Les obédiences maçonniques

Définition du mot "Obédience"

(source CNRTL)

A.

−1. RELIGION

a) Obéissance d'un religieux à son supérieur ou à une règle monastique ; p.méton., règle, ordre religieux. Quelquefois, le vœu de chasteté était joint à celui de l'obéissance (...). Ceux qui s'en déliaient étaient envisagés tels que des renégats et pouvaient être contraints par les lois ecclésiastiques de rentrer sous l'obédience de leurs supérieurs (Huysmans,Oblat, t. 1, 1903, p.202).

 

b) Vx. Autorisation écrite, donnée par son supérieur à un religieux, de se déplacer ou de changer de couvent. 

♦ Lettre d'obédience. Lettre écrite par un supérieur et garantissant −notamment sous la loi Falloux −auprès du gouvernement, la compétence de religieux ou religieuses appartenant aux ordres enseignants. 

c) Vx. Emploi particulier d'un religieux ou d'une religieuse dans son couvent. 

 

d) Maison religieuse dépendant d'une maison principale`` (Ac. 1935).

 

2.

a) HIST. DE L'ÉGLISE. Ensemble des pays qui, dans les périodes de schisme, reconnaissaient l'autorité de l'un ou l'autre des papes se disputant le pouvoir. 

− [P. anal.] L'Islam était alors divisé en deux obédiences religieuses, en deux «papautés» ennemies(Grousset,Croisades,1939, p.34).

− Ambassadeur d'obédience. ,, Ambassadeur que le roi envoyait vers le pape, pour l'assurer de son obéissance filiale.

− Pays d'obédience. ,,Pays dans lequel le pape nommait aux bénéfices qui venaient à vaquer dans certains mois de l'année. 

 

b) P. anal., FR. -MAÇONN. Groupement fédéral formé au moins par trois loges.

 

B. − P. anal. Fidélité à une doctrine ou à une puissance spirituelle, politique, etc. ; soumission à une autorité. 

 

Être d'obédience chrétienne ; parti d'obédience socialiste. Certains tâcheront d'entretenir au-dehors des équivoques ou des malentendus pour garder sous leur obédience le plus possible d'éléments armés (De Gaulle,Mém. guerre,1956, p.318).Dans les pays d'obédience communiste, le rationalisme technocratique (...) adopte vis-à-vis du jeu une attitude analogue, sinon de réprobation, du moins de réserve (Jeux et sports,1967, p.1162).V. irrationaliste II ex. de Vuillemin.− Loc. verb. Faire acte d'obédience. Faire acte d'obéissance, de soumission:

L'obédience est le nom utilisé pour  désigner une association composée de loges maçonniques ;  chaque obédience prend un nom spécifique qui autrefois avait un sens : par exemple, un Orient a une connotation géographique  ; normalement il ne devrait y avoir qu'un grand orient par nation ; une loge a une spécificité et donc une grande loge devrait correspondre à une même spécificité pour plusieurs loges ; mais aujourd'hui, tout cela s'efface derrière l'ambition et la concurrence !  La première obédience connue fut la Grande Loge d'Angleterre créée en juin 1717.

Il n'est pas anodin de rappeler que le terme d'obédience contient une notion d'obéissance (cf la définition) ; on voit bien qu'aujourd'hui cette notion est "périmée" !

 

La première obédience française fut la Grande Loge de France créée en 1738 et qui prendra le nom de Grand Orient de France en 1773.

 

L'essaimage obédientiel s'est principalement fait à partir de querelles secondaires à des conflits interpersonnels, des ambitions intéressées ou des pratiques différentes.

 

Aujourd'hui, le nombre des obédiences françaises s'élève à plus de quarante-cinq.

 

C'est difficile de comprendre et de justifier le nombre aberrant d'obédiences et la difficulté des relations entre les francs-maçon(ne)s du monde entier dans un monde aujourd'hui très réactif .

 

Tout se passe comme si le plaisir d'être "entre-soi' prévalait sur la mise en oeuvre d'une organisation fonctionnelle internationale qui permette aux loges de travailler et de mettre en oeuvre la formation indispensable à l'éducation maçonnique.

 

Alors que l'Europe apparaît comme un cadre qui dépasse les égoïsmes nationaux, les obédiences restent figées sur leur propre développement.

 

En acceptant d'initier les femmes, le Le Grand Orient de France  (GODF) s'est ouvert à une réalité sociologique nouvelle pleine de potentialités ; cette obédience qui est la plus importante pourrait très bien regrouper d'autres obédiences en leur garantissant la liberté d'exercer leurs rites et en acceptant un plus grand "oecuménisme".

Rassembler les obédiences pourrait être un bel objectif  mais dès la création de la grande Loge d'Angleterre, l'obédience maçonnique se positionne dans une relation avec le pouvoir d'Etat soit en appui soit en opposition. Il est possible de déduire de l'histoire que cette relation de proximité a très largement influencé la vie des obédiences au point d'entraîner des divisions et des ruptures.

