Humanisme

et

Action humanitaire

internationale

Il n'y a pas d'engagement maçonnique sans engagement humanitaire. Dans certains pays, l'engagement maçonnique est même essentiellement fondé sur le soutien à des oeuvres sociales, caritatives ou de solidarité. Avoir une "fibre" humanitaire est donc naturel pour les francs-maçonnes et les francs-maçons. Cela n'empêche pas de se poser des questions. Les contributions publiées dans cette page témoignent d'expériences personnelles.

Articles de la page 

 

L'action humanitaire internationale : comment la valoriser ?

Qu'en est-il de la pauvreté dans le monde ?

 

Le sous-développement : une hérésie !

 

Les ONG en trois constats

Impulser une nouvelle façon d'aider 

 

La fondation du GODF et les actions de solidarité des obédiences

 

Qu’en est-il de la pauvreté dans le monde aujourd’hui ?

 

L’Organisation Mondiale de la Santé a publié une étude sur l’espérance de vie dans le monde : celle-ci a augmenté de cinq ans entre 2000 et 2015, grâce, notamment, aux progrès enregistrés en Afrique dans la lutte contre le sida et le paludisme. Il s’agit de la hausse la plus rapide depuis les années 1960.

L’espérance de vie en bonne santé, c’est-à-dire le nombre d’années en bonne santé qu’un enfant né en 2015 peut s’attendre à vivre, est de 63,1 ans au niveau mondial (64,6 ans pour les femmes et 61,5 ans pour les hommes).

 

Cette amélioration globale n’est pas uniforme : Le rapport montre que les nouveau-nés dans 29 pays, tous à haut revenu, ont une espérance de vie moyenne d’au moins 80 ans tandis que, dans 22 autres pays, tous en Afrique subsaharienne, elle est de moins de 60 ans.

 

L’OMS pointe des domaines où des progrès sont nécessaires : fournir de l’eau potable à quelque 1,8 milliard de personnes qui boivent de l’eau contaminée chaque jour, réduire le nombre de fumeurs qui dépasse le milliard dans le monde et donner accès à des toilettes salubres aux 946 millions de personnes qui défèquent en plein air. (sources Le Monde et site de l’OMS mai 2016)

 

La Banque Mondiale a également publié en octobre 2015 une étude sur l’extrême pauvreté dans le monde : elle devrait pour la première fois cette année frapper moins de 10 % de la population mondiale tout en restant « très inquiétante » en Afrique subsaharienne.

 

Quelque 702 millions de personnes, soit 9,6 % de la population mondiale, devraient vivre sous le seuil de pauvreté, que l’institution a porté de 1,25 à 1,90 dollar par jour pour tenir notamment compte de l’inflation.

 

Si la tendance est à une nette baisse en Asie – et spécialement en Inde – ou en Amérique du Sud, l’extrême pauvreté s’enracine en Afrique subsaharienne, où elle frappera encore cette année 35,2 % de la population, comptant pour près de la moitié des plus défavorisés du globe.

 

La situation est particulièrement préoccupante à Madagascar et en République démocratique du Congo, où près de 80 % de la population vivent sous le seuil de pauvreté. (sources Le Monde – octobre 2015) - voir aussi les tableaux ci-dessous.

L'action humanitaire internationale :

comment la valoriser ?

 

L’action humanitaire internationale peut d’abord se définir par ce que l’on appelle l’axiome humanitaire, c’est à dire l’obligation morale de sauver la vie des victimes d’un conflit armé ou d’une catastrophe naturelle ; cet axiome est présent dans tous les pays du monde et dans toutes les cultures ; il est possible de dire que c’est à partir de lui, que s’est constitué le droit international humanitaire.

Aujourd’hui le champ d’application s’est élargi et l’action humanitaire internationale concerne aussi des populations en grande précarité soit de façon brutale à cause d’un événement extérieur (comme des inondations, des tremblements de terre par exemple)  soit de façon chronique pour différentes raisons économiques, environnementales, sociales, politiques ou médicales.

