Modernité et Franc-Maçonnerie

La Modernité fait partie du capital génétique de la Franc-Maçonnerie

AVERTISSEMENT: La modernité est devenu un sujet polémique ; nous l'employons au sens de "contemporanéité" !

 

Imaginez, qu'aujourd'hui, un mouvement philosophique se créé avec un prix Nobel de mathématiques et plusieurs chercheurs de haut niveau :  et bien c'est exactement ce qui s'est passé avec la création de la Grande Loge d'Angleterre sous l'impulsion d'une brochette de scientifiques de haut niveau de la Royal Society avec à leur tête Isaac Newton !

Malheureusement, cette connotation scientifique présente lors de l'émergence de la Franc-Maçonnerie n'a pas été confortée comme elle aurait pu l'être.

Malgré tout, cette imprégnation "génétique" est bien présente et l'intérêt des francs-maçon(ne)s pour l'avenir de notre humanité  est une réalité.

La Modernité est aussi présente par la volonté des loges de prendre en compte les évolutions sociétales ; tout cela se fait lentement mais l'avenir est prometteur.

Trois sujets rentrent dans ce chapitre :

  • une évolution sociétale avec l'admission des femmes 

  • une révolution scientifique qui va sûrement interférer avec la démarche maçonnique : la découverte de la plasticité neuronale ;

  • des inventions liées à l'intelligence artificielle qui annoncent l'ère du transhumanisme, auquel suivra le post-humanisme .

La présence féminine et la mixité

 

L’observation des événements qui ont marqué l’histoire des loges maçonniques depuis leur création à la fin du XVIIème siècle jusqu’à nos jours montre que la pratique maçonnique est en constante évolution ; cette évolution n’est pas régulière, ni totale ; certaines loges évoluent, d’autres refusent.

 

La première évolution a concerné les rites ; relativement simples lors de la création des premières loges,  les rites se sont complexifiés, des rites se sont créés, certains se sont organisés pour essayer de peser sur le fonctionnement des obédiences.

 

Il y a eu aussi l’évolution sociologique avec un recrutement important au XVIIIème siècle dans le milieu de la Noblesse suivi d’une relative démocratisation qui a aboutit à une certaine sociologie des obédiences recrutant le plus souvent dans les classes sociales moyennes et supérieures.

 

En Europe, le choc de l’abandon de la référence au Grand Architecte de l’Univers par le fameux convent de 1877 du GODF a signé une autre évolution permettant aux non-croyants d’avoir leurs places reconnues au sein des loges.

 

Cette « révolution » en a enfanté une autre dont on parle moins mais qui est bien réelle : c’est celle de la liberté d’interprétation des symboles ; cette liberté permet parfois d’avoir l’impression qu’on dit tout et son contraire concernant des objets symboliques qui devraient avoir la fonction d’apporter une cohérence collective. Mais au moins, chacun peut y trouver son compte.

 

Mais la plus belle des évolutions du paysage maçonnique reste à mon avis l’appropriation féminine de la dynamique féminine.

 

Comme on peut l’imaginer, cela ne s’est pas fait facilement et aujourd’hui encore, on sent bien que des résistances persistent.

 

Il aura fallu des femmes d’exception  comme Maria Deraismes (1828-1894), qui fondera en 1893 le Droit Humain, ou Anne-Marie Gentily (1882-1972), qui sera à l’origine de l’Union maçonnique féminine de France créée après la 2ème guerre mondiale.

 

Et, cerise sur le gâteau,  la liberté laissée aux loges du GODF d’initier ou d’affilier des femmes par décision des convents de 2009 et 2015.

 

Le ronronnement de certaines loges ne permet pas toujours de percevoir ce qui évolue dans l’atmosphère maçonnique et les historien(ne)s pourront sûrement dans le prochain siècle mieux expliciter le processus mais je suis persuadé que cette appropriation féminine de la pratique maçonnique marquera et générera une autre manière de voir la franc-maçonnerie comme institution sociale.

