent pas poursuivre et je ne les juge d’aucune façon. Mais le Rite Ecossais Ancien et Accepté a 33 degrés, le rite français et les autres rites ont tous des ateliers supérieurs. Et nos « brothers » anglais qui récusent les Hauts Grades, participent avec entrain aux « Side Degrees » qui en sont sans en être ! Ne proclament-ils pas que la Franc Maçonnerie anglaise n’a que trois degrés y compris le Royal Arche ? C’est la mathématique anglo-saxonne !

 

 

Hauts grades (ou Ateliers supérieurs) - 2

Ce terme désigne les stades (ou degrés) des rites au-delà du 3ème degré ; ils sont apparus postérieurement à l'apparition de la franc-maçonnerie. Ils n'ont aucune signification hiérarchique car il n'y a pas de hiérarchie dans le fonctionnement des loges.

 

Historiquement, la création des Hauts Grades a soit une motivation politique et commerciale soit une motivation mystique ; son succès auprès de la bourgeoisie  est essentiellement basé sur la création d’un 2ème niveau de décision au plus près du pouvoir politique.

 

Aujourd’hui, les Hauts Grades ont fait la preuve de la vacuité d’une soi-disant plus-value intellectuelle par rapport au travail dans les loges bleues.

 

De façon objective, on pourrait dire qu’il s’agit d’une doublure d’obédience à l’intérieur d’une obédience marraine ; cette doublure espère toujours contrôler les rouages de l’obédience en titre sous prétexte de fidélité aux rites !

 

 

Initiation - 1 :   De initiare en latin commencer, mettre sur le chemin.

 

D’une manière profane le terme renvoie effectivement à un commencement d’un art, d’une pratique ou d’un secret. Dans la tradition, c’est un acte rituelo-magique qui permet admettre un profane dans un groupe fermé, ou dans un statut particulier. On pense bien sûr aux initiations rituelles de sortie de l’adolescence et de passage à l’âge adulte des sociétés plus ou moins primitives qui peuvent parfois être violentes voire dangereuses. On peut également pense aux « initiations » des grandes écoles ou bizutages aux méthodes et conséquences diverses.

 

En ce qui concerne la franc maçonnerie c’est un rituel d’adoption d’un profane choisi dans un atelier qui va lui conférer un statut de frère parmi ses frères avec les droits et les devoirs y afférents. On peut voir ce rituel comme une mascarade surannée qui tient du folklore. Ce serait à mon sens une erreur qui viderait la franc maçonnerie de sa fonction de levain dans la pâte.

 

Tout dans la cérémonie d’initiation est fait pour pousser le profane à reconsidérer sa vie, ses objectifs et ses paradigmes. En toute logique, si ce profane a frappé à la porte du temple et que les enquêteurs ont bien fait leur travail, il est insatisfait, il est en recherche sans toujours savoir de quoi, il souhaite des réponses, il est un homme de désir.

 

L’initiation ne va pas lui donner des réponses ou des dogmes mais lui montrer le chemin, des outils et une méthode pour chercher pour en lui et avec les autres ses propres réponses dont le partage en loge l’enrichira autant lui que ses frères. L’initiation n’est que le panneau indicateur du chemin : encore faut-il vouloir l’emprunter ce qui veut dire travailler et le travail rebute souvent …..

 

 

Initiation - 2 : dérivé du latin, le mot initiation a de nombreuses utilisations qui ne sont pas à proprement dites maçonniques ; dans le vocabulaire des loges, il désigne la cérémonie rituelle qui signe l'adhésion et l'entrée d'un candidat dans une loge maçonnique ; par extension, l'initiation correspond au processus d'adhésion. On peut aussi lui donner d'autres sens selon les croyances des uns ou des autres mais il me semble que l'on peut comprendre le terme comme l'entrée dans un processus de perfectionnement.

 

Langage maçonnique : Il y a un langage typiquement maçonnique qui est verbal et non verbal ; pour ce qui est du vocabulaire, vous trouverez dans cette liste quelques définitions ; il y a aussi un argot maçonnique dont certains mots sont passés dans le langage courant. Et puis, il y a un langage non verbal fait de signes et attouchements principalement utilisés en loge durant les travaux maçonniques ou en dehors de la loge comme signes de reconnaissance mutuelle.

 

Loge : ce terme désigne deux entités : le lieu où se réunissent les francs-maçon(ne)s mais aussi l'ensemble des membres qui se réunissent dans ce lieu. Précédée de l'adjectif Grande, il s'agit de l'association des loges qui ont décidé de respecter des règles communes, soit le rite, soit des obligations particulières, ou encore une même nationalité.

 

Maître (sse) : C'est le nom que l'on donne au franc-maçon (ou à la franc-maçonne) au 3ème degré. A ce degré, l'apprentissage de la connaissance est traditionnellement de l'ordre de la spiritualité. Le 3ème degré est considéré comme le degré de reconnaissance de la plénitude des droits du franc-maçon (de la franc-maçonne) dans l'obédience. 