Plusieurs termes sont à rapprocher : entre autres la solidarité internationale, la coopération internationale, le bénévolat solidaire international, l’aide médicale internationale.

Historiquement, l’organisme le plus emblématique de l’action humanitaire internationale est sûrement le comité Internationale de la Croix Rouge créée en 1863 en Suisse par  Gustave Moynier et Henri Dunant.

L’ action humanitaire internationale comprend des actions très différentes selon l’organisme qui la met en œuvre, les conditions locales ou la nature de l’intervention proposée.

Mais, si l’action humanitaire internationale d’urgence dans le cadre des conflits armés a un droit (bien souvent non respecté), l’aide en faveur des populations souffrant des conséquences du blocage du développement n’entre pas dans le cadre d'une convention internationale spécifiant les droits des personnes intervenantes pour des associations ou des Organisations Non Gouvernementales ou à titre personnel.

L’engagement citoyen dans le cadre de l’action humanitaire internationale est l’objet de plusieurs études. A titre d’exemple, citons celle réalisée en novembre 2015 sur l’engagement citoyen international des jeunes français ; cette étude a été réalisée par Bertrand Jarrige, Inspecteur général de la jeunesse et des sports, Jean-Claude Jacq Inspecteur des affaires étrangères et Isabelle Fradin-Thirode, Inspectrice des affaires étrangères. Le diagnostic a porté principalement sur les dispositifs de volontariat international d’échange et de solidarité (VIES) inscrits dans des cadres définis par l’État ou par l’Union européenne. Le volontariat international en administration et en entreprise (VIA et VIE) a été examiné à titre de comparaison et d’inspiration, de même que les formes de VIES organisées en dehors des cadres formalisés, tels que les chantiers de bénévoles ou les échanges au sein de grands mouvements internationaux de jeunesse.

Les auteurs concluent que malgré une croissance globale des effectifs de volontaires de solidarité, la situation apparaît insatisfaisante à plusieurs égards.

  • En effet, rapporté à la population concernée, le nombre de participants à ces dispositifs reste très modeste (0,3 % de l’effectif d’une génération) et les caractéristiques des volontaires sont 6 loin de représenter la diversité du public potentiel : les niveaux élevés de formation (bac+5) sont surreprésentés tandis que les niveaux intermédiaires en sont quasi absents.

  • Les dispositifs existants peinent à répondre à la demande sociale : la proportion de jeunes prêts à s’engager dans un volontariat international atteint 75 % chez les 18-24 ans et on enregistre 50 à 100 candidatures pour chaque offre de VSI, ce qui s’explique par une situation tendue de l’emploi en France qui amène à rechercher le volontariat comme une première expérience professionnelle.

  • Les dispositifs existants ne parviennent pas non plus à assurer une information satisfaisante à destination des publics peu diplômés.

Par ailleurs, de nombreux freins entravent la croissance et la diversification de ce type particulier d’engagement citoyen. Ils résultent d’abord de facteurs professionnels (priorité à la formation et à un emploi en France), financiers (le montant des indemnités exige parfois une participation personnelle), psychologiques et familiaux (partir à l’étranger peut être perçu comme un saut dans l’inconnu) ou culturels (idées préconçues sur certaines régions du monde, faiblesse linguistique).

Aujourd’hui il est possible de dire que l’engagement humanitaire à l’international :

  • procède d’un choix personnel,

  • concerne une minorité d’individus,

  • n’est  concerné par un cadre juridique que pour l’intervention humanitaire rentrant dans le cadre des conflits armés.

