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Poèmes maçonniques 2/2

 

Vivre c’est attendre la mort !

 

On s’occupe,

Sans être trop dupe !

Ou on y croit,

Comme les cinq doigts !

Et puis, y a la vaisselle,

Et le ménage,

C’est le réel

Du babillage !

 

A force d’attendre

On imagine

Tous les méandres

Des origines.

On se projette

Dans d’autres mondes

A la recherche des exégètes

Aux imaginations fécondes !

 

Et puis, il y a l’amour

Et la passion,

Que d’émotions

Pour un compte à rebours !

 

Que faut-il faire ?

Laisser une trace,

Ou des chimères,

En guise de grâce ?

Regarder l’autre,

Lui donner aide et réconfort,

Cherchez l’apôtre,

Les esprits forts ?

Avec eux pas de problèmes,

Ce sera sacrifices

Et anathèmes,

En guise d’artifices !

 

En loge, il y a une place,

Quand on peut la trouver,

Pour vivre avec audace

Dans un temps décuplé !

 

Il ne s’agit plus de soi

Mais de bien d’autres choses

Une sorte d’entre-soi

Pour créer une symbiose,

Où l’Amour et la Paix,

Seront notre crédo,

Un immense respect,

Avant d’ouvrir le rideau !

Autres poèmes

maçonniques

Et, c’est quand la prochaine ?!

 

On y pense avant,

Tellement c'est excitant !

C'est parfois la routine quand la patine y est, 

Mais faut bien y aller, pour ne pas décrocher !

 

Y a les petits malins qui s'yeutent l’ordre du jour

Préparant des répliques pour paraître au top ,

Et aussi les vrais profs qui polissent leur cours,

Les poètes, quant à eux, ont le nez dans leurs notes,

 

Pour un sujet ardu, on risque la somnolence

Ou le retour de flamme en cas de turbulences,

Mais toujours du sérieux et une pointe d’élégance !

 

Le jour même, il faudra veiller à se faire beau,

Pour les méticuleux, des décors sans défaut.

Les flemmards chercheront au fond d’un vieux tiroir

Un pochon chiffonné avec des gants bien noirs.

 

Le costume cravate noire est souvent préféré,

Le jean, pull, col roulé, est quand même toléré,

Un parfum de toilette ou la barbe de trois jours,

Des barbus militants ou ses crânes rasés,

Tous seront là, en avance ou souvent en retard !

 

Et puis on est entré, direction les parvis, qui nous font patienter.

Salutations faciles et celles qui le sont moins.

Trois bises obligatoires, Comment vas-tu ? Bien, et toi !

Visages connus et inconnus, petites affaires perso ou sujets à la une,

Des conversations reprennent où elles en étaient restées,

D’autres s’aventurent sur des sujets tordus !

 

Il y a les habitués, comme des poissons dans l'eau,

Les pt’its nouveaux inquiets sous l'œil des anciens,

Et parfois les illustres, admirés, jalousés et souvent chouchoutés !

 

Il est bientôt temps de mettre ses décors,

Symboliques bien sûr,  mais aussi hiérarchiques !

Tablier, cordon, gants blancs, pour être tous égaux et bien sûr différents !

 

Le tablier, blanc, bleu, rouge, jaune, ça dépend !

Le jaune c'est pour les huiles qui rentrent tambour battant,

Sans parler des grades hauts, où s'ajoutent des images !

 

On peut aussi trouver des robes ou des blouses,

Et parfois des chapeaux, des calottes ou des voiles !

 

Chaque loge a son style, sa personnalité !

Avec beaucoup de variantes dans l'uniformité !

 

Tout ce monde s'adore et bruisse de ce doux son qu'on nomme fraternité !

L'oeil exercé dénote quelques originaux, et aussi les discrets !

Les hommes sont des frères et les femmes des soeurs

Car le sexe reste caché et toujours redouté !

 

Et puis le vénérable ou un autre officier

Donne le signe qu’on attend :

Prélude indispensable à l'entrée dans le temple !

Le silence lentement s’impose à l’assemblée.

 

Sagement, les entrées dans le temple en pénombre

Nous amènent à des places bien souvent habituelles.

 

Les paroles sont dites entre deux coups de maillet,

Le décor transformé par l’éclat des bougies,

Semble rayonner sur les visages figés !

 

C'est un moment magique, Egrégore orgasmique, inconstant et fugace ?

Les lumières s’imposent, disparaît la magie et le travail doit commencer !

 

Il y a l’ordre du jour, moments de relâchement,

Les excuses, le courrier, souvent sans intérêt ;

Et puis un ou deux temps forts ou comme tels espérés

Authentiques et poignants ou parfois assommant !

 

A la fin du sujet, selon l’humeur ou l’intérêt,

Les mains se lèvent ou se mettent  claquer !

Moments incontournables pour permettre à chacun

D’apporter une pierre et souvent un ego,

On libère une envie, on cède avec entrain,

Au devoir d’encenser ou au coup de sabot  !

