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Quelle place pour les athées et les incroyants en Franc-Maçonnerie ?

January 11, 2019

 

L’athéisme se définit comme l’absence de croyance en une divinité ; la non-croyance concerne l’absence de conviction religieuse. Stricto-sensu, un athée pourrait très bien être animiste.

 

Athéisme et incroyance ne participent naturellement pas à la pensée agnostique qui, elle, ne se prononce pas et laisse planer un doute !

 

L’athéisme et la non croyance sont souvent l’objet d’incompréhensions qui peuvent déboucher sur des rejets et des violences. Cela est essentiellement du aux conflits sociaux du XIXème siècle, en particulier en France, qui ont opposé les cléricaux et les anti-cléricaux, parmi lesquels il y avait de nombreux athées et incroyants.

 

Quoiqu’il en soit, l’athéisme et la non-croyance sont des phénomènes de société qui s’affirment ! La dernière étude d’opinion, réalisée dans 57 pays,  qui date de 2012 et qui publie « The Global Religiosity and Atheism Index », a conclu que 23% des personnes interrogées se déclarent sans religion et que 13% se déclarent athées.

 

Aujourd’hui, dans la vie de tous les jours, les athées et les incroyants sont souvent obligés de taire leurs convictions ; c’est en particulier le cas dans les pays où les pouvoirs  politiques  et religieux imposent des règles d’observance des rites religieux.

 

Mais, même dans les pays occidentaux, où la liberté de conscience est apparemment reconnue, il ne fait pas bon s’affirmer athée ou non-croyant !

 

Il faudra sûrement du temps pour que notre liberté nous soit reconnue !

 

Il nous incombe, à nous athées et incroyants, d’expliquer, de rassurer et surtout de ne pas répondre à la violence par une autre violence, même verbale, qui au final exacerbe les antagonismes !

 

Les croyants sont libres de croire et ce n’est pas à nous de dénigrer leur foi !

 

Incroyance et spiritualité

 

On dit souvent que les non-croyants n’ont pas de spiritualité mais n’est-ce pas réduire la spiritualité à une référence déiste ? 

 

La spiritualité englobe toute réflexion sur le sens de la vie sur terre et à ce titre, elle est une recherche personnelle qui peut prendre différentes formes.

 

N’est-il pas envisageable de concevoir, comme Simone Veil nous y invite,  des relations pacifiées entre croyants et incroyants ?

 

Cela serait  possible si croyants et incroyants acceptaient de respecter des démarches spirituelles différentes de la leur !

 

Incroyance et initiation

 

L’initiation n’est pas facile à définir mais on pourrait schématiquement la caractériser à partir de deux approches différentes :

  • Initier pour approcher Dieu ou l’irrationnel

  • Initier pour se perfectionner et développer toutes ses potentialités !

Dans le vécu aujourd’hui de la plupart des loges, une troisième approche prime :  on doit bien constater que l’initiation se résume le plus souvent à une intégration dans une communauté de pensée et de relations fraternelles. Ce n'est pas si mal mais on peut "rester sur sa faim" !

 

Pour les non-croyants, l’initiation peut avoir un sens si on lui fixe comme objectif l’amélioration de l’être humain et des rapports sociaux pour essayer de réaliser une harmonie sur cette planète.

 

En loge, le problème se pose par rapport aux rituels existant. La plupart (pour ne pas dire tous) des rituels maçonniques ont été écrits au XIXème siècle dans la logique des landmarks de la Grande Loge Unie d’Angleterre et en particulier de celui qui impose la croyance en Dieu !

 

A  l’usage, une certaine tolérance s’est installée et la liberté de conscience permet dans certains rites de laisser chacun mettre le sens qu’il veut dans les mots prononcés.

 

Mais ne s’agit-il pas là d’une gymnastique de la pensée qui n’est pas dénuée d’une certaine hypocrisie ?

 

Voir des athées convaincus fréquenter les ateliers au-delà du 3ème degré au REAA, au RER ou au RF fait doucement sourire !  Bien sûr, on trouvera toujours une dialectique qui prouvera qu’un œuf n’est pas vraiment un œuf et que par certains côtés cela ressemble à une Maserati, mais comme dirait Audiard, faut quand même pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages !

 

La tolérance nous impose d’accepter !

 

Ne serait-il pas envisageable de créer un rituel maçonnique qui soit compatible aussi bien aux croyants qu’aux athées et incroyants ?

 

Ce nouveau rituel devrait répondre à un « cahier des charges » exigeant :

  • Un mythe fondateur pouvant être commun aux croyants et non-croyants,

  • Un rituel riche en symbolisme,

  • Une progressivité initiatique dans la perspective d’une amélioration personnelle et collective,

  • Une réelle authenticité par rapport au vécu, tel qu’on l’appréhende aujourd’hui.

 

En conclusion

 

Améliorer le dialogue entre croyants et incroyants, favoriser l’acceptation de démarches différentes, pourrait être une belle manière de montrer que le concept de la loge maçonnique sait s’adapter aux évolutions de la pensée humaine !

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