 

Plusieurs motivations se cumulent ; on pourrait citer entre autres motivations :

  • la conviction que l’engagement et l’action peuvent améliorer la situation des populations défavorisées ou souffrant du sous-développement,

  • l’altruisme vers des populations différentes,

  • le désir de faire une première expérience pré-professionnelle,

  • l’utilisation de ses compétences dans une relation non marchande,

  • le désir de mettre en œuvre des valeurs éthiques,

  • le désir de suivre les traces d’un modèle humain célèbre,

  • le hasard de rencontres qui vous mettent sur le chemin.

 

Dans la plupart des cas, une fois le désir constitué, la démarche du volontaire bénévole s’oriente vers les associations humanitaires que l’on a coutume d’appeler les ONG ou Organisations Non Gouvernementales.

Il existe cependant des situations où l’engagement se fait directement auprès des populations sans passer par les ONG. C’est plus particulièrement le cas pour des adultes ayant eu l’occasion de faire un voyage touristique dans un pays du Sud et d’avoir à cette occasion nouée une relation amicale avec une famille ; et puis, malgré le retour de la fin des vacances, la relation a perduré et une relation d’entraide s’est constituée.

La pauvreté et ses conséquences sur les conditions de vie des populations peuvent se mesurer par deux indices économiques complémentaires :

  • le Produit Intérieur Brut par habitant

  • et l’Indicateur de Développement Humain

 

Le Produit Intérieur Brut par habitant est défini comme étant la somme des valeurs ajoutées réalisées à l'intérieur d'un pays par l'ensemble des branches d'activité (auxquelles on ajoute la TVA et les droits de douane), pour une période donnée, indépendamment de la nationalité des entreprises qui s'y trouvent et rapportée au nombre d’habitants du pays considéré. Chacun sait que le PIB ne prend pas en compte le travail non rémunéré, celui que l'on fait pour soi-même (le travail domestique par exemple), le bénévolat, ce que l'on produit pour soi-même (son verger, son potager,...) encore appelée l'autoconsommation, la production encaissée en liquide et non déclarée, le travail informel et les activités illégales...

L’Indicateur de Développement Humain (entre 0 et 1) corrige l’absence de données qualitatives du PIB car il intègre :

  • l'espérance de vie à la naissance (qui donne une idée de l'état sanitaire de la population du pays),

  • le niveau d'instruction mesuré par la durée moyenne de scolarisation et le taux d'alphabétisation,

  • le P.I.B. réel (c'est-à-dire corrigé de l'inflation) par habitant, calculé en parité de pouvoir d'achat (PPA - c'est-à-dire en montant assurant le même pouvoir d'achat dans tous les pays).

 

La comparaison entre la liste des pays au PIB par habitant et celle des pays à l’IDH  les plus faibles (voir ci-dessous) montre qu’il s’agit, pour la plupart, des mêmes pays dont une majorité de pays africains.

Pour être objectif, il faudrait pouvoir apporter un correctif en :

  • intégrant l’aide au développement reçue par les pays concernés et aussi, l’aide adressée par les différentes diasporas ; vous savez bien combien ces transferts d’argent aux familles sont importants ; la banque mondiale estime qu’ils représentent près de trois fois l’aide publique au développement.

  • Un autre correctif mériterait également d’être apporté ; il s’agirait de différencier les études entre zones urbaines et zones rurales ;

  • Enfin les indices ne prennent pas en compte les disparités existantes selon les catégories de population et vous savez bien combien ces disparités sont grandes.

L'analyse des trois tableaux montre combien les pays d'Afrique sont concernés par la pauvreté. 

 

Les ONG en trois constats

 

L’acronyme d’ONG, Organisation Non Gouvernementale, n’est pas reconnu par tous les pays ; en France, en particulier, il n’a aucune existence légale ; en Afrique, il est attribué dans certains pays à des associations humanitaires qui remplissent certains critères. Si ceux-ci sont réunis, un agrément est  délivré  ; il permet à l'association d'avoir un statut d'ONG pouvant intervenir sur l'étendue du territoire national, mais aussi d'obtenir un régime particulier (exonération de tous droits et taxes sur les matériaux, matériels et équipements, l'admission temporaire des véhicules à usage utilitaire acquis ou achetés localement ou importés pour la réalisation des programmes de l'ONG  etc...).