La multiplication des obédiences,

symptôme d'une crise du fonctionnement 

des loges et des obédiences

Si l'on considère que le minimum que l'on puisse exiger d'une loge et d'une obédience maçonnique est de permettre l'exercice de la liberté de conscience, de mettre en application la tolérance et le respect mutuel et de garantir la possibilité d'être libre dans une loge libre, il est incompréhensible d'imaginer que la multiplication des obédiences ait une justification maçonnique.

Vouloir se retrouver dans une communauté de pensée, flatter l'ego de candidats à la grande maîtrise, obéir à des considérations de politique internationale et régler des comptes dans des conflits inter-personnels sont les raisons profanes les plus souvent rencontrées !

 

C'est proprement affligeant de voir l'inconscience et l'irresponsabilité de toutes celles et de tous ceux qui contribuent ainsi à nuire à la crédibilité de l'ordre maçonnique.

L’Ordre et les Obédiences

 

Texte emprunté au site Masonic.ch

 

La Franc-Maçonnerie n’est pas une société de pensée, ni davantage un club mondain, ni une fraternelle d’entraide, ni une association charitable. Elle est un Ordre initiatique, une manifestation parmi d’autres de la Tradition primordiale. A ce titre, elle est ancrée dans la pratique de rituels appropriés fondés sur la mise en action soigneusement orchestrée d’actes symboliques dans un espace-temps sacré.

 

Les rituels maçonniques, contrairement à la Tradition qu’ils véhiculent, s’enracinent cependant dans l’Histoire. Ils se réfèrent à l’Art Royal, qui est l’art de bâtir, et la symbolique de la construction y occupe tout naturellement une place prépondérante. A ces références s’ajoutent les emprunts à d’autres manifestations de la Tradition, de nature hermétique, gnostique et alchimique. La Franc-Maçonnerie apparaît donc comme une mosaïque de composantes de natures diverses qui constituent des Rites dont chacun porte sa propre cohérence.

La transmission initiatique de la manifestation maçonnique de la Tradition repose sur la dramaturgie des rituels dont les « catéchismes » certes, rendent compte avec une relative précision, mais qui nécessite pour acquérir un statut d’efficience, la participation active des initiés dans un espace et un lieu sacrés et selon des règles et des usages parfaitement définis.

L’Ordre maçonnique est une chose, l’Obédience en est une autre mais l’Ordre ne peut perdurer que par le truchement des Obédiences dans leur rôle de regroupements de Loges.

 

Chaque  Obédience présente une coloration spécifique par sa structure administrative, les Rites qu’elle fédère, la mixité ou la non mixité des membres, la place qu’elle entend accorder à l’absolue liberté de conscience et le principe de reconnaissance. Elle est une puissance régulatrice, apte à délivrer des patentes et à constituer un cadre administratif mais elle ne peut en aucun cas prétendre s’identifier à l’Ordre maçonnique dont elle ne constitue en définitive qu’une simple courroie de transmission.  Par définition, et l’Histoire de la Franc-Maçonnerie en témoigne largement, les Obédiences sont divisibles à l’infini. Par définition pareillement, et la perpétuité de la transmission initiatique de la Franc-Maçonnerie en témoigne tout aussi largement, l’Ordre est indivisible, qui qu’en grogne.

 

Les Obédiences en question

 

Peut-on aujourd'hui en toute sérénité remettre en cause le rôle des obédiences ?

Cela nous paraît indispensable si on ne veut pas voir la question maçonnique cantonnée dans une sempiternelle justification de leurs existences !

Bien sûr, elles jouent un rôle organisationnel non négligeable. En dehors de la Fédération des Loges Libres et Souveraines , la grande majorité des loges fonctionne grâce au soutien logistique obédientiel ; autre aspect positif, les accords interobédientiels facilitent les visites inter loges. Tout cela explique aussi que les obédiences sont devenues essentiellement des centres de gestion où l'on veille à ce que les bilans financiers soient positifs !

Mais aujourd'hui force est de constater qu'elles n'arrivent pas à constituer une autorité morale capable de porter les valeurs maçonniques en dehors du champ des conflits d'intérêts !

Tout se passe comme si le pouvoir obédientiel devenait confidentiel et réservé à une minorité de membres d'un sérail de "bien-pensants"  qui  fonctionnent selon des apparences sans y mettre "leurs âmes" !

 

Il n'est naturellement pas question de souhaiter leur disparition mais la pensée maçonnique peut s'ouvrir à d'autres expériences  sans qu'une référence obédientielle soit nécessaire.

Même si la grande majorité des loges est plutôt frileuse, on en voit certaines qui acceptent d'assumer plus de prérogatives.

Le web offre aussi une liberté d'expression qui est favorable à la présentation  de points de vue différents.

L'édition maçonnique sort progressivement de son domaine habituel, l'histoire et la symbolique, pour explorer d'autres  territoires. 

La loge reste le lieu d'excellence pour une pratique maçonnique stimulante mais malheureusement  toutes les loges ne sont pas en phase avec ce pourquoi elles existent ; des archaïsmes, des attitudes sclérosées et des déviances jettent parfois un discrédit qui aboutit à une fin précoce de parcours !

Il n'y a pas encore d'alternative à la loge maçonnique mais il est possible qu'elle aussi voit d'autres modes de fonctionnement apparaître.

 

 L'Idéal Maçonnique,

Objectif Sagesse !