 

Je ne suis pas persuadé que le débat actuel sur mixité ou spécificité avec leurs corollaires loges mixtes ou loges sexistes  (féminines ou masculines) soit très important : la mixité a toutes les chances de s’imposer comme la norme tout en laissant des loges sexistes fonctionner ; celles-ci se justifient aujourd’hui encore par des peurs et des préventions qui ont pu avoir une justification dans le contexte d’une société machiste ; mais dans quelques dizaines d’années, ce ne sera plus qu’un ancien souvenir. 

 

Car la réalité qui s’annonce est celle d’une réelle autorité féminine sur les processus de décision y compris dans le fonctionnement des loges.

 

Sans s’étendre sur des supputations de ce que sera l’avenir des générations futures, je voudrais ici célébrer toutes ces sœurs qui font vivre leurs ateliers  et qui font rayonner par leurs qualités, l’idéal maçonnique.

 

Bien sûr, rien n’est facile, tout est fragile, et les inévitables complexités du vécu collectif savent montrer qu’il suffit parfois de peu de chose pour voir déraper une tenue et laisser ce sentiment d’inachevé qui fait mal !

 

Je regrette aussi l’abandon du genre féminin au Droit Humain et dans certaines loges ; au-delà de la « laideur » de certains mots masculins quand ils sont attribués à des femmes, je trouve le procédé assimilable à une concession de procédure à un machisme sous-jacent. C’est dommage !

 

Quoiqu’il en soit, les femmes en loge  et d’une manière générale les loges féminines, commencent à savoir s’approprier les rituels et surtout la gestion du groupe maçonnique, savent aussi être authentiques et vraies, savent enfin accoupler la nécessaire autorité et la subtilité du tact et de la mesure.

 

A tel point qu’il n’est pas rare de voir des maçons appartenant à des loges « régulières » venir s’imprégner de temps en temps de cette atmosphère vivifiante et régénératrice avant de retourner dans des ateliers conformistes fonctionnant plus sur des habitudes que par un élan de foi et d’espérance 
 

 

 

Des sujets en rapport avec la problématique de la modernité :

( développements à venir)

- La modernité et le progrès humain ?

- Les rites maçonniques sont-ils compatibles avec la modernité ?

- La modernité va-t-elle s'accompagner d'autres manières de travailler maçonniquement ?

- Comment intégrer le numérique dans le fonctionnement de la loge ?

- Le refus ou le déni de la modernité !

 

La plasticité neuronale et les bases biochimiques de la pensée

Franc-Maçonnerie

"La neuroplasticité - ou plasticité neuronale - peut se définir comme l’ensemble des manifestations traduisant la capacité des neurones à se modifier et se remodeler tout au long de la vie. Tous ces mécanismes contribuent à une adaptation des neurones à un environnement moléculaire, cellulaire et fonctionnel extrêmement changeant et par voie de conséquence à des modifications fonctionnelles." sources :  http://www.neuroplasticite.com/

Ce sont de longs travaux de recherche qui se sont déroulés dans la deuxième moitié du XXème siècle qui ont mis en évidence cette propriété du neurone.

La conséquence immédiate de cette découverte , c'est d'abord de savoir que nous avons tous une grande marge de manœuvre pour augmenter nos capacités cognitives. Cette généralité se décline bien entendu dans le domaine médical mais aussi dans toutes les activités humaines.

Parallèlement d'autres découvertes ont été réalisées concernant le rôle des médiateurs dans le fonctionnement de la pensée et l'influence de certaines pratiques traditionnelles sur le fonctionnement cérébral  : il s'agit dans ce dernier cas des travaux réalisés aux Etats Unis et en France sur la méditation.

Ces découvertes récentes auront une influence sur la manière d'aborder la pensée symbolique et nous y reviendrons.

Comprendre le transhumanisme

 

Vous êtes diabétique insulino-dépendant : on vous a installé une mini-pompe à insuline qui est capable en temps réel d’analyser vos besoins et d’adapter la délivrance de la dose qui vous est indispensable !