 

L’ONU a également des critères bien définis pour qu’une association soit reconnue ONG :

 

  • soutenir et respecter les principes de la Charte des Nations Unies;

  • être reconnue au niveau national ou international;

  • être à but non lucratif et  exemptée d’impôt;

  • avoir l’objectif et les moyens de conduire des programmes d’information efficaces sur les activités des Nations Unies, destinés à ses membres et au grand public ;

  • avoir une expérience préalable de collaboration fructueuse avec un ou plusieurs Centres d’information des Nations Unies ou d’autres organismes du système des Nations Unies;

  • fournir un état financier annuel audité, établi en dollars américains par un comptable qualifié et indépendant;

  • avoir des statuts/règlements qui assurent un processus transparent de prise de décision, d’élection des responsables et des membres du conseil d’administration.

 

Les ONG et la recherche éperdue de financements

Toute ONG  a besoin, pour fonctionner, de trouver des financements ; cette recherche de financements est devenue au fil du temps une technique technocratique nécessitant une formation universitaire ; on peut parfois se demander si la technocratie induite par les exigences des bailleurs n’a pas eu pour conséquences d’annihiler les réelles motivations humanistes de l’esprit de solidarité internationale.

 

 

Les ONG et la dérive interventionniste du Nord

La bureaucratie et la volonté d’offrir des expertises  aboutit à un interventionnisme du Nord qui a tendance à s’imposer face au savoir-faire du Sud et à sa connaissance des réalités ; ce fut un de mes combats d’inciter les jeunes universitaires du Sud à s’investir dans la connaissance de la technocratie des montages de projets pour reconquérir une place que l’on contestait ;

 

 

Les ONG, auxilliaires patentés des états occidentaux

 

Face à la difficulté d’obtenir des financements, les ONG se sont très vite orientés vers l’auxiliariat des états et des institutions internationales désireux de ne pas apparaître au premier plan dans des opérations « délicates » comme la gestion des camps de réfugiés ou de rassemblements de déplacés aux abords des zones de guerre ; aujourd’hui, il est possible de dire que sans les grands états du Nord et les institutions internationales, les grandes ONG n’existeraient plus !

 

Saluons pour mémoire le travail effectué sur le chapitre des effets pervers de l’action des ONG, par Dambisa Moyo, auteure de «L'aide fatale ».

Si l’on admet que les conditions de vie précaires et la pauvreté sont d’abord les conséquences d’un désordre économique, la question se pose du diagnostic de ce désordre économique : de quel désordre s’agit-il ? de quelle nature est-il ? 

 

La pensée unique a très vite affiché son diagnostic : il s’agit du sous-développement ! 

 

J’ai la conviction que le sous-développement n’existe pas  et que ce faux diagnostic entraine et a entrainé de multiples erreurs qui n’ont en rien solutionné le problème.

Le sous-développement n’existe pas car il n’y a pas d’exemple de sociétés humaines qui ne se développe pas spontanément ; par contre les blocages et les entraves au développement existent et c’est à eux qu’il faut s’atteler si on veut solutionner la problématique.

Ne pourrait-on pas affirmer que le développement économique d’une communauté est possible si au moins cinq conditions sont réunies :

  • La confiance de ses membres dans l’avenir de la communauté et dans ses dirigeants,

  • La liberté de circulation des personnes et des biens,

  • La capacité de la communauté à déléguer à une partie de ses membres la capacité d’administrer les tâches rentrant dans le domaine du service public, y compris les prérogatives régaliennes : c’est la capacité de créer un Etat et une administration ;

  • L’absence de conflits armés impliquant directement la communauté elle-même,

  • La liberté de création et d’innovation.