 

Obédience : L'obédience maçonnique désigne une association qui regroupe plusieurs loges sur la base d'obligations communes ; par exemple, en Grande Bretagne la Grande Loge Unie d'Angleterre, en France, le Grand Orient de France, etc . Dans le monde, il y a des centaines d'obédiences maçonniques qui ont chacune leurs spécificités.

 

Officier(e) : Désigne celui (ou celle) qui, dans une loge, a un office c'est à dire une charge ou une fonction.

Le mode de fonctionnement d'une loge prévoit dix officiers principaux :

- le vénérable maître : l'animateur des travaux de la loge

- l'orateur : celui qui dit la loi et/ou le règlement

- le secrétaire : il réalise les compte-rendus des travaux 

- le premier surveillant : il veille à la formation des compagnons

- le deuxième surveillant : il veille à la formation des apprentis

- le maître des cérémonies : il assure la solennité du rituel ;

- l'expert : il est le garant du respect du rituel ; il vérifie la qualité maçonnique des visiteurs et participe avec le maitre des cérémonies à la solennité de certains déplacements en loge ;

- le trésorier : il est le comptable de la loge ;

- le frère hospitalier : c'est le responsable du suivi des situations personnelles des membres de la loge ;

- le couvreur : il veille à la sécurisation des lieux.

 

D'autres fonctions  peuvent être rajoutées (bibliothécaire, environnement musical, repas, etc.). Aujourd'hui, les fonctions d'officier d'une loge sont électives par scrutin de liste avec panachage autorisé pour une durée d'un an ; généralement le nombre de mandats est limité à trois. 

 

Le nombre d'officiers dépend aussi du rite pratiqué et du degré auquel se déroule la tenue.

 

Ordre : Ce terme désigne l'entité morale de la Franc-Maçonnerie mais également une attitude rituélique que le (la) franc-maçon(ne) doit prendre lorsqu'elle se met debout en loge soit pour parler soit pour participer à un moment du rituel.

 

Planche : C'est le nom d'un exposé qui est fait en loge par un(e) franc-maçon(ne) ; en anglais, on utilise le terme "tracing board" qui a donné "planche tracée". Initialement, le mot planche est un terme de typographie qui désigne une planche de bois ou de métal sur laquelle est gravée une illustration.  Par extension, le terme désigne tout travail écrit. Tout(e) franc-maçon(ne) se doit de produire des planches qui manifestent l'état de sa réflexion.  

 

Rite : C'est un ensemble de rituels qui ont une relation commune et qui sont articulés d'une façon spécifique ce qui donne sa cohérence au rite. En Franc-Maçonnerie, les rites ont été créés au fil du temps pour des raisons diverses ; le fil conducteur du rite est le plus souvent une légende.

 

Rituel : on pourrait le définir comme un comportement collectif s'obligeant à respecter une logique aussi bien verbale que gestuelle ; les êtres humains qui suivent un rituel acceptent naturellement d'en respecter les différentes phases. Le rituel se retrouve dans de nombreuses activités humaines pour le meilleur et souvent pour le pire.

 

Les rituels peuvent se pratiquer de façon individuelle ou de façon collective. D'une certaine manière, le rituel est un scenario modélisé dans lequel le participant perd son autonomie de façon variable suivant le rituel en question. Les rituels s'inscrivent dans le fonctionnement général des groupes ; volontairement ou involontairement, ils peuvent avoir avec des effets pervers qui peuvent aboutir à des épisodes de dépersonnalisation.

 

En Franc-Maçonnerie, les rituels, toujours collectifs, n'ont pas la prétention d'abolir la liberté individuelle ; ils s'inscrivent dans un ensemble cohérent qu'on appelle le rite (chaque rite ayant plusieurs rituels en fonction de plusieurs paramètres). Il y a plusieurs rites maçonniques. 

 

Secret : il s'agit de cacher une information ; les raisons du secret sont multiples et ont évoluées au long des siècles. Il semble que les premières réunions de francs-maçons au XVIIIème siècle à Londres étaient exemptes du caractère secret. Aujourd'hui, le secret est très variable selon le sujet qu'il convient de cacher ou selon l'organisation, le pays, l'environnement politique, etc.

 

Une autre raison du secret se retrouve dans l'idée qu'une connaissance ne mérite d'être abordée que si des préalables ont été réunis : le secret dans cette acception est plutôt un avertissement pour une bonne compréhension.

 

Les francs-maçon(ne)s ont le devoir de garder secret tout ce qui se dit lors des travaux maçonniques et donc en particulier l'identité des autres membres de la loge. Cet engagement est sujet à polémique car sa formulation a varié selon les époques et n'a pas toujours concerné les mêmes données.

 

Il est clair aujourd'hui que cette obligation est respectée de façon variable et parfois on note une utilisation malveillante de la diffusion d'informations privées.

