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Les obstacles à l'initiation

On ne peut comprendre l’intérêt d’une démarche initiatique humaniste et réfléchie si on ne se remémore  pas les enjeux archétypiques  qui nous accompagnent et que l’on pourrait regrouper  dans trois catégories :

·         Le besoin de protection

·         La relation avec l’avoir

·         L’inquiétude de la pérennité.

 

On peut d’ailleurs aborder le processus initiatique comme la volonté de trouver des réponses à ces enjeux archétypiques.

Intuitivement chaque individu fait l’expérience de réponses dans l’immédiateté des vécus : très souvent, la force, la richesse et le pouvoir apparaissent comme des solutions ; ces trois mythes constituent les éternelles voies empruntées par les générations aussi bien au niveau  tribal que dans une dimension nationale ou internationale.

A la réflexion, force et richesse et pouvoir se révèlent comme des impasses ; en vérité ce ne sont que l’apparence d’un mode de fonctionnement sado-masochiste qui cherche une assurance soit dans la possession soit dans la soumission  !

De tous temps, d’autres êtres humains ont recherché des manières de vivre plus empathiques et surtout plus altruistes !  

Mais de nombreux obstacles existent ; certains peuvent se retrouver dans la volonté des idéologies d’imposer leurs prérogatives mais plus fondamentalement ne seraient-ils pas liés à la modalité binaire de notre comportement d’être humain ?

·         D’un côté, la confiance, l’empathie, l’altruisme,

·         De l’autre, la violence, la perversité, la soumission, le sado-masochisme.

 

Ces deux versants peuvent se retrouver, à différents degrés, chez chacun d’entre nous  et nos comportements, individuels ou collectifs, sont aussi le reflet de ces influences.

 

Présenter l’initiation maçonnique comme une « révélation » que procurerait la pratique d’un rite est une lecture réductrice et somme toute primaire qui gomme toutes les difficultés rencontrées ; car chacun sait bien que d’authentiques francs-maçons ayant pu avoir une certaine notoriété dans les grades de leurs rites sont connus par leurs proches comme de réels « pervers » !

 

Si on admet que l’initiation maçonnique, humaniste et réfléchie a la prétention d’apporter des réponses pérennes et porteuses d’élévation, de paix et d’harmonie,  cela  ne peut se concevoir sans l’instauration d’une relation de confiance fondée sur le respect mutuel. Ce n’est que dans un climat de quiétude que l’être humain peut espérer évoluer vers un dépassement, facteur d’un progrès personnel et sociétal.

 

On comprend   que les bienfaits  que peuvent procurer cette nouvelle approche de l’initiation ne peuvent s’acquérir que dans le cadre d’une démarche d’apprentissage et de recherche ; cela suppose du temps, du travail personnel et de la disponibilité.

 

Si on accepte cette démarche, on pourra  réellement aboutir à une re-naissance d’un être apte à découvrir ses potentialités, libéré de cette fascination à enfreindre les interdits par un comportement pervers !

Quoi qu'il en soit, il arrive que la démarche d'initiation se révèle être perturbée en particulier du fait des nombreux obstacles qui n'auront pas été surmontés.

Parmi tous les obstacles, on peut distinguer :

- Le conflit entre connaissance et imaginaire : le propre de l'être humain dans le monde animal, c'est notre capacité à nous projeter grâce à notre capacité d'imagination. Cette projection nous permet de nous créer des imaginaires en utilisant la pensée symbolique. Très souvent, ces imaginaires peuvent se trouver confrontés avec la connaissance a sens large : connaissances scientifiques, connaissances des réalités, connaissances des expériences individuelles. Cette confrontation peut déboucher sur un déni de la connaissance en privilégiant l'imaginaire. L'exemple le plus caractéristique n'est-il pas l'expérience mystique ?

- l'absence de disponibilité : la démarche maçonnique exige du temps et une grande disponibilité aussi bien physique qu'intellectuelle  ; il faut du temps pour participer aux réunions mais surtout pour lire, réfléchir et écrire  ; cette absence de disponibilité est généralement transitoire mais elle peut susciter un certain désintérêt et donc l'abandon de la démarche !  Il s'agit aussi d'une disponibilité financière : fréquenter une loge régulièrement suppose un budget qui n'est pas forcément à la disposition de tout un chacun !

- le blocage conceptuel : il concerne avant tout le contenu du rituel utilisé par la loge où se trouve la personne concernée ; le langage utilisé, avec des mots qui datent du XVIIème siècle, nécessite une indispensable interprétation ; pour des raisons personnelles, cette reformulation que chacun-e doit faire se heurte à un blocage qui empêche la réappropriation. Le résultat le plus fréquent aboutit à une sorte de schizophrénie : une pratique gestuelle et un langage pour les tenues où on fait "comme si" et un autre comportement en dehors des tenues parce que "c'est la vie !".

- le risque du comportement sado-maso :  On a parfois tendance à utiliser le terme « sado-maso » pour désigner un comportement sexuel ; mais en psychologie, son sens est beaucoup plus large car il désigne plus généralement le couple « bourreau-victime ».

Erick Dietrich, Medecin, Sexologue, explique bien l’utilisation des termes :. « Dans la société pour parler de ces choses-là, on pratique couramment la langue de bois. Beaucoup de professionnels préfèrent ainsi désigner ce genre de rapports avec bourreau/victime ou harceleur/victime plutôt que de continuer à le qualifier de sado/maso. Et pour cause, bourreau/victime est quand même bien moins dérangeant. Dans ce dernier cas, cela renvoie moins les deux acteurs à la perversion et la victime n’est pas considérée comme perverse. Avec bourreau/victime c’est assez facile, le bourreau c’est « le méchant » de l’histoire et la victime « la gentille ». Comme nous avons vu que cette distinction est plutôt hypocrite, nous utiliserons aussi bien le terme de sadique, harceleur ou agresseur pour parler de bourreau et maso ou soumise pour qualifier la victime. »

Le comportement sado-maso favorise une lecture « domination-soumission » des rituels maçonniques ce qui est source de nombreux conflits et de nombreuses démissions ! Le Dr Stephen Karpman, Grande figure de l'Analyse Transactionnelle et de la psychologie contemporaine, a théorisé la manipulation sous-jacente en rajoutant un troisième élément, le sauveteur !

 L'Idéal Maçonnique,

Objectif Sagesse !