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Vient de paraître : Le dernier numéro des cahiers de l’Alliance consacré au sens de l’honneur !



Les Cahiers de l’Alliance, la revue d’études et recherche maçonniques de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, proposent, dans le numéro 6, un ensemble de textes sur le thème "Le sens de l’Honneur, une force d’âme qui oblige".


Rappelons que le rédacteur en chef de cette magnifique revue est Jean-Claude Tribout et que le directeur de la rédaction est Jean Dumonteil.


Jean-René Dalle, Grand Maître de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF), rappelle dans un avant-propos que « l’honneur n’est pas seulement une valeur morale. C’est une force d’âme qui oblige. L’honneur fait pleinement partie de la démarche spirituelle exigeante et généreuse que propose l’Alliance. »


Ce numéro reprend, pour l’essentiel, les contributions des intervenants de la 3ème édition des Dialogues de l’Alliance qui s’est déroulée le 23 novembre 2019 à Paris avec :

  • Deux interventions liminaires d’Alain Juillet (premier Grand Maître de la GL-AMF) et de Corinne Pelluchon (Professeure de philosophie)

  • Deux grands témoins : Jean-Claude Guillebaud, écrivain, et Christophe Calame, philosophe, membre de la Grande Loge suisse Alpina.

  • Un débat, animé par Jean Dumonteil, avec Alexandre Adler (journaliste spécialiste des relations internationales), Natacha Polony (rédactrice en chef de l’hebdomadaire Marianne) et Eric de Montgolfier (ancien procureur de la République).

Quelle audace de vouloir aborder ce thème de l’honneur pour des francs-maçons que la vindicte populaire taxe de tant de qualificatifs déshonorants : sectaires, mafieux, combinards, sans paroles, magouilleurs !


En quelque sorte, ne serait-ce pas à un travail de réhabilitation de la cause maçonnique que ces Dialogues de l’Alliance se sont attelés ?


Alain Juillet, dans son introduction, expose la problématique qui voit cette valeur traditionnelle dénigrée par nos contemporains. « C’est un fait, l’honneur n’est plus à la mode » écrit-il. Et il termine son propos par une citation de l’écrivain Guy Dupré (1925-2018) : « … je chercherai longtemps encore le secret de conduite qui permet de lier la douceur, sans quoi la vie est peu de choses, à l’honneur, sans quoi la vie n’est rien. ». Cette dernière citation, par le choix de l’auteur et par sa tonalité « fataliste » en dit long sur la difficulté d’aborder ce thème.


Corinne Pelluchon, en philosophe avertie, ne parle pas vraiment de franc-maçonnerie, mais on pourrait dire que son propos, avec habilité et discrétion, s’adresse "en creux" avant tout aux francs-maçons : avec courage et art du contrepied, elle semble nous dire, de ne pas nous intéresser à l’honneur mais de tout faire pour gagner en « considération » et elle termine en citant Etty Hillesum (1914-1943) : « …nous ne pourrons corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur, que nous n’ayons d’abord corrigé en nous ! ». Là aussi, le choix de cette citation du fait de la qualité de l’auteure et de sa fin terrible en dit beaucoup plus sur ce sujet de «l’honneur » !


La retranscription du débat, sous la baguette de Jean Dumonteil entre les cinq personnalités médiatiques que sont Natacha Polony, Corinne Pelluchon, Alexandre Adler, Eric de Montgolfier et Jean-Claude Guillebaud, témoigne de la difficulté à faire émerger un consensus sur cette « valeur » ! Avec tact et adresse, Jean Dumonteil conclura en faisant une citation de l’écrivain Shûsaku Endô (1923-1996) : « Le pêché n’est pas de voler ou de mentir, c’est, pour un homme, de marcher brutalement sur la vie d’un autre, insoucieux des blessures qu’il laisse derrière lui. ». Autre citation qui par le choix d’un auteur si tiraillé par de multiples influences donne un important éclairage sur le sujet.


Avec un titre légèrement pompeux, « La métaphysique de l’Honneur », Christophe Calame, philosophe et franc-maçon (de la Grande Loge suisse Alpina) revient sur terre et au vécu pour proposer de réduire l’honneur à cette formule qui ressemble à un « botter en touche » : «Pouvoir se reconnaître dans sa propre vie ! »


Francis Bardot, en sa qualité de membre du Suprême Conseil pour la France, avait la charge de traiter « Honneur, Vertu et Voie initiatique ». Dans une langue française fort bien écrite, l’auteur développe une démonstration que l’on pourrait résumer en trois points :

  • Un éloge de la vertu en partant d’une critique des « valeurs » de la société contemporaine et en puisant dans l’antiquité.

  • Un diagnostic de la problématique maçonnique et l’exposé des trois voies maçonniques habituelles,

  • La valorisation d’une quatrième voie qui ne définit pas « le monde d’en haut » et qui refuse l’idée que « l’homme est la seule mesure de l’homme ».

On comprend que l’honneur ne soit pas la préoccupation principale de Francis Bardot ; dans ce beau texte, qui peut étonner de la part d’un dignitaire d’un Suprême Conseil, on perçoit cependant une indéniable envie d’Amour !


Claude Beau, ancien Grand Maître de la GL-AMF, traite de l’histoire du serment maçonnique ; on regrettera l’absence de développement sur son intégration dans le rituel et le sens que l'on pourrait lui donner aujourd'hui.


Jean Dumonteil, dans un post-scriptum, propose une « Méditation sur l’Honneur » qui «balaie» toutes les entrées possibles en terminant sur une injonction : « L’honneur est inséparable de la fraternité, mais pas une fraternité de combine ! »


François Benhamou, universitaire géographe, membre de la GL-AMF, et fin connaisseur de la franc-maçonnerie lusophone, clôt cette édition des Cahiers de l’Alliance, par un très intéressant article illustré sur « La Lisbonne Initiatique ».


Pour revenir au sens de l’Honneur, il y a une notion qui irrigue les propos des contributeurs et qui aurait pu mériter un plus grand développement : c’est le lien entre Honneur et engagement ! C’est l’engagement qui donne la qualité d’honorable ! En ce qui concerne la franc-maçonnerie, l’engagement ne semble pas avoir un sens spécifique ! On se félicitera d’avoir des frères et des sœurs engagés dans la vie profane mais l’engagement maçonnique semble souvent se réduire à l’assiduité et au paiement des capitations : manifestement on n’est pas dans le même registre que les actes héroïques qui ont été cités, en particulier par Alexandre Adler.


Ne serait-il pas temps de montrer que l’engagement maçonnique, défini comme une spécificité du franc-maçon, peut avoir un sens ? ou faut-il se résigner d’en faire référence de façon « elliptique » ? Aurait-on oublier d'affirmer haut et fort que seul l'engagement pour notre idéal maçonnique peut nous rendre crédible et honorable ?


En conclusion, encore un numéro passionnant qui nous incite à des recherches et des réflexions !



Infos pratiques : Le numéro 6 de ces cahiers de l'Alliance sont à vendre 18 € -  On peut le commander directement sur le site de Numérilivre 

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Idéal Maçonnique

Quelques sœurs et frères de différentes obédiences et n'ayant comme unique motivation que celle de transmettre notre amour de la Franc-Maçonnerie dans une optique de pragmatisme et de modernité. Notre animateur, c'est Mateo Simoita, un franc-maçon du GODF qui a plus de 40 ans d'ancienneté maçonnique. C'est aussi notre signature commune.

Mateo Simoita
Responsable du site idealmaconnique.com

Médecin retraité ; initié en 1979 au Grand Orient de France.

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