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Quand l’esprit des loges devient profane!

March 9, 2019

 

Dans toutes les obédiences, il arrive que des loges maçonniques quittent le mode initiatique pour fonctionner sur le mode profane d’un groupe fermé sur lui-même sans autre justification que sa pérennité !

 

C’est un processus qui peut s’analyser !

 

Bien qu’il soit dit et répété que les métaux doivent rester à la porte du temple, la loi du groupe profane est parfois plus forte que la revendication initiatique.

 

On parle souvent de la capacité des égos à transformer la dimension spirituelle de la loge pour en faire une caisse de résonance à l’autosatisfaction de quelques-uns !

 

En réalité, il n’y a pas que cela !

 

De nombreuses études ont été faites pour étudier le fonctionnement des groupes profanes et en particulier la problématique de leur cohésion.

 

On pourrait les résumer par un certain nombre de constats :

 

L’identité d’un groupe profane se définit par les normes sociales qu’il se donne ; on définit généralement deux types de normes sociales :

  • Les normes descriptives ( Un usage, une coutume, une habitude)

  • Et les normes prescriptives (les éléments valorisant que le groupe honorent : des règles, des valeurs, des jugements).

La cohésion du groupe profane se fonde essentiellement sur la conformité des membres du groupe aux règles sociales édictées par le groupe.

 

En se conformant aux règles sociales, on est considéré comme un bon membre ; si on déroge aux règles sociales on entre dans le processus de marginalisation qui conduit à une exclusion !

 

Le fonctionnement du groupe profane favorise le processus de conformité à ses règles sociales par deux mécanismes :

  • L’effet de la dés-individuation

  • Le processus de l’anonymat.

Le groupe profane favorise la dés-individuation en secrétant une forme d’auto-censure qui privilégie toute intervention valorisant la cohésion du groupe.

 

Le processus de l’anonymat gomme toute la dimension personnelle complexe des membres du groupe : on se côtoie mais on ne se connaît pas ; on pourrait même dire qu’on ne veut pas se connaître ! L’anonymat dépersonnalise les individus et impose une formatisation de l’expression de l’individu sur les critères des normes sociales.

 

Dans les grands groupes profanes, la dés-individuation et l’anonymat favorisent les passages à l’acte dans des situations exceptionnelles où le groupe manifeste son identité collective ; cela se retrouve aussi dans les groupes de plus petite taille, en particulier quand le groupe ostracise un de ses membres pour favoriser son exclusion.

 

La loge maçonnique a la volonté de se démarquer du groupe profane en instituant trois règles fondamentales :

  • Le refus de prendre en compte les éléments passionnels et les normes sociales profanes,

  • La volonté d’imposer une fraternité aux membres du groupe

  • La valorisation du cheminement personnel initiatique.

Ces trois règles fondamentales sont très exigeantes et nécessitent pour s’y conformer que le groupe soit capable d’analyser son propre mode de fonctionnement. Cette fonction en loge est dévolue au frère orateur (ou à la sœur oratrice) mais aussi plus largement au collège des officiers.

 

On peut comprendre que les évolutions se font progressivement, par petites touches. L’histoire de la loge et les faits historiques marquant sont des éléments qui sont à la frontière du profane et de l’initiatique. Il est souvent tentant de créer une norme sociale profane à partir d’une valorisation d’un de ses anciens membres.

 

C’est ainsi que progressivement une loge quitte le fonctionnement initiatique pour se cantonner à un fonctionnement profane.

 

Et cela peut très bien fonctionner longtemps comme cela.

 

Les  structures obédientielles ne se préoccupent du fonctionnement des loges que lorsque il y a du « grabuge » ; mais le fonctionnement profane d’une loge peut très bien ne créer aucun problème à l’obédience !

 

Jusqu’au jour où le fonctionnement profane crée par lui-même une désagrégation du groupe en rentrant dans le processus diviseur des clans.

 

Peut-on prévenir le dysfonctionnement initiatique d’une loge ?

 

Cela supposerait qu’au sein de la loge, des esprits sages soient conscients de la dérive et souhaitent ardemment la corriger !  Cela peut correspondre à un changement d’équipe ! Mais le plus souvent le changement d’équipe du collège des officiers n’est que formel il est difficile de bouleverser les normes sociales que le groupe s’est donné.

 

Mais ce n’est pas impossible.

 

L’importance de ce phénomène de transfert du mode de fonctionnement de la loge du versant initiatique vers le versant profane justifierait que la structure obédientielle se préoccupe du phénomène et sollicite ses « grands sages » pour trouver des solutions.

 

Informer les jeunes maîtres et maîtresses serait déjà important car il est clair que cette dérive est facilitée par le « ronronnement » de la gérontocratie des loges 

!

Faciliter la création de structures maçonniques en dehors des loges pourrait faciliter la prise de conscience que le caractère initiatique d’une loge doit être préservé.

 

Aujourd’hui, de nombreux sœurs et frères souffrent de cet état de fait ; certains en arrivent à démissionner, écœurés qu’ils sont de vivre dans une médiocrité profane alors qu’ils recherchaient une certaine transcendance !

 

Espérons que ce phénomène n’en vienne pas à dénaturer l’engagement maçonnique !

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