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La peur dans la société humaine et dans le processus initiatique

December 26, 2018

 

 

Le vécu de la peur est inhérent au monde vivant.  Il s’agit avant tout d’un ressenti qui s’impose à la suite d’une expérience traumatisante vécue comme une agression. La mémorisation du traumatisme provoque une résurgence du ressenti  dès que les circonstances du vécu se rapprochent de celles de l’événement traumatisant.

 

Pour le nourrisson, les premières peurs sont liées à l’abandon possible de la mère nourricière puis d’autres circonstances apparaissent liées soit à des agressions physiques soit le plus souvent à des traumatismes psychologiques.

 

Au-delà de la peur ressentie suite à une expérience personnelle, il y a les peurs transmises par le vécu collectif du groupe social d’appartenance : famille, communauté, nation. Ces peurs communautaires sont véhiculées par des légendes, des contes et le récit de l’histoire du groupe social.

 

La peur affecte les individus mais elle peut aussi concerner les groupes humains : ce sont les mouvements paniques qui se développent lors d’une catastrophe (incendie, attentat, etc.) ou suite à la propagation d’une rumeur dans une foule.

 

Les peurs collectives se développent dans différentes circonstances :

  • Les conflits avec les voisins,

  • L’incapacité du groupe à assurer la cohésion sociale,

  • La remise en cause des équilibres intra-communautaires préexistants,

  • Les catastrophes naturelles (cataclysmes environnementaux, épidémies, etc.)

  • La peur de l’autre, et en particulier de l’étranger , accompagne toujours les changements sociétaux.

  • La déstabilisation de l’autorité collective : crises politiques, vacance du pouvoir, remises en cause de l’autorité.

 

La peur et ses conséquences

 

Les principales conséquences de la peur concernent aussi bien l’être humain que la collectivité :

  • Pour l’être humain : il s’agit avant tout de symptômes cliniques ; ils sont très polymorphes ; de l’anxiété à l’état de panique avec perte de la conscience en passant par des processus délirants, de l’abattement à l’hyperexcitation !  D’une façon générale, on dit que la peur développe un comportement paranoïaque.

  • Pour les groupes on observe aussi une grande variété de manifestations : de la fuite à l’agression de boucs émissaires, du suicide collectif à des actes irrationnels de destruction de symboles.

Les peurs expliquent de nombreux faits historiques sociétaux :  les guerres, les révolutions, les grands mouvements sociaux sont souvent apparus dans un contexte de peurs collectives sousjacentes .

 

 

Les réponses à la peur :

 

A titre individuel, la première réponse à la peur, c’est le besoin de sécurisation et de protection. Pour le nourrisson, ce besoin de sécurisation trouve une réponse dans la pensée symbolique qui apparaît vers l’âge de quelques mois. Le processus de la pensée symbolique va ensuite se développer et s’intégrer à la pensée humaine. Le recours aux symboles protecteurs constitue la première réponse à la peur.

 

La deuxième réponse à la peur est l’organisation communautaire : familiale, tribale, ethnique, religieuse, nationale.

 

Le premier objectif du groupe communautaire c’est d’assurer la prévention des peurs ; il le fait en instituant une organisation sociale. Dans le groupe tribal initial, celle-ci se base sur un rituel et une symbolique communautaire. Puis se greffe d’autres composantes : hiérarchie sociale, corps constitués spécifiques à la sécurisation, organisation religieuse et protection sociale.

 

L’histoire des sociétés humaines montre cependant que l’organisation communautaire n’est pas toujours suffisante pour assurer une protection contre les peurs collectives.

 

 

Le processus initiatique comme prévention de la peur

 

Selon les époques et le vécu des populations, les groupes humains ne sont pas toujours capables d’assurer le besoin de protection de toute la communauté. Certains sous-groupes peuvent ainsi être tentés de trouver d’autres réponses.

 

Par ailleurs, l’expérience existentielle montre que l’individu n’est jamais à l’abri des peurs. La mort est aussi une grande peur que l’être humain sait qu’il va devoir affronter. Des grands initiés ont marqué leurs communautés par leurs capacités à acquérir une distanciation avec leurs vécus ; ils se sont érigés en modèles et ont construit une logique initiatique visant entre autres choses à donner une assurance protectrice.

 

Les logiques initiatiques concernent aussi bien les grands courants religieux que les écoles ésotériques. On retrouve toujours trois éléments :

  • Le mythe fondateur,

  • Le rite,

  • Le rituel.

Sur le plan individuel, la démarche initiatique peut contribuer à une prévention des peurs ; cela suppose en particulier  une profonde adhésion à la démarche pratiquée.

 

Si à certaines époques, les logiques initiatiques ont pu favorisées des réponses aux peurs collectives, aujourd’hui, on ne peut que constater leur complète inefficacité voire leur discrédit. 

 

Cela favorisera-t-il l’émergence d’une réponse adaptée à notre modernité ?  L’avenir le dira !

 

 

En conclusion

 

La peur fait partie du vécu humain ; elle impacte aussi bien l’individu que le groupe social auquel il appartient.

 

Elle prend toute sa force dans les moments de fragilité soit individuelle soit collective.

 

Dans le domaine individuel, elle doit être prise en charge dans le cadre d’une thérapie.

 

Sur le plan collectif, il est du devoir des responsables de la collectivité d’apporter des réponses adaptées à l’époque et aux éléments responsables de l’inquiétude collective.

 

Dans ce début du XXIème siècle, les peurs collectives sont alimentées par plusieurs réalités :

  • La fragilité des grands états considérés comme les gendarmes du monde

  • La remise en cause des démocraties et du modèle républicain

  • L’avenir problématique de notre planète avec la surpopulation et la dégradation environnementale

  • Les mouvements migratoires

  • La mésentente internationale avec les nombreux conflits régionaux.

Ces peurs collectives favorisent les comportements de repli et d’exclusion eux-mêmes facteurs de déstabilisation sociale.

 

Il est regrettable de constater que ces phénomènes sont rarement pris en compte dans "l'art" de gouverner expliquant l'éruption de l'irrationnel dans un contexte apparemment banal.

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