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La spiritualité : un sujet de réflexion universel qui entre dans le cadre de la démarche maçonnique

Mis à jour : avr. 2




La spiritualité, comme chacun le sait, concerne toutes les civilisations, toutes les cultures, toutes les communautés partout dans le Monde.


Autrefois, évoquer la spiritualité signifiait une entrée dans le discours religieux. Aussitôt, il était facile d’opposer ce discours religieux au discours scientifique.


Depuis la fin du XXème siècle, une autre approche se met en place ; la primauté est accordée au concept d’activité cérébrale. Celle-ci pourrait se définir comme l’ensemble des interactions entre les cellules neuronales et le reste du corps humain. Cette définition assez large inclut plusieurs chapitres du fonctionnement du corps humain et en particulier :

  • Les fonctions sensitivo-motrices

  • Les fonctions végétatives

  • Le secteur cognitif

  • La fonction imaginaire

La spiritualité est naturellement un élément de l’activité cérébrale ; elle concerne tout ce qui touche au vécu de l’être humain, au questionnement sur l’apparition du vivant sur notre planète et à la problématique post-mortem.


Si la pensée religieuse s’est imposée au cours des siècles, aujourd’hui ont voit bien qu’elle n’est qu’une entrée possible dans le domaine de la spiritualité.


Cette relation entre la spiritualité et l’activité cérébrale est la conséquence des travaux scientifiques qui ont bouleversé la connaissance du cerveau que l’on avait jusqu’aux années 1980. Grâce aux nouvelles techniques d’imagerie et à la connaissance des neuro-médiateurs, on sait que la spiritualité est une forme d’activité cérébrale. Il existe d’ailleurs aujourd’hui un domaine de recherche appelé La neurothéologie, ou neuroscience de la religion, ou neurosciences de la spiritualité.



Mais en quoi consiste la pratique de la spiritualité ?


A la base, il y a les interrogations que chacun se pose sur la problématique de la vie des êtres vivants et de leur mort : il s’agit là d’une activité mixte à la fois cognitive et imaginaire qui fait appel à l’imprégnation culturelle des communautés. Celle-ci joue un rôle de conditionnement secondaire à l’éducation.


Il y a aussi une activité motrice qui accompagne la pratique de la spiritualité ; celle-ci concerne essentiellement la pratique des rituels. Ceux-ci sont très variés selon la pratique spirituelle concernée allant d’une simple gestuelle à une discipline corporelle très élaborée.


La spécificité cérébrale de la spiritualité est en relation avec la pratique de la prière et de la méditation. Les études scientifiques ont montré que ces pratiques pouvaient avoir une répercussion sur l’ensemble de l’activité cérébrale.


Si l’activité religieuse est l’occasion privilégiée d’une pratique de la spiritualité, toute réflexion sur le questionnement du vivant rentre aussi dans ce cadre, y compris l’athéisme et l’incroyance. Il ne pourra s’agir au minimum que d’une activité cognitive. De plus en plus la méditation est devenu une activité extra-religieuse et comme on le sait, les pratiques rituelles ne sont pas réservées à la sphère religieuse.


En ce qui concerne la franc-maçonnerie, il est clair que la spiritualité fait partie de ses champs d’investigation.


Historiquement, l’activité maçonnique incorpore la déité comme une des conditions de sa pratique en en faisant un des 25 landmarks.


Aujourd’hui, encore, la plus grande partie de la franc-maçonnerie mondiale fonctionne selon ce principe. Même si cette condition n’est plus nécessaire pour un nombre non négligeable d’obédiences maçonniques, l’intérêt cognitif de la réflexion sur le vivant et la mort, la pratique motrice des rituels et les activités de recueillement et de prières font toujours partie de la démarche maçonnique.


Certains parlent de spiritualité laïque pour essayer de gommer le sous-entendu religieux parfois accolé au mot spiritualité. Même s’il peut faire plaisir à ceux qui s’en réclament, ce qualificatif n’apporte rien.


Contrairement aux religions, la franc-maçonnerie ne souhaite pas apporter une réponse dogmatique aux problèmes abordés dans la spiritualité. Bien sûr, il ne faut pas ignorer que dans des déviations contestables, certains rites dits maçonniques s’engagent un peu dans la voie religieuse dogmatique mais cela est marginal.


On oppose souvent, une implication maçonnique dans le champ de la spiritualité avec un intérêt pour les questions sociales. Cette opposition est naturellement de nature polémique car rien n’autorise à y voir une contradiction ; les deux problématiques font partie d’une réflexion philosophique et morale justifiant notre investissement.


Dans les travaux maçonniques, le suivi du rituel est l’occasion privilégiée qui permet à chaque sœur et frère de vivre sa propre spiritualité qu’il soit croyant ou non-croyant. Peut-être serait-il souhaitable que dans la pratique rituélique, le moment où un exercice de méditation ou de prière est possible, soit adapté au temps nécessaire pour que cette activité soit profitable (entre 15 et 30 mn).


Les récentes découvertes scientifiques ont montré combien une activité cérébrale de spiritualité était bénéfique pour l’activité cérébrale en général. Cela devrait inciter les loges maçonniques à veiller à ce qu’elle soit complètement intégrée dans le déroulement d’une tenue.

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