Votre enfant est à 6000 km de chez vous pour un voyage scolaire et vous êtes capable de « converser » avec lui sans téléphone ni autre skype sans avoir besoin de parler ; tout cela parce que vous avez l’un et l’autre dans un lobe cérébral un intégrateur de pensées capable de décoder et de transmettre via un réseau de communications.

Vous êtes en tenue dans une loge italienne et vous êtes capable de comprendre et de prendre la parole pour vous exprimer dans un italien courant ; tout cela parce qu’une puce a été insérée dans votre cerveau vous permettant de parler toutes les langues du monde !

Vous êtes en retard à une tenue et vous deviez transmettre les excuses d’une sœur qui vous avait demandé de le faire : par la simple pensée vous envoyer un sms au frère secrétaire qui le réceptionnera sur sa montre connectée et qui pourra excuser la sœur comme prévu !

Voilà quelques exemples simples et concrets de ce que le transhumanisme est capable de concevoir pour transformer l’être humain !

Comme l’entropie désigne le mécanisme d’interactions  des éléments d’un ensemble, Max More a défini (Max More – 1998 - "The Extropian Principles ») l’extropie pour conceptualiser l’intervention d’un mécanisme extérieur à l’organisme capable de l’aider à se réguler et à potentialiser ses compétences. De l’extropie au transhumanisme , il n’y a qu’une extension du concept de base.

Globalement, le transhumanisme est une idée simple fondée sur les connaissances scientifiques les plus récentes (des nanotechnologies à la biologie du cerveau) qui permettent d’imaginer les processus les plus fous pour rendre l’être vivant immortel ou presque !

Est-ce un bien , est-ce un mal ? Eternelles questions que les êtres humains se posent devant la modernité ! Trop tard, c’est parti et faudra faire avec !

Transhumanism is a class of philosophies of life that seek the continuation and acceleration of the evolution of intelligent life beyond its currently human form and human limitations by means of science and technology, guided by life-promoting principles and values.

– Max More (1990) Plus d’infos sur http://whatistranshumanism.org/

Voir aussi une 2ème contribution sur le transhumanisme ci-dessous

Commentaire d'un visiteur :

Transhumanisme = à surveiller en permanence, vigilance !

 

Fusion homme-machine !

 

Homme transformé et augmenté, robots, prothèses,  cell souches, science-fiction? > 1985 le symbole "h+" représentant le transhumanisme,

philosophie, courant proposant par améliorations physiques et intellectuelles, ou médicales et psy, , l’informatique et les sciences cognitives aider l’Homme en repoussant les limites de l’Homme par la neuro science et la nano technologie... avec pour but de lutter contre souffrances, vieillesse, handicap, mort etc.

Sujet de réflexion pour FM concernée , un progrès pour l’Humanité ?? quels enjeux ?? un rêve, une utopie ? un Idéal, un Espoir ? quelle Ethique ?? donc inquiétude et restons vigilants car risques !

«La conception mécaniste des transhumanistes est une représentation du corps fondamentalement immorale. Si mon corps est interchangeable, il ne m’appartient plus et je ne suis plus responsable de lui. Ce serait une catastrophe sur le terrain de l’éthique», Jean-Marie Besnier professeur de philosophie à l’université Paris Sorbonne.

 
 

Un exemple de l'utilisation de l'intelligence artificielle dans la stratégie guerrière !

Quand tout peut basculer avec ...

le transhumanisme !

Préambule de la rédaction : Les peuples s'agitent, le recours à la violence devient un mode banalisé de relation sociale et pendant ce temps là, des petites génies s'activent ! Pour comprendre ce qui se prépare, nous vous proposons une planche qu'une soeur a présenté dans sa loge !

 

 

Depuis 2 ou 3 ans je voyais régulièrement des articles sur ce sujet dans les revues scientifiques.

