Actualités

et vision maçonnique

 

Il s'agit ici de libres commentaires à partir de faits d'actualité à l'aune d'une vision maçonnique.

Nouvelle Calédonie : le référendum du 4 novembre 2018, une victoire à la Pyrrhus pour les nostalgiques de la France coloniale

Les sondages donnaient plus de 70% pour le maintien dans la France : avec 56,40 % la victoire du non à l'indépendance redonne confiance à la population kanake et à tous ceux qui  non kanaks se sentent d'abord calédoniens et ont apporté leurs voix  à la population originelle.

Nous l'avions dit, ce référendum n'apportera rien ! Philippe Gomez et son mouvement, Calédonie Ensemble, avaient pourtant l'opportunité de créer un vrai destin commun dans l'indépendance : ils se sont réfugiés dans le déni des réalités par peur de perdre leur électorat loyaliste ! Aujourd'hui les partis politiques kanaks ont la légitimité de dire qu'ils sont les seuls partenaires de l'Etat français à qui ils réclament des comptes pour cette colonisation injuste et meurtrière !

Cette victoire à la Pyrrhus va booster l'énergie kanake et lui donner l'obligation de l'unité pour dans deux ans gagner l'indépendance et recouvrer leurs droits ancestraux !

En ne respectant pas les accords de Nouméa qui engageaient la décolonisation, l'Etat français et les partis politiques des nostalgiques de la colonisation se retrouvent dans la position d'accusés !

Il y a 30 ans, Roger Leray, au nom du GODF s'était lui aussi engagé pour la décolonisation ; malheureusement une majorité des francs-maçons du caillou n'ont écouté que leurs intérêts catégoriels et le conseil de l'ordre du GODF a joué les abonnés absents ! Quel déshonneur !

Heureusement, il y a dans les loges calédoniennes des francs-maçons, conscients de leurs responsabilités devant l'histoire, qui soutiennent la juste revendication de la décolonisation et donc de l'indépendance.

Espérons que ce piteux résultat d'un référendum qu'on a voulu influencer par la peur, ouvre les yeux du Président de la République et du Premier Ministre pour leur rappeler leurs devoirs : respecter les accords de Nouméa, c'est aider les forces vives de Nouvelle Calédonie à accéder à l'indépendance en facilitant une transition dans la Paix !

Les migrants et les réfugiés

 

Depuis plusieurs années, l'actualité montre chaque jour le drame vécu par des migrants qui fuient le Moyen-Orient, l'Afrique, l'Amérique centrale et plus généralement tous les pays subissant une guerre civile ou une instabilité politique, pour chercher, en Europe ou aux Etats-Unis, un havre de paix et de stabilité.

 

Soumis à des trafiquants peu scrupuleux, des milliers de réfugiés meurent dans des conditions atroces et les survivants se heurtent à de multiples hostilités ! Dans la majorité des cas, ils vivent le rejet !

Ce problème démographique est devenu un problème politique avec le développement, dans les pays occidentaux, d'une peur irraisonnée qu'instrumentalise les extrêmes, populistes et démagogues, pour accéder au pouvoir.

 

La peur et la démagogie font progressivement leurs oeuvres et aujourd'hui l'accès des fervents des pseudo-solutions radicales aux responsabilités dans les pays démocratiques apparaît comme de plus en plus probable : c'est déjà le cas en Hongrie, en Italie, en Autriche et d'autres.

 

L'incapacité de vivre le débat démocratique, la surenchère démagogique  et la persistance de querelles d'un autre âge, aboutissent à l'impuissance à régler de façon humaniste un problème qui dépasse les gouvernements.

 

Et pourtant, de tous temps les êtres humains ont utilisé leurs forces, leurs imaginations et leur volonté pour rechercher des lieux plus propices à leur épanouissement !

 

A chaque fois, malgré l'opposition de leurs congénères, qui utilisent le nationalisme, le repli sur soi et l'obscurantisme pour leur interdire un droit dont ils ont eux-mêmes bénéficié, la force des courants migratoires  s'est imposée. 

 

Vouloir empêcher une migration de millions d'individus est un leurre : quel que soit le prix humain à payer la meute humaine en détresse avancera !

 

Il nous semble que l'idéal maçonnique nous commande d'accueillir les migrants, d'organiser leurs intégrations dans la société et de partager nos ressources mais à condition bien sûr que cela soit également leurs souhaits et leurs motivations !

