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Quand une jeunesse déboulonne une figure de la IIIème République !



L’émotion suscitée par le meurtre de George Floyd a trouvé un exutoire à travers le déboulonnage voire la destruction des statues de personnages historiques considérées comme ayant cautionné le racisme et le colonialisme.


C’est ainsi que des statues d'Edward Colston, Churchill, Schoelcher, Faidherbe ou encore de Leopold II ont été déboulonnées ou dégradées. Reprenant une gestuelle, vieille comme le monde, (pour mémoire la colonne Vendôme fut détruite pendant la Commune de Paris) où des révolutionnaires veulent effacer les traces de « l’ancien monde », une jeunesse martiniquaise s’en prend aujourd'hui à une symbolique sculpturale de la IIIème République.


Le conseil de l’ordre du Grand Orient de France a cru bon condamner la mise à bas de deux statues de Victor Schoelcher à Fort de France le 22 mai 2020 (rappelons que c’est le 22 mai 1848, que la révolte des esclaves en Martinique obtenait leur liberté au terme de plusieurs jours de violentes émeutes)


« Cet acte de destruction doit nous interpeller sur la nécessité d’une pédagogie de cette période de la libération des esclaves dans les colonies françaises. Pédagogie qui permettrait, sans remettre en question le rôle des abolitionnistes, de mettre en lumière et de faire émerger par des symboles forts, le rôle des acteurs que l’histoire a jusqu’ici minoré. Ces hommes et ces femmes à qui on avait dénié toute humanité et qui par leur résistance incessante ont arraché leur liberté. Affirmer cela n'exonère en rien les auteurs de ce vandalisme du caractère inadmissible de leur acte. »


Ce communiqué par son ambiguïté montre bien que le malaise est réel ! L’anti-esclavagisme de Schoelcher apparaît aujourd’hui pour de nombreux martiniquais comme une caution morale à l’antiracisme noir et au colonialisme de la IIIème République.


Victor Schoelcher était un « blanc » qui avait une opinion « particulière » de l’abolition de l’esclavage : « Les nègres, sortis des mains de leurs maîtres avec l'ignorance et tous les vices de l'esclavage, ne seraient bons à rien, ni pour la société ni pour eux-mêmes » ; « je ne vois pas plus que personne la nécessité d'infecter la société active (déjà assez mauvaise) de plusieurs millions de brutes décorés du titre de citoyens, qui ne seraient en définitive qu'une vaste pépinière de mendiants et de prolétaires » ; « la seule chose dont on doive s'occuper aujourd'hui, c'est d'en tarir la source, en mettant fin à la traite ». (Dans un article de la Revue de Paris, intitulé « Des Noirs » - 1830)


Le conseil de l’ordre du GODF dans sa volonté de célébrer à chaque occasion la IIIème République se retrouve aujourd’hui avec un boulet idéologique qui contredit l’humanisme républicain qu’il entend défendre.


Il faut avoir le courage de considérer que l’histoire est une souffrance que l’on doit accepter ; vouloir valoriser des figures historiques c’est automatiquement accepter de laisser dans l’ombre des aspects plus contestables.


Bien qu’il y ait une tendance à vouloir nier la Modernité, celle-ci se manifeste aujourd’hui bruyamment à travers le mouvement “Black Lives Matter” !


On ne peut rester aveugle et sourd à cet appel ! Il faut en finir avec un racisme larvé qui mine la société occidentale ; cette dénonciation met bien sûr en cause ses propres « valeurs » et on comprend que cela passe mal dans certains esprits conservateurs !


La Franc-Maçonnerie n’a pas de « vaches sacrées » à défendre ! Elle se doit d’être impartiale, objective et critique sur le passé de certains de ses membres et d’obédiences qui n’ont pas toujours été fidèles à un idéal universaliste, antiraciste et humaniste !

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 L'Idéal Maçonnique, Objectif Réflexion !

Il faut sauver la franc-maçonnerie !