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Pour la Saint-Jean d'Hiver

Mis à jour : juil. 15



Vénérable Maître en chaire, frères et sœurs réunis,

Comme chacun après vous, me voilà pour un soir,

En charge d’honorer le verbe et son pouvoir,

Pour partager avec vous un autre ressenti !

Si nous sommes réunis, les vivants et l’esprit,

Dans ce lieu familier aux agapes banales,

N’est-ce pas avant tout, pour tenter le pari

De revivre aujourd’hui une fête solsticiale ?

J’ai assemblé ces mots pour transmettre le sens

Que je voudrais livrer avec quelque décence

Car le Verbe dans la loge n’est pas qu’une opinion,

Jetée, au gré du temps, en guise d’impression.

Répétant un rituel qui se veut ascendant,

Nous allons tous fêter, en un jour de décembre,

Dans nos loges convoquées, un saint qui nous ressemble.

Qu’on nomme chaque jour , Saint Jean l’Evangéliste ardent.


Force génitrice du Feu par le Verbe attisée,

Voyez les héritiers d’une grandeur affirmée

Rassemblés par devoir, pour goûter à la table

Avec force santés, au savoir ancestral !

Mais avant de songer à ce que pourrait être

Aujourd’hui le vrai sens d’une fête en hiver,

Reprenons le chemin par nous tous empruntés

Que nous n’aurons de cesse de jamais oublier !

Hier, nous étions seuls, en labourant nos champs

Marchant dans les sillons, pensant à nos enfants :

« La récolte c’est pour eux , si Dieu veut » disions nous !

Hier, nous étions seuls, pour supporter les coups !

Le travail était dur et les regards baissés

Nous mettaient sur nos gardes, pour ne pas trébucher !

Cherchant autour de nous les élans nécessaires,

Rares étaient les voisins soucieux de nous complaire !

Souvent, par nos pensées, nous cherchions le chemin

Qui pourrait nous mener vers la Fraternité !

Nombreuses furent les attentes où nous tendirent la main !

Nombreuses furent les impasses stériles en liberté !

Et la terre sans arrêt imposait ses contraintes.

Endurer les épreuves, il fallait accepter !

Qui de nous n’a pas eu dans ces moments de crainte

Le sentiment confus de l’inutilité ?

Hier nous étions seuls attendant que le vent

Dans un souffle affectueux nous transmette le mot,

Balaie les avatars, nous éloigne des sots,

Illumine la froidure, annonce le nouvel an !

Sur le chemin et dans le vent, tout doucement,

Les brumes libérées, nos sens sollicités,

Le temple nous apparu et nous fûmes contents

De savoir désormais avec qui travailler !

Nous voilà réunis, hors du temps, bien présents !

Héritiers de nos frères, nous sommes restés fidèles

A ce temps des mystères où l’on jetait le sel,

Dans cette félicité, inconnue des manants.

Frères et soeurs, Enfants de la Lumière, aujourd’hui,

Présents dans l’univers où les êtres s’agitent,

Persuadés, malgré tout, qu’un nouvel ordre existe

Qui nous verra demain donner sens à la vie !


Dans ce monde pervers où les peuples se déchirent

Comprenons qu’ils sont fous, enivrés de détresse

En se laissant glisser dans la spirale du pire,

Ne sachant pas que faire pour vaincre leurs faiblesses.

La peur règne dans ce monde au mépris de l’humain,

Fleur obscène d’un terrain livré à l’ignorance,

Peur aveugle et sans loi, génitrice de violence,

Peur abjecte, accoucheuse d’un univers malsain.


Dans ce monde sans loi, nous sommes des combattants,

Sans armes et sans violence, qui respectons le droit,

Pour éloigner la peur et redonner un sens

A la vie de tous ceux qui ont perdu leur foi !

Éduqués et formés pour ne pas avoir peur,

Nous fûmes initiés pour conduire le destin,

De tous ces êtres humains, éloignés du Bonheur,

Et générer en eux l’envie d’être des mutins !

Par le porche franchi dans ce lieu rassemblés,

Loin des peurs des profanes nous sommes prêts à revivre

Le rituel immuable de tous les initiés

Compagnons sur la voie en détenteurs du Livre !

Le soleil s’est couché sur ce jour si court.

Sans céder au repos, nous puisons parmi nous

L’énergie qu’il nous faut pour savoir, avant tout,

Fidèles à notre quête, ne pas changer d’atours.

Sans avoir oublié, nous avons respecté

Le devoir de nous voir, autour du feu ardent,

Désireux de trouver parmi nous cet élan

Nécessaire et vital aux esprits pacifiés !