Cet accueil solidaire doit aussi s'accompagner de mesures politiques et économiques pour permettre le retour des réfugiés et des migrants dans leurs pays d'origine. 

Ces mesures nécessitent sûrement la mise en oeuvre de budgets colossaux qui ne peuvent être réunis que dans le cadre d'un partenariat international dans la dynamique des grandes institutions (ONU, Europe, etc.).

 

Comme souvent, vouloir se contenter de prendre des demi-mesures est contre-productif et ne satisfait personne : les moyens insuffisants aggravent encore plus la situation par la désespérance qu'elle induit.

Si ce problème est une charge aujourd'hui, l'histoire a montré que les migrations étaient toujours un facteur de développement et d'enrichissement pour la communauté humaine.

 

Au lieu de voir les obédiences se quereller sur leur représentativité, et se complaire dans un soi-disant dilemme entre recherche de spiritualité et engagement social, ne serait-il pas de notre rôle de mobiliser l'opinion sur la nécessité d'un plan Marshall international pour accompagner les migrations  ? 

 

Aujourd'hui, les tergiversations et la politique de "la patate chaude" mettent en danger la Démocratie et la République ! Demain, si on ne fait rien, in ne faudra pas s'étonner de voir l'Europe se ranger derrière les extrêmes et les populistes !

 

PS : il faut relire le beau discours de Pierre Marc Johnson, ancien premier ministre du Quebec , qui l'année dernière situait le vrai enjeu et les risques pour la Démocratie !

 

La difficile cohésion d’un peuple à l’épreuve de l’information en continu !

Dans l’ère de la médiatisation en continu, l’analyse laisse la place au commentaire !  Un mot devient prétexte à polémique et la machine à détruire utilise tous les raccourcis pour faire son travail !

Au diable la recherche de l’information complète, il s’agit de provoquer le suivi devant les écrans cathodiques des images en boucle associées à des télégrammes !

Sujet après sujet, un événement, un discours, un décès, une naissance, le résultat d’un match, un mariage, une naissance, l’opinion publique se trouve soumise au baromètre de ses humeurs !

Et au final, que reste-t-il ? Le gentil et le méchant !

Haro sur le Méchant ! Gloire au Gentil !

Sachant que d’un mois à l’autre, le gentil d’un jour peut devenir le méchant du lendemain !

Rien de plus dangereux que la dynamique des communiqués de presse pompeux et donneurs de leçons écrits à la va-vite par quelques conseillers de l’ombre dans l’espoir de gonfler l’audimat !

L’information en continu nous projette dans un monde où nous ne sommes plus là pour essayer de comprendre, analyser les faits et se situer dans la durée ; la compréhension de l’information est remplacée par le ressenti de l’information : c’est l’événementiel qui dicte sa loi et le piège de la binarité réductrice au Bien (le gentil) ou au Mal (le méchant)se referme sur tout un chacun, obligé de se déterminer sur des « impressions » !

Ne pourrait-on pas dans la démarche maçonnique, s’obliger à prendre du recul, accepter le temps long de l’analyse, de la lecture et se refuser à obéir au diktat de la « prise de position » !

Car l’enjeu n’est pas anodin : à se laisser prendre au piège de l’information en continu, on en oublie toute hiérarchisation de l’information, on se laisse manipuler par des présentations audio-visuelles qui peuvent être détournées et on en arrive à perdre notre propre identité !

Tout cela au final pour aviver les tensions d’un peuple qui a du mal à trouver son unité et sa cohésion !

N’est-ce pas une de nos préoccupations que d’apaiser les tensions sociales et de faciliter des relations pacifiques ?

Ne faut-il pas éviter la dialectique des va-t-en-guerre soucieux de développer leur thématique conflictuelle ?

Toutes les démocraties occidentales sont concernées par ce mal insidieux qui transforme toute réflexion et tout débat en une binarité réductrice à un combat de boxe ! Le danger réel est d’aboutir à un appauvrissement de la démocratie  et l’accaparement de la connaissance par un collège d’experts !

Il serait vraiment dommage que les loges et les francs-maçon(ne)s tombent dans ce piège comme l’ont déjà fait les conseils de l’ordre de nombreuses obédiences de façon somme toute peu convaincante !