 

Les habitués ont leurs manies, les virtuoses jouent du violon,

Les timides la font d’un jet avec souvent beaucoup d’émotion.

Il y a aussi le jeu où chacun joue son rôle,

Dans des échanges courtois qui cherchent à être drôles.

 

Mais certains sujets fâchent qu’il faut éviter,

Tâche ingrate du véné pas toujours aux aguets,

Laissant parfois filer le serpent malicieux

Inspirateur malin des petits facétieux !

 

Pour certaines tenues,

Un choix est demandé, un vote organisé ;

Et voilà toutes ces boules qu’il faut manipuler !

Boules blanches, boules noires

La passion monte d’un cran, car l’enjeu sans importance

Enflamme les esprits et suscite l’impatience !

 

Et puis c’est le grand bleu, et le temps du pardon :

C’est la chaine d’union, ce moment d’émotion,

Où les mains réunies cherchent à faire oublier

Les failles fraternelles qu’il nous faut occulter.

 

Il est temps de conclure, car le temps est compté.

Pour fermer les travaux, on reprend le rituel

Eteindre les lumières et arrêter de jouer !

 

On secoue ses méninges pour sortir de ce rêve

Et reprendre la posture des profanes éclairés.

Le bruissement des murmures essaye de s’imposer

Mais comment l’éviter après tant d’émotion et parfois de passion ?

 

Il y a ceux qui s’en vont,

Souvent discrètement,

Et ceux qui se prolongent pour le temps des agapes,

Défouloir obligé d‘une tenue réussie.

 

Agapes des apartés et des affinités,

Nourriture partagée, boissons non limitées,

Autre lieu, autre scène, spectacle assuré.

 

Le temps poursuit son œuvre,

Il faut se séparer !

Il y a de la tristesse ou du soulagement,

Dans l’échange des trois bises,

Viatique incontournable d’un retour aux réalités !

 

Et, c’est quand la prochaine ?

Pour la Saint-Jean d'Hiver

Vénérable Maître en chaire, frères et sœurs réunis,

Comme chacun après vous, me voilà pour un soir,

En charge d’honorer le verbe et son pouvoir,

Pour partager avec vous un autre ressenti !

 

Si nous sommes réunis, les vivants et l’esprit,

Dans ce lieu familier aux agapes banales,

N’est-ce pas avant tout, pour tenter le pari

De revivre aujourd’hui une fête solsticiale ?

 

J’ai assemblé ces mots pour transmettre le sens

Que je voudrais livrer avec quelque décence

Car le Verbe dans la loge n’est pas qu’une opinion,

Jetée, au gré du temps, en guise d’impression.

 

Répétant un rituel qui se veut ascendant,

Nous allons tous fêter, en un jour de décembre,

Dans nos loges convoquées, un saint qui nous ressemble.

Qu’on nomme chaque jour , Saint Jean l’Evangéliste ardent.

 

Force génitrice du Feu par le Verbe attisée,

Voyez les héritiers d’une grandeur affirmée

Rassemblés par devoir, pour goûter à la table

Avec force santés, au savoir ancestral !

 

Mais avant de songer à ce que pourrait être

Aujourd’hui le vrai sens d’une fête en hiver,

Reprenons le chemin par nous tous empruntés

Que nous n’aurons de cesse de jamais oublier !

 

Hier, nous étions seuls, en labourant nos champs

Marchant dans les sillons, pensant à nos enfants :

« La récolte c’est pour eux , si Dieu veut » disions nous !

Hier, nous étions seuls, pour supporter les coups !

 

Le travail était dur et les regards baissés

Nous mettaient sur nos gardes, pour ne pas trébucher !

Cherchant autour de nous les élans nécessaires,

Rares étaient les voisins soucieux de nous complaire !

 

Souvent, par nos pensées, nous cherchions le chemin

Qui pourrait nous mener vers la Fraternité !

Nombreuses furent les attentes où nous tendirent la main !

Nombreuses furent les impasses stériles en liberté !

 

Et la terre sans arrêt imposait ses contraintes.

Endurer les épreuves, il fallait accepter !

Qui de nous n’a pas eu dans ces moments de crainte

Le sentiment confus de l’inutilité ?

 

Hier nous étions seuls attendant que le vent

Dans un souffle affectueux nous transmette le mot,

Balaie les avatars, nous éloigne des sots,

Illumine la froidure, annonce le nouvel an !

 

Sur le chemin et dans le vent, tout doucement,

Les brumes libérées, nos sens sollicités,

Le temple nous apparu et nous fûmes contents

De savoir désormais avec qui travailler !

 

Nous voilà réunis, hors du temps, bien présents !

Héritiers de nos frères, nous sommes restés fidèles

A ce temps des mystères où l’on jetait le sel,

Dans cette félicité, inconnue des manants.

 

Frères et soeurs, Enfants de la Lumière, aujourd’hui,

Présents dans l’univers où les êtres s’agitent,

Persuadés, malgré tout, qu’un nouvel ordre existe

Qui nous verra demain donner sens à la vie !