 

En 2015 il y a eu une lettre ouverte mettant en garde contre le transhumanisme, signée par un millier de scientifiques   du monde entier  dont le physicien Stephen Hawking, Elon Musk  créateur de Paypal et Tesla spécialiste de l’IA qui a un projet de colonisation sur Mars, Bill Gates créateur de Microsoft , le généticien Axel Kahn  pour ne citer que les plus connus . C’est ce qui m’a incité à regarder de plus près ce qui au départ me paraissait une douce utopie. Et j’ai découvert un problème beaucoup plus complexe que ce que j’imaginais au départ.

 

De quoi s’agit ‘il ? C’est un courant de pensée international qui a un grand projet d’amélioration de l’espèce humaine sur tous les plans physique, intellectuel, émotionnel et moral grâce aux progrès des   nanotechnologies, des biotechnologies ,de l’intelligence artificielle, des sciences cognitives appelées les NBIC. Il considère aussi que certains aspects de la condition humaine tels le handicap, la maladie et le vieillissement  sont inutiles et indésirables.

 

Historiquement, le transhumanisme naît aux USA en 1957 avec Julian Huxley et la cyberculture américaine, c’est alors synonyme d’amélioration humaine et se réfère à l’humanisme du XVIIIème siècle. Aujourd’hui  Il y a de multiples courants transhumanistes mais deux dominent :

 

  • Les Extropiens

  • et les singularitariens

 

Les Extropiens, ont une doctrine crée en 1990 par le philosophe Max More qui en a donné les  axes de réflexion en 1998.  Le citoyen transhumain est un être autonome qui n’appartient à personne d’autre qu’à lui-même, qui décide seul des modifications qu’il souhaite apporter à son cerveau, à son ADN ou à son corps, au fil des avancées de la science, considérant que la maladie et le vieillissement ne sont pas une fatalité. Ils estiment qu’il faut pallier à la fin de la sélection naturelle qui n’existe plus chez l’homme qui se protège de son environnement et assure la viabilité d’individus qui jadis auraient été éliminés, d’où une dégradation progressive du génome humain. Ils veulent lutter contre une loterie génétique qui distribue injustement les qualités naturelles et les maladies. Une nouvelle technique appelée CRISPR-cas9  permet d’insérer, de retirer et de corriger l’ADN de manière simple et efficace et une analyse de notre génome coûtera moins de 100 euros dans un an ou deux. Chacun pourra connaître les maladies qu’il risque d’avoir et intervenir avant , comme Angelina Jolie qui s’est fait enlever les 2 seins pour éviter le cancer. La même technique pourrait permettre la reconstruction de virus ou bactéries dangereuses à des fins terroristes. De même que la chirurgie réparatrice a donné la chirurgie esthétique., les modifications d’ADN réparant les anomalies génétiques deviendront des outils d’amélioration de l’humain. Mais modifier l’ADN d’un humain impacte toute sa descendance. D’autres outils sont à l’étude :les cellules souches  qui permettraient de régénérer nos organes vieillissants ou malades, les nanomédicaments capables d’acheminer à l’intérieur du corps un agent actif jusqu’aux cellules malades (les premiers seront disponibles cette année) , les robots chirurgiens microscopiques sont à l’essai chez les souris ;le cœur artificiel existe déjà même s’il n’est pas encore parfaitement au point, le pancréas,  le rein  et le poumon sont pour bientôt ; et que dire des progrès fulgurants sur les prothèses qui pourront même être fabriquées à l’aide d’une imprimante 3D ; récemment une jeune femme a bénéficié d’une prothèse directement commandée par la pensée.  Le premier cyborg (homme machine) a été un américain Neil Harbisson peintre et compositeur atteint de daltonisme qui s’est fait implanté en 2004 une antenne dans le crane qui transforme les ondes lumineuses en ondes sonores, il ne voit toujours pas les couleurs mais il les entend. Le risque, à terme, est que certains veuillent remplacer leurs membres ou certains organes par des prothèses beaucoup plus performantes pour acquérir de nouvelles capacités.