Dans tous les continents et dans tous les orients,

En ce mois de décembre, où la nature appelle

Le déclin de la vie dans un repos conscient,

Les Francs-Maçons se lèvent et rejoignent le rituel !


Fidèles à nos ancêtres, nous voilà unifiés

Dans la Paix et l’amour, pour honorer ce jour,

La gloire d’un Grand Orient, l’espoir revivifié

Qui verra nos paroles entendus des plus sourds !


Ce n’est pas une fête où les participants

Laissent aller leurs instincts, plus ou moins délirants,

Dominer leurs esprits et franchir l’interdit,

En pensant que demain sera une autre vie !


Ce n’est pas une fête pour tous ces idolâtres,

Enivrés de rumeurs, succombant aux fumées,

Qui masquent les misères et leur indignité,

En croyant que la vie n’est rien d’autre qu’un théâtre !


La mort est derrière nous, nous l’avons dépassée !

L’espérance est en nous, il nous faut la fêter !

Ceux qui ont initié espèrent aussi en nous

Réaliser ce rêve mille fois écarté !


Effacer la tristesse des enfants de Bombay,

Sécher les innocentes larmes qui affectent les cieux,

Sauver la dignité injustement bafouée,

Éloigner les charognes qui offensent les Dieux !


Cette fête, un appel pour plus d’humanité,

Une émotion cachée que l’on ose dévoiler,

Elle se nomme Espérance, et brille dans le soir

De mille feux éclatant que nous seuls pouvons voir !


Nos santés sont des voeux, adressés à tous ceux

Que nous avons choisi, en toute liberté,

Pour mener le troupeau des initiés fidèles

Afin qu’ils fassent entendre la parole rebelle !


Nos santés sont des voeux qui n’ont rien d’élogieux,

A tous ceux qui prétendent supporter nos paroles,

Car nous savons aussi le sort des idoles

Qui osèrent profaner la sagesse des cieux.


Nos santés sont des baumes pour effacer les plaies,

Pour calmer les souffrances qui taraudent nos vies,

Pour renforcer les liens nécessaires à la Paix,

Pour lever la tristesse et redonner l’envie.


La musique et les mots seront les premiers temps,

Puis la chair et la poudre doperont l’énergie,

Et nos cris rassemblés lanceront aux étoiles

Les accents d’un appel pour plus de vérité.


Je rêve d’une fête qui soit plus qu’aujourd’hui,

Une fête élargie à tous les initiés,

Qui grave dans l’année son empreinte assurée,

Qui affirme dans le monde notre espérance inouïe.


Que cette fête nous rappelle au travail incessant,

Qu’il nous faut consacrer au bonheur des enfants,

Innocents merveilleux et porteurs de Lumière,

Incrédules sacrifiés par les balles des pervers.


Que cette fête exagère notre appétit sans fin,

Pour la fraternité, le ciment de nos liens,

L’énergie de nos vies, l’indispensable ressort,

Qui nous permet toujours de vivre parmi les morts !


Vénérable Maître en chaire et vous tous, sœurs et frères,

Me voilà arrivé, au terme de mes propos,

Consacrés à ce jour, éternel repère,

Transmis par nos aïeux pour des âmes sans repos.


A vous tous sœurs et frères, que ces modestes vers

Destinés au prélude du rituel nécessaire

Illumine cette fête , un éclair dans la nuit,

A laquelle je dédie un bienheureux « j’ai dit ! »


NDLR : la photo représente "SAINT JEAN L’EVANGELISTE

Cette représentation de l’apôtre se trouve au monastère de Prevelli,sur la côte sud de la Crète.Saint Jean y est représenté devant un bureau,il écrit son évangile sur un rouleau de parchemin.Derrière lui, l’aigle (symbole de Jean dans l’interprétation de la vision apocalyptique AP 4 1-11) tient l’encrier." (source : http://tracesetroutes.blogspot.com/2009/12/solstice-dhiver-saint-jean-dhiver-2127.html)

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Quelques sœurs et frères de différentes obédiences et n'ayant comme unique motivation que celle de transmettre notre amour de la Franc-Maçonnerie dans une optique de pragmatisme et de modernité. Notre animateur, c'est Mateo Simoita, un franc-maçon du GODF qui a plus de 40 ans d'ancienneté maçonnique. C'est aussi notre signature commune.

Mateo Simoita
Responsable du site idealmaconnique.com

Médecin retraité ; initié en 1979 au Grand Orient de France.

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