Rechercher

Les obédiences maçonniques en question

Mis à jour : 19 déc. 2020



L'obédience est le nom utilisé pour désigner une association composée de loges maçonniques ; chaque obédience prend un nom spécifique qui autrefois avait un sens : par exemple, un Orient a une connotation géographique ; normalement il ne devrait y avoir qu'un grand orient par nation ; une loge a une spécificité et donc une grande loge devrait correspondre à une même spécificité pour plusieurs loges ; mais aujourd'hui, tout cela s'efface derrière l'ambition et la concurrence ! La première obédience connue fut la Grande Loge d'Angleterre créée en juin 1717.

Il n'est pas anodin de rappeler que le terme d'obédience contient une notion d'obéissance (cf la définition) ; on voit bien qu'aujourd'hui cette notion est "périmée" !

La première obédience française fut la Grande Loge de France créée en 1738 et qui prendra le nom de Grand Orient de France en 1773.

L'essaimage obédientiel s'est principalement fait à partir de querelles secondaires à des conflits interpersonnels, des ambitions intéressées ou des pratiques différentes.

Aujourd'hui, le nombre des obédiences françaises s'élève à plus de quarante-cinq.

C'est difficile de comprendre et de justifier le nombre aberrant d'obédiences et la difficulté des relations entre les francs-maçon(ne)s du monde entier dans un monde aujourd'hui très réactif .

Tout se passe comme si le plaisir d'être "entre-soi' prévalait sur la mise en oeuvre d'une organisation fonctionnelle internationale qui permette aux loges de travailler et de mettre en oeuvre la formation indispensable à l'éducation maçonnique.


Alors que l'Europe apparaît comme un cadre qui dépasse les égoïsmes nationaux, les obédiences restent figées sur leur propre développement.


En acceptant d'initier les femmes, le Le Grand Orient de France (GODF) s'est ouvert à une réalité sociologique nouvelle pleine de potentialités ; cette obédience qui est la plus importante pourrait très bien regrouper d'autres obédiences en leur garantissant la liberté d'exercer leurs rites et en acceptant un plus grand "oecuménisme".

Rassembler les obédiences pourrait être un bel objectif mais dès la création de la grande Loge d'Angleterre, l'obédience maçonnique se positionne dans une relation avec le pouvoir d'Etat soit en appui soit en opposition. Il est possible de déduire de l'histoire que cette relation de proximité a très largement influencé la vie des obédiences au point d'entraîner des divisions et des ruptures.



La multiplication des obédiences ne serait-elle pas le symptôme d'une crise du fonctionnement des loges et des obédiences ?

Si l'on considère que le minimum que l'on puisse exiger d'une loge et d'une obédience maçonnique est de permettre l'exercice de la liberté de conscience, de mettre en application la tolérance et le respect mutuel et de garantir la possibilité d'être libre dans une loge libre, il est incompréhensible d'imaginer que la multiplication des obédiences ait une justification maçonnique.

Vouloir se retrouver dans une communauté de pensée, flatter l'ego de candidats à la grande maîtrise, obéir à des considérations de politique internationale et régler des comptes dans des conflits inter-personnels sont les raisons profanes les plus souvent rencontrées !

C'est proprement affligeant de voir l'inconscience et l'irresponsabilité de toutes celles et de tous ceux qui contribuent ainsi à nuire à la crédibilité de l'ordre maçonnique.


L’Ordre et les Obédiences

Texte emprunté au site Masonic.ch


La Franc-Maçonnerie n’est pas une société de pensée, ni davantage un club mondain, ni une fraternelle d’entraide, ni une association charitable. Elle est un Ordre initiatique, une manifestation parmi d’autres de la Tradition primordiale. A ce titre, elle est ancrée dans la pratique de rituels appropriés fondés sur la mise en action soigneusement orchestrée d’actes symboliques dans un espace-temps sacré.


Les rituels maçonniques, contrairement à la Tradition qu’ils véhiculent, s’enracinent cependant dans l’Histoire. Ils se réfèrent à l’Art Royal, qui est l’art de bâtir, et la symbolique de la construction y occupe tout naturellement une place prépondérante. A ces références s’ajoutent les emprunts à d’autres manifestations de la Tradition, de nature hermétique, gnostique et alchimique. La Franc-Maçonnerie apparaît donc comme une mosaïque de composantes de natures diverses qui constituent des Rites dont chacun porte sa propre cohérence.

La transmission initiatique de la manifestation maçonnique de la Tradition repose sur la dramaturgie des rituels dont les « catéchismes » certes, rendent compte avec une relative précision, mais qui nécessite pour acquérir un statut d’efficience, la participation active des initiés dans un espace et un lieu sacrés et selon des règles et des usages parfaitement définis.

