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Deux colonnes à construire : Autorité et Cohésion !

April 12, 2019

 

La franc-maçonnerie anglaise s’est construite sur un fond de guerre civile liée à l’incapacité de la République de Cromwell de rétablir la paix. La principale motivation des initiateurs de la Grande Loge Unie d’Angleterre était d’abord sociale, ce que certains aujourd’hui oublient.

 

Sa prétention à vouloir réaliser une mixité sociale, entre confréries, bourgeois et aristocrates, pour recréer des relations sociales apaisées, dans une atmosphère rituélique, a indéniablement constitué une avancée qui a trouvé un énorme écho dans toute l’Europe et en Amérique. 

 

Malheureusement les dissensions internes obédientielles ont fait dériver les louables intentions vers une logique de pôle d’influence.

 

Quand le Rite Ecossais Ancien et Accepté a été créé, on a pensé que Ordo Ab chao suffirait : il n'en a rien été ! Les suprêmes conseils du REAA se sont révélés aussi conflictuels !

 

La franc-maçonnerie en est restée toujours au stade d’idéal !

 

Pourtant, aujourd’hui encore, ce mythe d’une société fraternelle et universelle, continue à inspirer des milliers de franc-maçon(ne)s de par le Monde !

 

Ce besoin de fraternité n’est pas spécifique aux francs-maçon(ne)s ! Que nous soyons franc-maçon(ne), citoyen(ne), croyant(e) ou non, du Nord ou du Sud, pour peu que nous nous intéressons à l’autre, tous nous revendiquons de bien vivre ensemble.

 

Les états, les religions, les mouvements politiques, les philosophies prônent la Paix mais les conflits n’arrêtent pas de surgir et d’imposer leurs logiques.  Les conflits d’intérêts de toutes sortes dégénèrent en conflits armés régionaux ou internationaux. Les sociétés se déchirent au point que des solutions sectaires, xénophobes et racistes redeviennent crédibles pour de nombreux citoyens.

 

Malgré les progrès obtenus sur les conditions de vie, chaque société humaine est à la merci d’oppositions, de violences, d’accusations et toujours d’incompréhensions. Les règles du jeu du « Vivre ensemble » sont vite oubliées pour laisser la démagogie, le simplisme et la désinformation alimenter les déchirements.

 

Les raisons invoquées sont multiples : en particulier les injustices économiques, les convictions politiques, la conquête du pouvoir, les croyances religieuses, les attachements communautaires.  Tout se passe comme si les différents leaders instrumentaient les relations conflictuelles pour engager l’épreuve de force ; de ce fait l’indispensable dialogue disparaît.

 

Les loges elles-mêmes, alors que toute leur philosophie est tournée vers le respect, le travail et la recherche de la perfection, ne sont pas à l’abri ; dans le meilleur des cas, c’est la soumission à l’autorité ou le consensus mou qui donnent une apparence de tranquillité.

 

Mais dès que la passion enfle, c’est l’exclusion, la sécession ou la fragmentation qui s’imposent. Nous devenons incapables de gérer des opinions différentes autrement que par l’épreuve  de force !

 

Le silence, les positions convenues, le repli sur soi et la pratique du rituel de façon mécaniste, sans parler de l’auto-persuasion, peuvent donner l’illusion mais en réalité la liberté, l’égalité et la fraternité restent pour une grande part des vœux pieux !

 

Faut-il pour cela se décourager et désespérer ? Nous ne le pensons pas !

 

Comme le dit Nicolas Boileau à propos de l’art poétique :

 

Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.

Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,

Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,

Polissez-le sans cesse, et le repolissez,

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

 

Y aurait-il une explication qui donne à comprendre cette incapacité des sociétés humaines à réaliser un vivre ensemble harmonieux ?

 

Il pourrait être prétentieux que de le prétendre mais permettez-nous de tenter dans proposer une.

 

Quelque soit le groupe humain, les deux piliers de toute organisation réussie se retrouvent dans deux entités:

  • une autorité reconnue,

  • et une cohésion assurée.

Si ces deux conditions ne sont pas réunies, tôt ou tard, de simples divergences de points de vue dégénéreront en conflits fratricides.

 

Dans les démocraties, le choix de la personne qui doit incarner l’autorité est dévolue au vote ; ce mode de sélection a fait la preuve de son incapacité à mettre en situation de responsabilité une autorité reconnue et respectée.  