 

Dans ce monde pervers où les peuples se déchirent

Comprenons qu’ils sont fous, enivrés de détresse

En se laissant glisser dans la spirale du pire,

Ne sachant pas que faire pour vaincre leurs faiblesses.

 

La peur règne dans ce monde au mépris de l’humain,

Fleur obscène d’un terrain livré à l’ignorance,

Peur aveugle et sans loi, génitrice de violence,

Peur abjecte, accoucheuse d’un univers malsain.

 

Dans ce monde sans loi, nous sommes des combattants,

Sans armes et sans violence, qui respectons le droit,

Pour éloigner la peur et redonner un sens

A la vie de tous ceux qui ont perdu leur foi !

 

Éduqués et formés pour ne pas avoir peur,

Nous fûmes initiés pour conduire le destin,

De tous ces êtres humains, éloignés du Bonheur,

Et générer en eux l’envie d’être des mutins !

 

Par le porche franchi dans ce lieu rassemblés,

Loin des peurs des profanes nous sommes prêts à revivre

Le rituel immuable de tous les initiés

Compagnons sur la voie en détenteurs du Livre !

 

Le soleil s’est couché sur ce jour si court.

Sans céder au repos, nous puisons parmi nous

L’énergie qu’il nous faut pour savoir, avant tout,

Fidèles à notre quête, ne pas changer d’atours.

 

Sans avoir oublié, nous avons respecté

Le devoir de nous voir, autour du feu ardent,

Désireux de trouver parmi nous cet élan

Nécessaire et vital aux esprits pacifiés !

 

Dans tous les continents et dans tous les orients,

En ce mois de décembre, où la nature appelle

Le déclin de la vie dans un repos conscient,

Les Francs-Maçons se lèvent et rejoignent le rituel !

 

Fidèles à nos ancêtres, nous voilà unifiés

Dans la Paix et l’amour, pour honorer ce jour,

La gloire d’un Grand Orient, l’espoir revivifié

Qui verra nos paroles entendus des plus sourds !

 

Ce n’est pas une fête où les participants

Laissent aller leurs instincts, plus ou moins délirants,

Dominer leurs esprits et franchir l’interdit,

En pensant que demain sera une autre vie !

 

Ce n’est pas une fête pour tous ces idolâtres,

Enivrés de rumeurs, succombant aux fumées,

Qui masquent les misères et leur indignité,

En croyant que la vie n’est rien d’autre qu’un théâtre !

 

La mort est derrière nous, nous l’avons dépassée !

L’espérance est en nous, il nous faut la fêter !

Ceux qui ont initié espèrent aussi en nous

Réaliser ce rêve mille fois écarté !

 

Effacer la tristesse des enfants de Bombay,

Sécher les innocentes larmes qui affectent les cieux,

Sauver la dignité injustement bafouée,

Éloigner les charognes qui offensent les Dieux !

 

Cette fête, un appel pour plus d’humanité,

Une émotion cachée que l’on ose dévoiler,

Elle se nomme Espérance, et brille dans le soir

De mille feux éclatant que nous seuls pouvons voir !

 

Nos santés sont des voeux, adressés à tous ceux

Que nous avons choisi, en toute liberté,

Pour mener le troupeau des initiés fidèles

Afin qu’ils fassent entendre la parole rebelle !

 

Nos santés sont des voeux qui n’ont rien d’élogieux,

A tous ceux qui prétendent supporter nos paroles,

Car nous savons aussi le sort des idoles

Qui osèrent profaner la sagesse des cieux.

 

Nos santés sont des baumes pour effacer les plaies,

Pour calmer les souffrances qui taraudent nos vies,

Pour renforcer les liens nécessaires à la Paix,

Pour lever la tristesse et redonner l’envie.

 

La musique et les mots seront les premiers temps,

Puis la chair et la poudre doperont l’énergie,

Et nos cris rassemblés lanceront aux étoiles

Les accents d’un appel pour plus de vérité.

 

Je rêve d’une fête qui soit plus qu’aujourd’hui,

Une fête élargie à tous les initiés,

Qui grave dans l’année son empreinte assurée,

Qui affirme dans le monde notre espérance inouïe.

 

Que cette fête nous rappelle au travail incessant,

Qu’il nous faut consacrer au bonheur des enfants,

Innocents merveilleux et porteurs de Lumière,

Incrédules sacrifiés par les balles des pervers.

 

Que cette fête exagère notre appétit sans fin,

Pour la fraternité, le ciment de nos liens,

L’énergie de nos vies, l’indispensable ressort,

Qui nous permet toujours de vivre parmi les morts !

 

Vénérable Maître en chaire et vous tous, sœurs et frères,

Me voilà arrivé, au terme de mes propos,

Consacrés à ce jour, éternel repère,

Transmis par nos aïeux pour des âmes sans repos.

 

A vous tous sœurs et frères, que ces modestes vers

Destinés au prélude du rituel nécessaire

Illumine cette fête , un éclair dans la nuit,

A laquelle je dédie un bienheureux « j’ai dit ! »

 
 

 L'Idéal Maçonnique,

Objectif Sagesse !