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La légende d'Hiram, origine du schisme des hauts grades ?

August 2, 2019

 

Dans toutes les civilisations, des légendes ont été créées pour donner un sens, une raison de vie, une compréhension des grandes interrogations existentielles.

 

Dans chaque civilisation, le choc des conflits a aussi été le choc des légendes !  Pendant plusieurs centaines de milliers d’années d’existence, l’homo sapiens et ses descendants considérèrent; époque après époque, que les légendes étaient la Vérité ; que de Vérités qui ont donné lieu à des procès !

 

Et aujourd’hui encore, il existe des communautés qui considèrent que la terre est plate, qu’un nouveau Messie va apparaître et plein d’autres choses … qui font parfois rire mais qui peuvent aussi inquiéter car les dénis sont si faciles !

 

Le progrès scientifique et la recherche historique permettent de replacer les légendes dans l’histoire des croyances de chaque civilisation. Ainsi, pour comprendre une légende, est-il nécessaire de la situer dans son contexte, de la confronter à d’autres légendes concurrentes, de comprendre comment elle a été instrumentée et par qui, au profit de qui.

 

La légende d’Hiram est relativement simple ; rappelons-la :
 

Hiram, avec la fonction de chef de chantier (certains disent architecte) dirige une équipe d’ouvriers choisis pour construire le Temple de Salomon, c’est-à-dire la demeure de Dieu sur terre. Ce projet architectural est énorme et doit être parfait aussi bien sur le plan de la réalisation que sur le contenu ésotérique qu’il doit satisfaire.

La fonction de chef de chantier d’un tel projet confère à Hiram une dimension exceptionnelle ; on lui reconnaît un Savoir, des Connaissances, des Pouvoirs.

 

Trois compagnons du chantier se liguent pour concevoir le projet de soutirer à Maître Hiram, le secret qui, selon eux, lui permet d’être aussi puissant.

 

Un soir, ils le contraignent et exigent de lui la délivrance du secret ; Hiram, réussit à s’échapper des coups des deux premiers mais meurt sous le coup de maillet mortel du dernier compagnon.  Les trois compagnons prendront la dépouille d’Hiram pour l’enterrer sommairement et planteront une branche d’acacia sur la sépulture avant de s’enfuir, on ne les retrouvera jamais.

Après avoir pris connaissance de sa disparition, les autres compagnons partirent à la recherche d’Hiram et découvrirent le lieu de sépulture.

 

Pour continuer l’œuvre d’Hiram, ils convinrent que les compagnons ayant découvert le corps d’Hiram devenaient maîtres en utilisant un mot sacré substitué et les cinq points de la maîtrise avec la dépouille de maître Hiram.

 

Ce faisant les nouveaux maîtres pouvaient continuer le chantier de construction du Temple de Salomon. Avec cette légende, ils assuraient la continuité de l’œuvre en permettant l’élévation de nouveaux maîtres.

 

Cette légende contenait aussi un autre sens : si la Bible, évoquait l’existence de l’architecte Hiram, celui-ci n’était pas reconnu dans une dimension ésotérique. La légende en l’instituant Architecte du Temple de Salomon lui donne cette dimension ésotérique qui de facto assimile Hiram à Jésus-Christ.

 

Mais alors que la Bible dans son nouveau testament met en scène la résurrection de Jésus-Christ, tout se passe comme si la légende d’Hiram prenait à son compte la vision hébraïque d’un messie en attente.

 

Le compagnon qui postule à la nouvelle maîtrise est potentiellement le futur Messie qui pourra réellement achever le Temple de Salomon et assurer la venue de Dieu sur terre.

 

Malheureusement, jusqu’à ce jour, tous les nouveaux maîtres se sont révélés des pauvres humains sans dimension mystique. Nous n’arrêtons pas de gémir mais nous espérons que le prochain sera le bon !

 

A la source du schisme du REAA
 

Ce contenu légendaire n’a naturellement pas plu à l’église de Rome car on y trouvait une contestation fondamentale de la nature de Jésus-Christ.

 

Mais ce contenu légendaire n’a également pas plu à un certain nombre de francs-maçons qui souhaitaient voir pacifier les relations avec l’église romaine. Et c’est ainsi que fut créé le Rite Ecossais Ancien et Accepté qui permit d’oublier Hiram et de replacer le parcours de l’initié dans les pas d’un Jésus-Christ sublimé.

 

Le rite Ecossais Ancien et Accepté institue de nouvelles légendes qui tout en se greffant sur la légende d’Hiram invente une suite et imagine d’autres situations plus ou moins romanesques.

 

Historiquement, l’invention du REAA pourrait être considérée comme le grand schisme de l’idéologie maçonnique qui explique combien, aujourd’hui encore, la franc-maçonnerie est profondément divisée même si de nombreux maçons en restent à la dimension fraternelle sans essayer d’en comprendre le contenu ésotérique.

 

Il est clair qu’en 2019, ces légendes, que ce soit la légende d’Hiram ou celles des différents degrés du REAA n’ont plus beaucoup d’intérêt sauf à leur faire dire ce qu’elles ne disent pas !

 

Elles restent un cadre, un prétexte à imaginer des concepts, une scénographie possible ! Mais ce n'est pas inintéressant de comprendre l'histoire et les divisions qui s'opérèrent.

 

Tout cela permet de revenir à l'essentiel et d’essayer de trouver une raison d’être ensemble dans des relations pacifiées et fraternelles avec des compagnonnes et compagnons de qualité.

 

Tout cela permet aussi de comprendre que les hauts grades sont une déviance de la démarche maçonnique qui a été profondément nocive et perverse : divisions, pseudo élitisme, mode de sélection pseudo hiérarchique, clanisme, imposture intellectuelle obligeant à des contorsions hypocrites, sans parler des conflits "mercantiles" entre le suprême conseil et les obédiences ; au total, une vraie machine à perdre !

 

Commentaire reçu :

 

- Je n'ai pas une appétence particulière pour le REAA et ses 33 degrés. Son succès 'universel' est sans doute lié aux vanités qu'il flatte. Mais les autres rituels RF, RER, ... ont aussi des hauts grades. 'Trahissent' -ils la maçonnerie ? Pervertissent-ils aussi la légende d'Hiram, seule véritable 'invention' de la maçonnerie, à mon avis, au sens de Dachez ? Je ne le crois pas. Il n'y a pas de compétition avec la personne du Christ. Clément XII a condamné la maçonnerie qu'il ne connaissait pas et sans doute pas la légende, parce qu'il y voyait une émanation du protestantisme, d'après de nombreux historiens. On peut plutôt y voir une volonté de l'hégémonie de l'église sur le spirituel, mise à mal par le protestantisme, puis par toute manifestation de formes de spiritualités émancipées. Fraternellement; Yvon

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