 

Selon l’importance objective de ces cinq critères, on parlera de blocages ou d’entraves au développement.

 

  • La différence sémantique entre sous-développement et blocages au développement n’est pas anodine ;  le sous-développement entraine une déresponsabilisation car il induit le manque de quelque chose lié à une situation de fait ; les blocages au développement, outre le fait que cela correspond plus à la réalité, induisent une responsabilisation de la communauté et la capacité de retrouver une capacité d’agir.

 

  • Si on reprend les cinq conditions du développement économique on peut remarquer :

    • Que dans les pays dits pauvres et très endettés, il existe dans la population générale une extraordinaire désespérance dans l’avenir de ses pays et une perte de confiance sur la capacité des dirigeants à pouvoir résoudre les problèmes auxquels sont confrontés ces états ;

    • Cette désespérance touche également les investisseurs nationaux potentiels qui pourraient réinvestir dans leurs propres pays le fruit de leur épargne ;

    • Le manque de confiance envers les dirigeants concerne également leurs capacités à lutter contre la corruption endémique qui sévit à tous les échelons de l’administration et dans les relations d’affaires ;

    • Les problèmes de communication des personnes et des biens, à l’exception des liaisons téléphoniques gérées par les entreprises du secteur privé, sont à la fois structurels et fonctionnels ; le secteur bancaire est l’exemple typique d’un élément essentiel de l’économie qui participe au blocage du développement local ;

    • La présence de nombreux conflits armés internes entretient l’instabilité, la fragilité de l’état et la corruption.

    • La méfiance des dirigeants envers les intellectuels et les artistes entraine la création de nombreux freins à la liberté de création et d’innovation qui est pourtant reconnue comme un grand atout de la société africaine.  

    • En plus des facteurs internes qui bloquent ou limitent fortement le développement économique, ces pays se trouvent aussi confrontés à des facteurs externes qui peu ou prou agissent dans le même sens ; citons :

      1. Les contraintes de la mondialisation avec des importations de produits agricoles à bas prix qui concurrencent les productions locales au point d’aboutir à leur dépérissement ;

      2. La problématique du franc CFA

      3. La bureaucratie des bailleurs de fonds qui imposent des stratégies d’investissements parfois sans commune mesure avec les besoins réels ;

      4. Les effets pervers de la coopération décentralisée qui en induisant des relations directes avec les collectivités locales aboutissent à contourner les prérogatives de l’Etat et donc à l’affaiblir, sans parler de l’augmentation des possibilités de corruption des aides par le personnel politique local ;

      5. L’impact des ONG dont le mode de fonctionnement recèle de très nombreux effets pervers dont le principal me semble être la réelle difficulté pour le milieu associatif local de bénéficier des financements qui leur permettrait de réaliser leurs projets ;

      6. L’obligation pour les étudiants de devoir poursuivre leurs études à l’étranger avec la tentation de s’investir dans le pays d’accueil pour voir reconnues les compétences acquises.

 

Dans des sociétés minées par des blocages au développement, le recours au partenariat semble être l’ultime possibilité de réaliser des investissements publics en particulier dans les domaines de l’éducation et de la santé. Le partenariat concerne aussi bien les collectivités locales que le milieu associatif dont les ONG.

Si l’on admet que la problématique de la pauvreté dans les pays en blocage du développement peut se comprendre en privilégiant une lecture interne des sociétés concernées, ne pourrait-on pas observer :

  • D’une part, qu’autant le potentiel créateur des populations africaines apparaît extraordinaire, autant ces mêmes populations africaines semblent avoir une dévalorisation extraordinaire de leurs propres potentialités ;

 

  • D’autre part, que les leçons de l’histoire des sociétés humaines, et en particulier la principale, à savoir la nécessité de construire l’Etat pour assurer la pérennité de la Nation, ne semble pas avoir été retenue par organisations politiques qui continuent à privilégier des intérêts ethniques. 