 

Johnny ou la part éternelle de l'humanité !

 

On ne peut pas dire que la mort de Johnny Hallyday et l'émotion populaire qui s'en est suivie aient suscité ne serait-ce qu'une compréhension bienveillante de la part de celles et de ceux qui ont l'habitude de s'exprimer en qualité de francs-maço(nes) : est-ce à dire que la franc-maçonnerie serait insensible à l'humain ? 

La franc-maçonnerie sûrement pas mais sans aucun doute certains francs-maçon(nes) immatures et encore sectaires ! 

Dans la vie romanesque que nous a offert Johnny, le peuple a su  capter la sensibilité au-delà des schémas pré-établis, ressentir la souffrance existentielle d'une bête de scène et reconnaître l'humilité qu'il a toujours su garder.

 

C'est cette même  humanité sincère et authentique que nous pouvons retrouver en loge lors de certains moments où l'intime ose s'exprimer ! 

 
 
 

En dehors des Canaques qui sont les plus nombreux, il y a de nombreux communautés en nouvelle Calédonie (sur la photo des vietnamiens) : citons entre autres Français, Javanais, Japonais,  Anglais, Algériens, Wallisiens, futuniens, Tahitien,  Ni-Vanuatu, etc. et une importante proportion de métissage.

Quel rôle pourrait avoir la Franc-Maçonnerie pour résoudre le problème de la Nouvelle Calédonie ?

Une analyse circonstanciée de la situation politique de la Nouvelle Calédonie, un an avant le referendum prévu en novembre 2018, aboutit à deux conclusions :

  • d’une part, l’indépendance de la Nouvelle Calédonie est inéluctable et on comprendra pourquoi dans l’analyse ci-dessous,

  • d’autre part seule l’entente entre les représentants politiques des populations canaques et non canaques peut assurer une paix durable !

 

Pour réaliser cette paix durable, les obédiences maçonniques ont un rôle à jouer ; Roger Leray quand il était Grand Maître du  GODF s’était engagé pour faire réussir en 1998 les accords de Nouméa.

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« On peut aussi bâtir quelque chose de beau avec les pierres qui entravent le chemin » 

 

La Grande Loge Féminine de France propose chaque année à ses membres de réfléchir sur une « question » symbolique ; cette année le thème de réflexion se rapporte à une citation faussement attribuée à Johann Wolfgang von Goethe : « ON PEUT AUSSI BATIR QUELQUE CHOSE DE BEAU AVEC LES PIERRES QUI ENTRAVENT LE CHEMIN » !

 

C’est un beau thème de réflexion qui peut renvoyer au symbolisme de la pierre brute , avec des enseignements tirés d’expériences personnelles, mais cela m’apparaît aussi un thème qui fait référence à une question d’actualité : lorsqu’on lit certaines réactions déclenchées par la peur de l’arrivée des dizaines de milliers de migrants dans la bonne Europe fuyant l’enfer syrien, ne peut-on pas observer que certains les considèrent comme des « pierres » qui entravent « leur » chemin !

 

Que ne lit-on pas : « ils vont nous envahir », « le budget qu’on va leur affecter nous empêchera de nous occuper de nos pauvres ! », « ils vont islamiser la France ! ».

 

Cette citation nous conforte dans l’idée contenue dans cette citation : oui, ce qui apparaît comme un obstacle, une contrainte ou une entrave peut se révéler comme un élément positif et un atout pour rendre beau le projet que l’on est en train de réaliser !

 

De tous temps, les sociétés évoluent dans leurs compositions ; les migrations depuis l’origine de l’espèce humaine sont une constante ; aucune loi, aucune contrainte ne peut les empêcher car lorsque les êtres humains décident d’émigrer, rien ne peut les arrêter !

 

Cette loi de la nature humaine nous renvoie à l’universalité de l’idéal maçonnique : la terre n’appartient pas aux humains ; les nations, les états sont des constructions intellectuelles qui n’ont aucune légitimité si ce n’est dans le court terme (quelques milliers d’années à l’échelle de l’humanité, c’est vraiment peu de choses) !

 

L’important, c’est notre capacité collective à bâtir quelque chose de beau à l’échelle de notre Terre : c’est une grande et belle œuvre qui se réalise par petites touches souvent imperceptibles mais qui n’en constituent pas moins des progrès.