 

Nous allons passer de la médecine curative à la médecine dite des 4 P :prédictive, préventive, personnalisée, participative ; le déclenchement d’une maladie sera considérée comme un échec. Nous glissons d’une restauration de notre santé à une amélioration qui sera irréversible et héréditaire. Les transhumanistes sont partisans de l’eugénisme, non pas d’un eugénisme d’état comme ont pu le concevoir les nazis mais un eugénisme qui relève de la liberté individuelle et qui vise à corriger les inégalités génétiques ; d’ailleurs  il n’y a plus vraiment de tabou : les avortements thérapeutiques régulièrement pratiqués peuvent être considérés comme des pratiques eugénistes mais le risque est d’aller beaucoup plus loin avec la possibilité de créer des bébés sur mesure..

 

Un 2ème mouvement, Les singularitariens vont encore plus loin. La singularité est un concept futurologue : c’est le moment ou la machine serait en capacité de surpasser l’homme, de se reprogrammer elle-même pour augmenter ses capacités à l’infini, voir d’acquérir une conscience.. Le pape de ce mouvement Ray Kurzweil, qui est devenu l’un des dirigeants de Google, pense que ce moment se produira vers 2035. Il a crée en 2009 l’université de la Singularité hébergée par la NASA. Son objectif affiché : trouver les meilleurs élèves du monde et les meilleurs cadres dirigeants afin de leur enseigner les technologies émergentes et d’augmenter leurs performances via la technologie afin de résoudre les grands problèmes du monde. Une antenne a être créée en France .

 

Le rêve des singularitariens est l’allongement de la vie et même l’immortalité. Il y a d’importantes recherches dans le monde pour percer le secret de certains phénomènes de la nature , animaux ou végétaux quasi immortels en espérant  transmettre leurs propriétés à l’homme. Le premier pas sera l’allongement de la vie, ils prévoient 20 ans de plus en 2050.

 

Que deviendront les systèmes de retraite ?

 

Y aura-t-il des conflits de génération ?

 

Faudra t’il réguler les naissances pour éviter la surpopulation ?

 

De ce fait il existe plusieurs programmes de par le monde pour coloniser Mars : des programmes de la NASA, de Tesla, de la Chine, d’un milliardaire Russe.

 

Mais c’est dans l’intelligence artificielle que ces transhumanistes mettent tous leurs espoirs. Ils envisagent très sérieusement une immortalité numérique à partir du transfert de la conscience d’un individu dans un support informatique car ils pensent  que la conscience est numérisable et à cet effet ils demandent qu’il existe des droits des robots comme il existe des droits de l’homme. Et de nombreux projets vont dans ce sens, y compris financés par des fonds publics comme le projet européen Human Brain. Un américain s’est donné jusqu’en 2045 pour réussir à stocker la personnalité des gens puis l’implanter dans un corps artificiel une fois qu’il seront morts. Délire ?

 

Les algorithmes utilisés en intelligence artificielle prennent une dimension nouvelle en particulier les algorithmes auto apprenant  appelés deep learning qui apprennent à notre contact . C’est le cas des systèmes experts qui se servent des connaissances et des façons de fonctionner d’experts internationaux sur un sujet donné et qui aboutissent à un « super expert ».  

 

Des robots qui apprennent au contact de l’homme, capables de dialoguer  et qui ont l’apparence d’humains sont actuellement en expérimentation , ils sont destinés à l’accompagnement des personnes âgées ou des enfants. Il existe aussi des logiciels d’apprentissage capables de s’adapter à chaque apprenant .  Ces utilisations sont très intéressantes. Mais parfois  la situation dérape.

 

Par exemple l’intelligence artificielle Tay de Microsoft supposée apprendre de ses échanges avec les internautes de twitter,  a démontré sa capacité à proférer des propos nazis, racistes et antisémites après avoir été pris pour cible par un groupe d’internautes mal intentionnés. Et certaines expérimentations sont très inquiétantes comme ce logiciel chinois censé repérer les criminels potentiels au faciès. Et que penser des recherches militaires sur les « robots tueurs »  qui seront capable de détecter seuls les cibles à abattre à partir de critères qui leur ont été donnés.