 

  • Enfin, qu’il faut être conscient que l’évolution des pays et des sociétés se fait sur un temps long même si les nouvelles générations bénéficiaires des sacrifices des générations précédentes ont souvent tendance à oublier ce qu’elles doivent à leurs ainés !

 

 

Impulser une nouvelle façon d'aider :

  • Prendre en compte le préalable de la nécessaire prise de conscience des populations sur la possibilité de trouver des solutions locales ;  les intellectuels, les membres de la diaspora, les cadres, les enseignants devraient être les premiers convaincus, quelles que soient leurs orientations politiques, car c’est à eux de diffuser cette espérance et de s’élever contre  le fatalisme, la désespérance dans ses propres capacités, le repli sur des intérêts individuels et au final l’abandon de toute initiative ; ces facteurs de blocage du développement sont devenus des données culturelles et il faut leur apporter des réponses argumentées !

  • Fortifier l’Etat et le mettre à l’abri des alternances politiciennes : l’Etat et son administration sont les premiers acteurs du développement et à ce titre ils doivent être l’objet de l’attention de tous ceux qui s’investissent en faveur du développement : un état compétent nécessite une administration compétente, honnête, ayant le sens de l’intérêt général et de l’intérêt du pays. L’état administrateur nécessite d’être à l’abri des intérêts politiciens car il a besoin de la durée pour gagner en efficience !

 

  • Responsabiliser les élus sur la nécessité de privilégier la cohésion nationale et l’intégrité : La corruption est un non-sens économique, un crime contre les intérêts des populations et une faute morale majeure : un élu politique corrompu devrait être mis à l’index de la société ! C’est bien sûr vrai dans tous les pays, mais pour un pays qui se trouve en blocage de développement, c’est encore pire !

 

  • Donner aux élites africaines la priorité pour développer l’innovation : il y a un potentiel énorme qui s’exprime le plus souvent dans les pays du Nord ;  il n’y a pas de développement sans une recherche active source des progrès futurs ; cela suppose une grande liberté laissée au travail intellectuel, or chacun sait que la capacité intellectuelle des élites africaines n’a pas à rougir face à celle des pays du Nord et pourtant dans leurs propres pays, elles ne peuvent pas vraiment travailler dans de bonnes conditions.

 

  • Se méfier de la soi-disant expertise des pays du Nord : sous prétexte d’aide au développement les experts du Nord ont fait des pays du Sud leur chasse gardée ; ce faisant, ils ont imposé leurs normes et leurs technologies pour au final rendre les pays dits pauvres dépendant d’un savoir-faire qui au fil du temps se révèle souvent inefficient.

 

 

Quel rôle pourrait avoir la franc-maçonnerie dans la lutte contre la pauvreté et pour le développement ?

La franc-maçonnerie pourrait agir dans deux cas de figures :

  • En premier lieu, l’action des loges et obédiences maçonniques des pays concernés par les blocages du développement

  • Et l’action des loges et obédiences maçonniques des pays du Nord  et des pays riches.

 

Chacun comprendra que l’investissement des loges et des obédiences maçonniques procède d’un penchant naturel que nous avons pour la solidarité et l’entraide ; dans de nombreux pays les initiatives charitables sont nombreuses et variées.

Par ailleurs, la volonté de se mettre dans une dimension universelle explique que nous ayons une propension à comprendre, découvrir et aussi aider les pays défavorisés à régler leur problématique du développement.

Malheureusement, jusque là les résultats ne sont pas très probants et si les initiatives sont nombreuses elles ne semblent avoir eu, dans le meilleur des cas, que des effets très parcellaires.