L'Etat et le citoyen :

 

De tous temps, les relations entre le pouvoir et le peuple sont l'objet de controverses et d'incompréhensions. Avant l'émergence de la démocratie, le pouvoir, généralement autoritaire et souvent dictatorial, était vécu de façon négative : en caricaturant, le peuple était opprimé, spolié et exploité par un pouvoir plus soucieux de ses intérêts personnels. La déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen fut un élément essentiel pour rappeler aux dirigeants qu'ils ne pouvaient pas bafouer impunément les droits fondamentaux de la personne humaine.

 

Avec l'émergence de la démocratie, d'autres critiques apparurent :

 

- les dirigeants élus se faisaient élire sur des promesses qu'ils ne tenaient pas ;

- Les élections étaient une vaste manipulation qui permettaient à des hommes politiques corrompus de se faire élire pour ensuite détourner l'argent public !

 

Encore aujourd'hui, on assiste parfois dans certains discours à une magnification "du peuple souverain" face au pouvoir des politiciens corrompus par les affairistes de tous les bords !

 

Grâce à la liberté de la presse, des scandales furent dénoncés et on assiste aujourd'hui, dans certains pays, à la réactualisation de la nécessaire probité des dirigeants et au devoir de transparence pour permettre de s'assurer de la vertu du Pouvoir.

 

S'il semble évident que l'exercice du pouvoir ne puisse se comprendre que si aucun fait porte atteinte à sa crédibilité, il ne faudrait pas tomber dans l'excès inverse qui consisterait à déposséder l'Etat de sa capacité à assurer les conditions du "Vivre ensemble" ! 

 

Il y a donc un équilibre subtil entre la nécessité d'un Etat fort et juste et la satisfaction des besoins essentiels des citoyens, dans le contexte général d'une économie toujours fragile et fluctuante.

 

Si les dirigeants d'un Etat doivent faire preuve de responsabilité et de respectabilité, les citoyens ne peuvent pas tout exiger pour leurs satisfactions individuelles même si celles-ci sont respectables. Le souhaitable n'étant pas toujours possible, ne serait-il pas envisageable qu'un consensus se forme sur une hiérarchisation des besoins des citoyens et sur la possibilité économique de les satisfaire sans mettre en cause le rôle de l'Etat garant de la sécurité, du respect des lois et de l'organisation sociale.

 

 

Les limites de l’engagement maçonnique dans la vie profane : impuissance et frustration !

 

Nous sommes incités à agir dans le monde profane pour mettre en pratique nos valeurs ; certain(e)s d’entre nous souhaiteraient voir les obédiences prendre une part plus active dans les débats de société voir dans le débat politique.

 

Cet engagement va même parfois jusqu’à s’imprégner dans les planches présentées en loge au risque de voir le débat politique devenir une cause de conflit interne.

 

Face à cette volonté d’engagement, d’autres obédiences et d’autres loges s’interdisent toute intervention sur des questions de société préférant laisser à chacun(e) l’autonomie de son mode d’intervention dans le monde profane sans faire mention de l’appartenance.

 

Comme cela ne date pas d’hier, on peut observer que cette question de l’engagement ou non es qualités n’a pas fondamentalement été tranchée et les mêmes arguments reviennent :

  • Etre cohérent avec nos valeurs et ne pas passer pour « lâche » et irresponsable ou être réaliste sur le peu d’efficacité de l’engagement es qualités

  • Privilégier le « laboratoire » d’idées que pourrait être la loge ou privilégier la formation individuelle

  • Demander aux obédiences de prendre partie ou laisser les obédiences gérer l’organisation

  • Respecter des approches sociales et politiques différentes ou donner une orientation plus sociale.

  • Condamner des dirigeants impliqués dans la vie sociale et connus pour être francs-maçonnes  lorsqu’elles cautionnent des dérives contraires à nos valeurs ou ne rien dire et laisser faire par peur de favoriser un anti-maçonnisme.

 

L’engagement maçonnique est malgré tout réel et n’est pas cantonné au Grand Orient de France ; il se calque bien souvent sur l’interventionnisme des organisations de la société civile (ligue des droits de l’homme, ong, etc.). Il concerne surtout les réalités nationales  dans la mesure où chaque obédience a tendance à ne voir que ce qui se passe dans son territoire.