 

A mon avis, le secret est justifié pour toute information qui concerne la vie privée des participants et pour tout ce qui peut être du domaine du fonctionnement interne des organisations maçonniques. L'idéal maçonnique mérite d'être enseigné et divulgué. 

 

Symbolisme : En dehors du mouvement artistique, le symbolisme pourrait se défiir comme la spécialité qui étudie l'utilisation des symboles dans les différentes activités humaines. La franc-maçonnerie, comme les différentes religions et tous les mouvements culturels, a intégré de nombreux symboles ;  on pourrait leur affecter des groupes d'origine :

 

- les symboles d'origine compagnonnique : la franc-maçonnerie spéculative pourrait être définie comme une "mutation" de la maçonnerie opérative du moyen-âge qui est aujourd'hui encore très vivace grâce à l'excellence de ses "compagnons" ; un grand nombre de symboles compagnonniques sont aussi des symboles maçonniques et en premier lieu la célèbre "équerre" symbole de la rectitude !

 

- les symboles d'origine judeo-chrétiennes : ce groupe comprend énormément de symboles, certains communs à différents rites ; ces symboles se retrouvent dans les églises, les temples et les synagogues ; il suffit de se promener dans les villes riches en art baroque (comme Prague et Vienne par exemple) pour retrouver dans les églises des symboles encore très présents dans les loges.

 

- les symboles d'origine égyptienne : on les retrouve plus spécificiquement dans le rite de Memphis-Misraïm, rite "inventé" au XIXème siècle en particulier par des anciens de la campagne d'Egypte de Napoléon.

 

Outre l'utilisation primaire qui permet à chacun de se répproprier un symbole, l'intérêt de la pensée symbolique appliquée à la démarche maçonnique est à rechercher à l'aune des travaux de Jean Piaget qui a montré son importance dans l'évolution cognitive de l'enfant.

 

 

Temple : c'est le lieu où se déroulent les cérémonies rituelles maçonniques et en particulier les "tenues". C'est aussi un symbole du Temple de Salomon décrit dans la Bible. Symboliquement, les francs-maçon(nes) se réunissent dans le Temple de Salomon dans une démarche de travail et de restauration : c'est un chantier ! 

 

Le temple maçonnique est un lieu particulier : il n'y a qu'une porte d'entrée et de sortie, deux colonnes à l'entrée mais qui ne supportent rien ; il n'y a pas de toit ni de couverture et le ciel étoilé (la voûte étoilée) est en contact direct avec les participants ; il y a 4 murs et trois fenêtres fermées par une grille. Bien sûr aujourd'hui, tous les temples maçonniques sont des constructions classiques et seule la décoration intérieure rappelle le cadre symbolique. On pourrait dire que le temple maçonnique symbolise une ruine ou un chantier en construction, d'un lieu fermé sur l'extérieur uniquement accessible par une seule porte.

 

Tenue : ce terme désigne la réunion des membres de la loge généralement dans le temple affecté à la loge concernée ; les tenues se déroulent avec un rituel correspondant au degré auquel la tenue est consacrée dans le rite suivi par la loge ; on parlera ainsi de tenue au 1er degré  ou au 4ème degré ou au 30ème degré, etc. Dans une même réunion maçonnique il peut y avoir une succession de tenue à des degrés différents ; généralement, une tenue au 1er degré suivie d'une tenue au 2ème degré. 

 

En fait il y a plusieurs sortes de tenue :

  • la tenue habituelle est réservée aux francs-maçons et/ou franc-maçonnes qu'ils soient membres de la loge ou visiteurs (c'est à dire membres d'une autre loge)

  • la tenue blanche ouverte correspond à une réunion des membres de la loge et/ou des visiteurs mais aussi d'invité(e)s profanes (c'est à dire non maçon(ne)s) ; dans ce cas, il s'agit généralement de conférences, le rituel maçonnique n'est pas suivi.

  • la tenue blanche fermée : la réunion des membres de la loge et/ou des visiteurs se fait à l'occasion d'une conférence présentée par un(e) invité(e) non maçon(ne).

  • la tenue funèbre : la réunion des membres de la loge et/ou des visiteurs se fait pour honorer la mémoire d'un frère ou d'une soeur de la loge récemment décédé(e) ; cette réunion se fait en présence des membres de la famille du défunt qu'ils soient ou non francs-maçons ; un rituel particulier est appliqué dans cette circonstance.

  • Le banquet d'ordre : traditionnellement, pour honorer les deux Saint-Jean, les 24 juin et 24 décembre, un banquet est organisé selon un rituel spécifique.

 

Les différents rituels des tenues maçonniques ont tous la même structure :

  • un rituel d'entrée dans le temple,

  • une rituel d'ouverture des travaux,

  • un ordre du jour avec des rituels particuliers selon les sujets inscrits à l'ordre du jour,

  • un rituel de fermeture des travaux,

  • un rituel de sortie du temple.

 L'Idéal Maçonnique,

Objectif Sagesse !