 

D’ailleurs, l’armée américaine envisage de remplacer ses soldats par des robots. Ce sont ces recherches militaires qui ont déclenché la lettre ouverte dont j’ai parlé en introduction et certains craignent que le scénario de « 2001 odyssée de l’espace » devienne une réalité.

 

Voici deux citations  : 

 

« Réussir à créer une intelligence artificielle forte (cad dépassant l’intelligence humaine) serait un grand événement dans l’histoire de l’homme mais ce pourrait être aussi le dernier »  (Stephen Hawking)

 

«  Si je devais deviner ce qui représente la plus grande menace pour notre existence, je dirais probablement  l’intelligence artificielle » ( Elon Musk )

 

D’autres mouvements transhumanistes existent un peu partout dans le monde et des factions s’organisent autour de plateformes politiques . Il existe un mouvement français crée en 2007  dénommé Technoprog Il se réclame d’un transhumanisme  technoprogressiste attentif à la  démocratie, la justice et l’harmonie sociale en permettant l’accès aux nouvelles technologies à tous, refusant l’humanité à deux vitesses. Mais beaucoup pensent que les transhumanistes français sont extrêmement naïfs.

 

Qui finance les recherches en Intelligence artificielle , sur l’ADN, en médecine régénérative ?   En priorité les GAFA (Google, Amazone, Facebook, Apple) ,  des start up,  la NASA, la Chine, la Corée du Sud, des milliardaires américains, russes, chinois, indiens,….

 

Google est devenu Alphabet après avoir racheté de nombreuses start-up et laboratoires spécialisés en IA ou recherches sur l’ADN et les plus grandes entreprises fabriquant des robots.

 

AliBaba, le concurrent chinois d’Amazone et de Google, qui rachète aussi de nombreuses entreprises de nouvelles technologies partout dans le monde est  en train de devenir un groupe gigantesque ; crée en 2005, il pèse déjà 250 milliards de dollars. Problème : comment faire respecter des lois d’éthique à ces groupes très puissants alors que les états n’arrivent même pas à leur faire payer des impôts ?

 

D’ailleurs, un américain a prévu de créer une île au large de la Californie, en dehors des eaux territoriales,  pour échapper à la fois aux comités d’éthique et aux impôts. De plus ils détiennent les réseaux sociaux et peuvent convaincre les opinions publiques, en mettant en avant les avancées médicales, que leurs recherches vont dans le sens du bien de l’humanité.

 

Il existe bien un comité international de bioéthique, émanation de l’Unesco,  qui a publié un rapport en 2015 soulignant que la thérapie génique est sans doute l’une des entreprises les plus prometteuses de la science pour le bien de l’humanité toute entière ; mais que cette révolution semble nécessiter des précautions particulières et soulève de graves inquiétudes en particulier si l’ingéniérie du génome humain devait introduire des modifications héréditaires qui seraient transmises aux générations futures. Il alerte aussi sur les risques d’eugénisme.  Ce Comité a édité en 1997 une déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l’homme comportant une trentaine d’article dont une vingtaine  commence par « les états devraient prendre des mesures pour… »

 

Ce qui montre bien  la difficulté de  pouvoir mettre sur pied des normes universelles en matière de bioéthique dans le respect des droits humains, de la dignité et de la liberté qui soient respectées par tous et conciliant les énormes différences de culture,  entre autres entre le monde occidental   prônant la liberté individuelle et l’Asie et l’Afrique beaucoup plus tournées vers le collectif .

 

De plus les progrès sont tellement rapides que les législations n’arrivent pas à suivre. Quelques exemples de ces 4 derniers mois : les chinois viennent de modifier génétiquement  20 embryons humains ce qui est interdit dans la plupart des pays occidentaux. 