 

A part quelques exceptions historiques, autant le milieu maçonnique semble efficace pour favoriser des interventions individuelles, autant il apparaît peu crédible pour intervenir sur des décisions des dirigeants politiques et économiques pouvant apparaître comme contraires aux valeurs maçonniques. Il est arrivé même que certaines de ces décisions ont été prises par des dirigeants connus pour être franc-maçon(ne)s.

 

Pourquoi une telle impuissance ?

A mon humble avis, on pourrait trouver 4 raisons :

 

  • l’organisation obédientielle est inadaptée à l’intervention médiatique

  • les loges sont dans l’impossibilité d’avoir une action conséquente dans les débats de société

  • la médiatisation des débats de société est souvent réductrice ; elle impose sa marque  et nécessite une aptitude particulière qui n’est généralement pas partagée par les loges et ou les obédiences ;

  • il est très difficile de maîtriser au niveau maçonnique la personnification induite par les débats de société.

Que faire ?

Il me semble qu’il serait avant tout nécessaire d’obtenir des réponses sur quatre questions :

  • un consensus sur la nature de l’engagement maçonnique souhaitable dans la vie profane ne serait-il pas souhaitable ? Et si oui, ce consensus ne devrait-il pas  concerner :

    • chaque obédience

    • les relations interobédientielles

  • les loges pourraient elles avoir la possibilité d’intervenir dans les débats de société ?

  • Si un consensus pouvait être obtenu permettant l’engagement maçonnique dans la vie profane,

    • quelle stratégie faudrait-il mettre en œuvre pour s’adapter à la médiatisation ?

    • quelle réforme de fonctionnement interne aux loges et aux obédiences devrait on réaliser ?

  • si on admet que la multiplication des obédiences affaiblit fortement la capacité d’intervention maçonnique dans le champ sociétal , quelles initiatives pourraient y remédier ?

Au total

Il est toujours étonnant de voir combien des femmes et des hommes impliqués dans la vie profane à de hauts niveaux de responsabilité, sont, quand ils accèdent à des niveaux de responsabilité obédientielle, impuissants à utiliser les réseaux maçonniques pour intervenir dans les débats de société. C’est vraiment frustrant !

 

 
 
 
 

La planète en danger : une cause maçonnique ?

 

 

Dès ses débuts, la démarche maçonnique a attiré les intellectuels et les scientifiques : nous nous honorons de compter parmi nos hommes illustres, Isaac Newton !  

 

Nous sommes donc bien placés pour savoir combien la vie sur Terre est exceptionnelle !

Aujourd’hui, il est clair que l’avenir de notre planète accumule les risques d’une détérioration telle que le maintien des conditions de vie sur la Terre n’est plus assurée.

 

En 2012 déjà, une étude scientifique publiée dans la revue Nature fixait l’échéance à 2100.

Les institutions internationales commencent à se mobiliser mais, comme on l’a vu avec la COP 21, le consensus reste velléitaire, car chaque état considère encore prioritairement ses problèmes de « fin de mois » !

 

Avant la réunion à Paris de la  COP 21, sept obédiences (Le Grand Orient de France, la Fédération Française du Droit Humain, la Grande Loge Féminine de France, La Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité, La Grande Loge Mixte Universelle, la Grande Loge Mixte de France et la Grande Loge Mixte de Memphis Misraïm ont publié un communiqué de presse pour demander aux états 9 engagements  :

· Mettre l’humain au cœur des décisions ;

· Repenser le rapport de l’homme et de la nature,

· Lutter contre les inégalités et la pauvreté dans le monde par une redistribution plus juste des richesses ;

· Demander à ce que les Etats anticipent, préviennent et remédient aux conséquences négatives des changements climatiques

· Affirmer que le bien être individuel et collectif ne se réduit pas à la production et à la consommation.

· Faire progresser la justice climatique ;

· Bâtir un accord en matière de solidarité internationale entre pays du Nord et pays du Sud ;

· Investir immédiatement et résolument dans les énergies durables ;

· Apporter  les moyens financiers nécessaires à la mise en œuvre des décisions.

 

Cette initiative a été une bonne chose mais ne pourrait-on pas imaginer qu’on en fasse plus pour cet enjeu vital pour la survie du monde vivant ?

 

Les francs-maçon(ne)s pourraient ainsi contribuer à accélérer cette prise de conscience en en faisant un thème fédérateur !