L’Ordre maçonnique est une chose, l’Obédience en est une autre mais l’Ordre ne peut perdurer que par le truchement des Obédiences dans leur rôle de regroupements de Loges.


Chaque Obédience présente une coloration spécifique par sa structure administrative, les Rites qu’elle fédère, la mixité ou la non mixité des membres, la place qu’elle entend accorder à l’absolue liberté de conscience et le principe de reconnaissance. Elle est une puissance régulatrice, apte à délivrer des patentes et à constituer un cadre administratif mais elle ne peut en aucun cas prétendre s’identifier à l’Ordre maçonnique dont elle ne constitue en définitive qu’une simple courroie de transmission. Par définition, et l’Histoire de la Franc-Maçonnerie en témoigne largement, les Obédiences sont divisibles à l’infini. Par définition pareillement, et la perpétuité de la transmission initiatique de la Franc-Maçonnerie en témoigne tout aussi largement, l’Ordre est indivisible, qui qu’en grogne.



Les Obédiences en question


Peut-on aujourd'hui en toute sérénité remettre en cause le rôle des obédiences ?

Cela nous paraît indispensable si on ne veut pas voir la question maçonnique cantonnée dans une sempiternelle justification de leurs existences !


Nous rêvons tous d’une structure obédientielle qui se distingue par la capacité à extérioriser les hautes valeurs morales et philosophiques qui animent nos travaux de loge. Le désir de pouvoir faire entendre une voix forte et respectée est également exprimé.


La tentation est parfois grande pour les grand-e-s maître-sse-s de participer aux débats politiciens médiatiques sans s’apercevoir que ce faisant ils-elles plongent la tête dans un marigot peu ragoûtant.


Aujourd’hui, nos structures obédientielles me semblent inadaptées : les membres du conseil de l’ordre sont gentils mais que peuvent-ils faire sinon de la représentation. Le grand maître n’a pas les moyens que justifieraient sa fonction ; l’administration de l’obédience est admirable mais est-ce à la hauteur des besoins d’une association de plusieurs dizaines de milliers de membres.


Les loges sont sollicitées pour participer à la vie de l’obédience mais le plus souvent cela se résume, dans le meilleur des cas, à moins de cinq frères et sœurs qui arrivent à « suivre le mouvement » tellement cela suppose du temps et de la disponibilité.


Le principe même de l’obédience supposerait qu’elle soit une aide au fonctionnement des loges or, à part le problème immobilier où les sociétés immobilières jouent leur rôle, pour le reste les loges sont bien souvent seules dans le traitement de tous les problèmes qu’elles doivent assumer ; les convents à plusieurs centaines de membres sont une mascarade de démocratie.


Ce constat devrait nous inciter à essayer de réformer, non pas pour faire de l’obédience une association lambda, mais pour adapter l’outil obédientiel à un besoin d’harmonie et de cohérence avec notre idéal de perfection. Naturellement, cela suppose de dépassionner le débat et de rechercher un consensus acceptable par la grande majorité des membres de l’obédience ; seul un travail conventuel étalé sur plusieurs années pourrait prétendre de le faire.

Bien sûr, les obédiences actuelles, comme elles sont, jouent un rôle organisationnel non négligeable. En dehors de la Fédération des Loges Libres et Souveraines , la grande majorité des loges fonctionne grâce au soutien logistique immobilier obédientiel ; autre aspect positif, les accords inter-obédientiels facilitent les visites inter loges. Tout cela explique aussi que les obédiences sont devenues essentiellement des centres de gestion où l'on veille à ce que les bilans financiers soient positifs !

Mais aujourd'hui force est de constater qu'elles n'arrivent pas à constituer une autorité morale capable de porter les valeurs maçonniques en dehors du champ des conflits d'intérêts !

Tout se passe comme si le pouvoir obédientiel devenait confidentiel et réservé à une minorité de membres d'un sérail de "bien-pensants" qui fonctionnent selon des apparences sans y mettre "leurs âmes" !

Idéal Maçonnique

Quelques sœurs et frères de différentes obédiences et n'ayant comme unique motivation que celle de transmettre notre amour de la Franc-Maçonnerie dans une optique de pragmatisme et de modernité. Notre animateur, c'est Mateo Simoita, un franc-maçon du GODF qui a plus de 40 ans d'ancienneté maçonnique. C'est aussi notre signature commune.

Mateo Simoita
Responsable du site idealmaconnique.com

Médecin retraité ; initié en 1979 au Grand Orient de France.

  • Twitter