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Pourquoi persévère-t-on dans l’engagement maçonnique ? La Franc-Maçonnerie, une « école » de la vie



La demande d’entrée en franc-maçonnerie est souvent confuse. Des lectures, une rencontre, des impressions diverses peuvent donner un déclic qui aboutit à faire sa demande. Et puis ensuite, on est porté par un enchaînement de démarches, d’obligations à assumer dans la vie d’une loge qu’on découvre. L’afflux d’informations nouvelles, la connaissance d’autres êtres humains, de multiples émotions provoquées par un rituel, tout cela fait réfléchir.


Et puis, il y a les réalités des relations humaines qu’on entrevoit avec leurs turpitudes mais aussi de belles choses.


Et un jour, la fameuse question se pose : « Que fais-je là ? »


On parle de fraternité mais on se retrouve bien souvent seul-e ! La loge maçonnique fonctionne aussi comme un groupe ordinaire avec la loi d’une majorité menée par un ou quelques co-leaders qui ne songent qu’à garder leur mainmise sur le groupe. Sous couvert d’utiliser des codes qui deviennent des lieux communs, c’est la division qui règne où les sous-groupes s’identifient à des communautés partisanes.


Et on peut avoir tendance à oublier toute la richesse d’une méthode de pensée qui incite à chercher, chercher sans cesse pour comprendre et essayer de s’élever au-dessus de cet infantilisme des conflits d’intérêts à la petite semaine.


On ne dit pas souvent que la franc-maçonnerie est une des rares organisations sociales qui fonctionnent en théorisant l’erreur humaine. Pour illustrer cette assertion, il suffit de se remémorer le mythe d'Hiram qui met en scène son meurtre par d'autres frères. C'est en nous-même que se situe les causes de cette incroyable dilution de la conscience !


Quel que soit le rituel on est à un moment ou à un autre confronté avec ce que l’on pourrait appeler « la perversité intrinsèque de l’être humain » ; cette part de nous-même qui nous incite à tricher, à enfreindre la loi de la bienveillance, à outrepasser nos droits, à profiter d’une position dominante pour assouvir des besoins personnels et bien d'autres choses peu ragoutantes. Le verbe et le talent oratoire sont les principaux instruments des déviances perverses qui dénaturent le fonctionnement d’une loge maçonnique. Nos rituels nous avaient prévenus mais les ânonner ne veut pas dire les comprendre !


L’initiation n’est pas une « opération du saint esprit » qui rendrait la virginité à un salopard ou qui procurerait d’un coup de baguette magique toute la Sagesse possible, elle n’est qu’un début d’un processus que nous seuls décidons ou non d’entreprendre. A celles et à ceux qui s'étonnent parfois que nous tolérions des présences incongrues en loge, il suffit de dire que la loge maçonnique ne se veut pas exemplaire à travers la totalité de ses membres ; elle est à l'image de la société dans laquelle elle baigne pour permettre un éveil de la conscience, tout en étant consciente que celui-ci dépend du cherchant.


Une vie de franc-maçon-ne peut se révéler vide de sens si on veut bien convenir que les apparences ne sont pas la garantie d’un parcours initiatique vécu comme tel !


La démarche maçonnique se vit donc dans les épreuves auxquelles on est forcément confronté et qui demandent un dépassement et une capacité à assumer nos responsabilités. Alors que dans le monde profane on vit souvent les épreuves de la vie en reportant sur l’autre une responsabilité, l’enseignement maçonnique nous incite à prendre d’abord en compte nos propres échecs !


Naturellement les maçon-ne-s qui sont en loge pour cultiver des relations d’intérêt prosaïque n’ont pas ces états d’âme ! Pour eux, il s’agit de profiter au maximum et lorsque le profit s’avère peu intéressant, on laisse la distance s'installer et l’absentéisme constitue alors la solution.


La loge et aussi l’obédience s’apparentent à des théâtres de la comédie humaine où les déclamations sont des morceaux de bravoure qui cachent des grandes bassesses ; mais il y a aussi d’autres acteurs, de vraies pépites d’être humains authentiques par leurs qualités humaines, leurs connaissances et l’engagement pour vivre ce bel idéal maçonnique.


La tentation est grande de vouloir transformer les obédiences maçonniques en organisations militantes capables d’imposer un ensemble d’obligations à la société profane : Il y a celles et ceux qui s’isolent dans un mysticisme rédempteur, d’autres qui rêvent d’éliminer du pouvoir les religions dogmatiques et d’autres encore qui encensent le lobbying !


Comme le ridicule ne tue pas, le spectacle d’obédiences maçonniques se gargarisant de rencontrer le président de la République ou la Reine d’Angleterre fait sourire !


Quel paradoxe de voir la richesse potentielle d’un enseignement philosophique et philanthropique passer à la moulinette de prétentions puériles !


Qu’importe, nos rituels nous ont prévenu ! La réalité est d’abord médiocrité ! Chercher, chercher, toujours chercher est notre seul viatique !


Plus de trois cents années d’existence ont montré, l’inanité de croire que nous pouvions collectivement réformer le monde mais pourtant nous sommes encore un certain nombre à être persuadé que notre idéal serait la solution pour apporter une harmonie et un bonheur de vivre dans la Paix.


Même si cette parole a toutes les chances de ne rencontrer aucun écho, elle mérite d’être susurrée pour être transmise à celles et ceux qui pourront l’entendre et aussi la transmettre. C’est une parole d’espoir qui correspond à notre espérance qu’Hiram n’est pas mort pour rien !

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 L'Idéal Maçonnique, Objectif Réflexion !

The Masonic Ideal, Objective Reflection !