 

Le fonctionnement des sociétés repose aujourd’hui presqu’exclusivement sur les choix d’experts qui fonctionnent en vase clos.

 

Le vivre ensemble ne pourra être une réalité que si ces deux inconvénients majeurs soient corrigés.

 

Les solutions ne seront trouvées que si les forces vives des sociétés sont impliquées dans la réflexion collective.

 

En Franc-Maçonnerie, on retrouve les deux conditions évoquées précédemment :

  • L’autorité reconnue et respectée est indispensable au bon fonctionnement d’une loge ou d’une obédience ;

  • La cohésion active doit se conjuguer avec la capacité de se parler et de se respecter.

Lorsque ces conditions sont réunies, le travail maçonnique est efficace et le vrai égrégore peut être vécu.

 

Malheureusement, des signaux inquiétants aussi bien au niveau des loges (communautarisme voire clanisme,  multiplication des loges pour des problèmes d’ego, désincarnation des loges par conformisme)  que des obédiences (juridisme pointilleux, dissensions entre conseillers de l’ordre, irresponsabilité, compétition interobédientielle, conflits d’intérêts) montrent que chez nous aussi le « vivre ensemble » est souvent très conflictuel.

 

Pour les franc-maçon(ne)s de « base », voir un monde agité, un ordre maçonnique désorganisé, l’absence d’autorités jouant réellement leurs rôles et des cohésions fragilisées nous plongent dans l’inquiétude.

  • Le désordre humain est il une fatalité ?

  • Les futures générations sont elles destinées à succomber à l’auto destruction ?

  • La promotion d’une réelle fraternité n’est-elle qu’une velléité que l’on proclame sans vraiment en faire un engagement ?

Cette inquiétude ne doit pas nous décourager !

 

La responsabilité des francs-maçons est de pouvoir montrer que leur engagement n’est pas un vain mot.

 

On ne peut se satisfaire de voir l’incapacité des obédiences maçonniques à prendre la mesure des obligations qui leurs incombent.

 

Nous sommes persuadés que ce qui n’a pas été fait hier, pourrait se réaliser demain ; il y a dans les obédiences et les conseils de l’ordre suffisamment de femmes et d’hommes de talents pour espérer qu’ils prennent leurs responsabilités pour réaliser une rénovation indispensable à la crédibilité de notre ordre et à son fonctionnement en conformité avec nos valeurs.

  • Que les grandes obédiences se rassemblent !

  • Que les exigences d’un fonctionnement intègre, compétent et sérieux soient prises en compte pour réaliser les indispensables réformes !

  • Que les loges fonctionnent sur le principe de la Fraternité et de la Bienveillance !

  • Que la cordonite soit impossible !

  • Que les Hauts Grades n’interfèrent pas avec les obédiences.

Aujourd’hui de nombreuses sœurs et frères, impliqués dans la vie de leurs obédiences, conscients des réalités, se taisent, compatissent, se résignent !

 

Espérons que demain, ils oseront !

 

Cela nécessite sûrement de l’audace et une grande volonté, mais l’engagement maçonnique ne peut se résumer à une velléité qui ne saurait faire que de beaux discours. L’engament mérite d’être vécu !

 

Peut-être que ce faisant nous aiderons vraiment le monde à trouver une harmonie qui fait tant défaut.

 

Jusqu’au XXème siècle on espérait que les progrès scientifiques, économiques et éducationnels permettraient l’émergence d’une saine entropie ; aujourd’hui, au XXIème on s’aperçoit qu’il n’en a rien été et qu’en plus la folie humaine met dangereusement en jeu le déclin précoce de notre planète !

 

Nous n’avons plus le droit à l’erreur !

 

Le peu de chances qu’il reste pour permettre un « vivre ensemble » de paix exige que celles et ceux qui assument des responsabilités soient à la hauteur de leurs tâches !

 

Authentiques, Honnêtes, Compétents, Bienveillants et Responsables !

 

Dans le cas contraire la malédiction de la maxime du grade de perfection :

« Malheur à celui qui accepte une responsabilité qu’il est incapable d’assumer ! »

s’appliquera, non seulement pour lui (ou elle) mais pour toute l’humanité !

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