Plusieurs raisons peuvent expliquer l’inefficacité de la solidarité maçonnique aujourd'hui  :

  • La division des obédiences entraine une multitude de petites associations humanitaires qui recherchent des dons et qui ne peuvent procéder qu’à des financements réduits sur la fameuse et dilatoire règle du pourcentage : estimez-vous heureux si on vous donne 5,10 ou 20 % de vos besoins !   Vous n’avez qu’à rechercher des cofinancements !  etc. A ce titre, comment expliquer que la fondation du GODF ne devienne pas une fondation ouverte sur toutes les obédiences et plus encore ?  La régularité, la : langue, le genre, sont devenus des critères de sélection : et à chacun de se glorifier de telle ou telle action !

 

  • La dilution des actions dans le mécanisme du co-financement : de cette manière, les loges et les obédiences sont rentrés dans la catégorie des petits bailleurs de fonds qui complètent les participations plus conséquentes des gros bailleurs ; on ne pense plus, on calcule !

 

  • La difficulté à associer les connaissances du terrain, l’expertise locale et le professionnalisme : recueillir des fonds c’est bien mais associer une connaissance des réalités locales, une recherche de solutions, une réflexion sur les stratégies possibles et la mise en place d’un contrôle et d’une évaluation c’est quand même indispensable si on ne veut pas aller au devant de désillusions catastrophiques pour tous y compris les donateurs !

 

  • Le désintérêt apparent des obédiences des pays concernés pour les questions liées au blocage du développement ; ce désintérêt mériterait d’être exploré car il a sûrement une raison !

 

 

Et pourtant, quel merveilleux champ d’investigation nous pourrions investir pour mettre en œuvre les bons principes qui sont les nôtres !

 

  • Sortir des sentiers battus et du recours aveugle aux ONG et autres associations humanitaires peu crédibles,

  • Faire confiance aux femmes et aux hommes de terrain,

  • Briser les tabous des divisions ethniques, culturelles et religieuses,

  • Montrer aux jeunes que les loges et obédiences maçonniques ne sont pas des réseaux de petits affairistes,

  • Ne pas alimenter la corruption !

 
 
 

La Fondation du GODF et les actions de solidarité  humanitaire des obédiences  :  gadget ou inconsistance ?

Pour comprendre comment fonctionne ces structures, l'actualité nous permet d'évoquer une réalité récente ; une association intitulée "Association pour la protection de l'environnement et la promotion des Arts et de la Culture"(APEPAC) a eu le projet d'organiser un spectacle début mai à Coucy le Chateau (Aisne) avec comme invité principal, un danseur chorégraphe syrien, Ahmad Joudeh. Le spectacle rentrait dans le cadre d'une sensibilisation à la situation au proche-orient.

L'APEPAC déposa deux demandes de subvention au GODF : l'une à la fondation et l'autre au conseil de l'ordre ! 

Résultats : la fondation a accordé 10 000 Euros et le conseil de l'ordre  2 000 Euros dans le cadre de la commission Culture et Animation !

Quel enseignement ?

 

Tout cela ne semble pas très sérieux ! Au mieux il y a une confusion entre culture et humanitaire  ; au pire, est-ce une faveur accordée à on-ne-sait-qui ?

Si on ajoute à cela que la fondation pratique des versements multiples de petites sommes pour faire plaisir à tout le monde, on en vient à la conclusion que de gentils retraités ne sont pas forcément des bons gestionnaires et que l'humanitaire est un domaine de compétence à ne pas confondre avec la gentillesse !

Tous ceux qui s'intéressent à la problématique de la solidarité se rendent compte que la politique des co-financements est une des causes d'une relative inefficacité de l'aide ! 

Par ailleurs, on peut s'étonner que chaque obédience ait ce même mode de fonctionnement et que nous sommes incapables de mettre en oeuvre une réelle coordination  ! 

Ne serait-on pas en droit d'imaginer une mise en commun des ressources potentielles pour financer sur plusieurs années un beau projet qui tienne la route, ce qui permettrait de montrer au public une réelle vitrine de l'action de solidarité maçonnique ?

 L'Idéal Maçonnique,

Objectif Sagesse !