 

Espérons que dans tous les pays, les francs-maçon(ne)s, les loges et les obédiences suivent cet exemple et qu’une réelle mobilisation soit enclenchée dans un esprit d’ouverture aux autres mouvements sociaux.

 

Education, apprentissage, l'avenir de l'espèce humaine !

 

Les 19è et 20ème siècles ont vu fleurir une folle espérance : l'éducation était le remède miracle qui permettrait de donner une plus grande humanité dans le vécu des sociétés et la mise en œuvre de la dignité de la personne humaine.

 

Avec le 21è siècle, cet espoir se révèle être un leurre : dans les sociétés hyper développées du monde dit civilisé, le développement de l'éducation et de l'instruction publique n'empêche pas les inégalités ; les atteintes à la dignité de la personne humaine ne cessent pas ; le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme font des émules et en plus les jeunes hyper diplômés connaissent le chômage ce qui aurait été impensable le siècle dernier !

 

Convaincus que l'apprentissage est la base de la connaissance nous oublions parfois que cela est vrai pour toutes les connaissances ; apprendre les sciences, l'histoire et la géographie, c'est important, mais l'apprentissage du vivre ensemble n'est-il pas négligé ?

 

Dans nos sociétés occidentales, où les parents gèrent comme ils peuvent de multiples contraintes, le vivre ensemble est souvent oublié au profit d'appétits égoïstes, individuels et communautaires !

 

Le monde enseignant, qui exerce l’un des plus beaux métiers du monde, a une charge immense ; espérons que ses membres sauront trouver des réponses élaborées pour relever ce nouveau défi et permettre à notre jeunesse de trouver dans le vivre ensemble autre chose que la peur et la haine ! 

 

 

La démocratie en danger

 

Les informations qui sont portées à la connaissance du public des grandes démocraties depuis plusieurs mois ont de quoi inquiéter les consciences et suscitent de nombreuses questions.

 

La justification des débats démocratiques vient de la conviction que la sagesse des peuples est capable de choisir les dirigeants nécessaires au bon fonctionnement des institutions.

 

Cette conviction prend son fondement dans l’histoire et la philosophie grecques et s’est trouvée confortée dans l’affirmation et la reconnaissance des droits de l’Homme et du citoyen.

 

Force est de constater que la gravité des problèmes auxquelles se trouve confrontée la pérennité de la vie sur le globe terrestre et la difficulté à trouver des solutions consensuelles aboutissent à troubler profondément les opinions publiques.  L’incapacité des intellectuels et en particulier des philosophes à émettre une parole de sagesse qui puisse faire référence, favorise la confusion.

 

La dérive des mœurs politiciennes, polluées par des conflits d’intérêts, favorise l’émergence de tribuns sans foi ni loi , utilisant le verbe et les médias pour séduire les foules.

 

Les débats se résument le plus souvent à des effets de manche, sans véritable réflexion collective ni argumentation raisonnée et sérieuse.

 

A la réflexion se substitue l’émotion qui préside à des choix de courte durée sans cesse remis en cause.

 

Qui peut aujourd’hui se satisfaire de cette évolution de la démocratie dans les grands pays dits évolués ?

 

Dans cette situation préoccupante, le besoin d’une voix de sagesse se fait cruellement sentir.

N’est-on pas en droit de penser que ce serait l’honneur de l’ordre maçonnique de la prononcer ?

 

Or de ce côté-là aussi la confusion règne : la multiplicité des obédiences maçonniques, la tentation pour certains d’entre nous de vouloir que notre ordre s’immisce dans ces querelles de partis et d’egos  et  l’incapacité des responsables obédientiels à répondre à une exigence de responsabilité ne sont pas de nature à permettre à notre ordre maçonnique de jouer le rôle qui pourrait être le sien  et qui consisterait en particulier, d’une voix forte et respectable, à rappeler à l’opinion publique que la démocratie est une valeur qui nécessite qu’on ne l’expose pas à des comportements inconséquents.

 

La démocratie suppose qu’on n’accepte pas n’importe quoi sous prétexte que le peuple a toujours raison car les peuples peuvent aussi se fourvoyer dans des aventures suicidaires lorsque l’incompréhension règne dans les esprits  !

 L'Idéal Maçonnique,

Objectif Sagesse !