 

Il a été transféré des gènes humains dans une vache pour produire du lait équivalent à du lait humain. Au Mexique vient de naître un bébé ayant trois parents biologiques, le 3ème ayant donné une partie de son patrimoine génétique ; un autre est né en Ukraine.  Un  chercheur japonais vient de créer une chimère c’est à  dire un embryon mi- humain mi-cochon implanté dans une truie  ; la gestation a été arrêtée au bout de 4 semaines ; il a réalisé cette expérience aux USA car elle était interdite au Japon ; le but, louable en soi, est de créer des organes humains pour des transplantations ; verra t’on un jour un goret ressemblant à un humain ?

 

Mais chez nous aussi les barrières éthiques sont en train de craquer : par exemple, la GPA est interdite en France mais les enfants nés de ce procédé ont été reconnus par les tribunaux ce qui revient à dire que la GPA est autorisée pour ceux qui en ont les moyens ; autre exemple : en décembre 2016 un tribunal a autorisé des parents à garder  les cellules du cordon ombilical de leur enfant qui génétiquement a de gros risques d’avoir un cancer du pancréas. Aujourd’hui ces cellules sont utilisées pour soigner les leucémies aigues et ne peuvent provenir que de dons anonymes. Le tribunal vient donc de créer un précédent qui risque de faire jurisprudence.

 

Où est le problème ? Tout simplement que si on devient propriétaire d’une partie de son corps alors celle-ci devient commercialisable. Il est clair que les législations nationales n’ont plus de sens, trop faciles à contourner par ceux qui en ont les moyens.

 

Peut-on arrêter ces recherches ? Certainement pas, il est trop tard et est-ce souhaitable ? En un siècle la mortalité infantile a considérablement diminué, la médecine a fait d’immenses progrès,  l’espérance de vie a énormément augmenté, la faim dans le monde et la pauvreté ont  beaucoup reculé,  et depuis 1945 le nombre de morts par  guerre a chuté même si on n’a pas toujours conscience de ces progrès. Les nouvelles technologies  permettront certainement de résoudre des grands problèmes de notre époque :des maladies incurables aujourd’hui, la dépollution des mers, l’avancée des déserts, le problème de l’eau, la faim dans le monde,… mais pour cela il faudra une volonté politique forte et internationale et  une force de régulation pour éviter les pires dérives . Utopique ?

 

Le monde est en pleine mutation et une mutation 100 fois plus rapide que la révolution industrielle du XIXème siècle et il est certain que l’homme de 2050 ne sera plus celui d’aujourd’hui, mieux ou pire ? Il faudra changer nos manières de vivre, d’apprendre, de travailler,  et même de penser. Il sera nécessaire de revoir tous nos systèmes de formation initiale et continue ainsi que l’organisation du  travail et tous nos systèmes sociaux. L’humanité est comme une pièce de monnaie sur la tranche, elle peut basculer soit du bon côté soit du mauvais côté et pour basculer du bon côté il faudra allier à  mon sens technologie, économie, volonté politique internationale et spiritualité. Et que pouvons nous faire personnellement en dehors de rester en alerte et de porter haut nos valeurs? je n’ai pas la réponse.

 

J’ai dit

 

Les rituels à l'épreuve de la modernité

 

La grande majorité des rituels maçonniques date du XVIIIème et du XIXème siècle ; les auteurs sont parfois connus.

 

 Sur une trame basique, ils proposent des variations qui touchent au vocabulaire utilisé ou au nombre de degrés . Tous les rituels maçonniques s'inscrivent dans la pensée spiritualiste judéo-chrétienne avec parfois un syncrétisme religieux qui permet des emprunts à l'occultisme, à la kabale, voire au spiritisme !

 

L'utilisation des rituels par les loges montre une très grande variation des pratiques avec de nombreuses libertés prises soit sur le suivi des textes soit sur leurs interprétations ! 

Les connaissances modernes et contemporaines imposeraient une ré-écriture !  Plusieurs rituels pourraient ainsi être proposés pour tenir compte de la volonté des loges de travailler à un rite plus cohérent !

 L'Idéal Maçonnique,

Objectif Sagesse !