L'essentiel et l'accessoire dans la démarche maçonnique
- Matéo Simoita
- 17 sept. 2025
- 4 min de lecture

La démarche maçonnique se vit avec deux composantes principales :
Le travail personnel fondé sur des lectures et une introspection pour approfondir les connaissances personnelles,
La vie du groupe maçonnique dans lequel on se trouve : la loge, l'obédience, les associations maçonniques, les fraternelles, etc.
L'essentiel, c'est le travail personnel. Cela prend beaucoup de temps, cela demande beaucoup d'humilité mais c'est ce qui nous permet de progresser sur la voie de la Sagesse aussi bien en loge qu'en dehors des loges !
La vie du groupe maçonnique est indispensable pour vivre le rituel ; en dehors de cela, elle n'est pas désagréable ; on y vit des bons moments de convivialité ; on y rencontre aussi des personnages plus ou moins sérieux, mais cela reste globalement assez superficiel.
La vraie difficulté c'est d'être capable de prendre du recul sur les différentes perversions que l'on peut rencontrer :
Des réunions pour ne rien faire si ce n'est de bavarder ;
La spirale dangereuse des structures technocratiques qui fonctionnent pour elles-mêmes,
Le jeu pervers de l'occupation des postes à responsabilité,
La soumission automatique à une autorité qui fait perdre la liberté de penser.
La capacité à maîtriser les émotions et à ne pas tomber dans le piège de la spontanéité.

Tout cela n'est pas facile.
L'essentiel de la franc-maçonnerie se vit dans une loge dite bleue car elle se limite aux trois premiers degrés. Ailleurs, c'est accessoire et ce n'est plus vraiment maçonnique, c'est autre chose !
Le drame de la franc-maçonnerie c'est l'échec de la vie obédientielle. L'obédience, c'est un carcan plus ou moins coercitif qui détourne la réflexion vers la Sagesse pour ne s’intéresser qu’à la problématique du paraître !
Sur le plan organisationnel on aurait pu penser qu'une obédience pouvait être utile pour mettre en synergie le travail des loges et permettre l'expression d'une autorité morale. L'histoire de la franc-maçonnerie montre que c'est un leurre.
L'obédience est d'abord faite pour être un lieu de pouvoir ! Quand on étudie les règlements généraux on prend conscience qu'ils sont écrits pour interdire la liberté de penser et d'expression.
Alors bien sûr , il y a des variations selon l'intelligence de celles et ceux qui les dirigent et surtout leurs capacités à ne pas rentrer dans ce qu'on appelle "la raison d'état". A vrai dire c'est exceptionnel. La plupart sont liés à des conflits d'intérêts qui annihilent leurs intelligences.

La stalinisation des obédiences
C'est un processus qui d'une certaine manière aboutit à une désagrégation de l'esprit de bienveillance propre à la démarche maçonnique pour succomber dans la méfiance et la répression des apparatchiks ! Toutes les obédiences n'y succombent pas !
1. Au début cela commence par une confiance en berne
La confiance est le ciment de toute organisation associative.
Quand la transparence est absente et que l’accès à l’information est bloqué, les membres n’ont aucun moyen de vérifier la cohérence entre les valeurs proclamées et les pratiques réelles.
Cette opacité entraîne suspicion, rumeurs, divisions internes et perte de crédibilité externe.
2. Risque de dérives autoritaires sous prétexte de protéger l’obédience
Le monopole de l’information favorise la concentration du pouvoir dans les mains de quelques-uns.
Les dirigeants peuvent imposer leurs décisions sans contrôle démocratique.
Progressivement, l’association risque de glisser vers un fonctionnement sectaire, où la parole des membres est réduite, voire interdite.
3. Ensuite apparaissent les manipulations et le recours au chantage
Si les membres ne peuvent pas communiquer librement, ils ne peuvent pas confronter leurs expériences ni détecter d’éventuelles incohérences.
Cela ouvre la porte à des manipulations psychologiques (culpabilisation, mise à l’écart, pression morale).
Les informations peuvent être filtrées ou déformées pour servir des intérêts particuliers.
4. S'en suit l'apparition d'une pauvreté intellectuelle et spirituelle
Dans une structure initiatique ou philosophique, l’échange des idées et des expériences est essentiel.
En interdisant la circulation d’informations, on empêche l’enrichissement mutuel, l’ouverture et le progrès des membres.
L’association se fige dans un dogmatisme qui trahit l’idéal de recherche de vérité.
5. Et puis c'est la perte de légitimité externe
Une association opaque inspire la méfiance des partenaires, institutions et autorités.
Elle peut être soupçonnée de dissimuler des pratiques illégales, de l’enrichissement personnel ou des intentions politiques cachées.
Ce manque de transparence met en danger la réputation collective et l’avenir même de l’organisation.
6. Les conséquences psychologiques sur les membres entraînent :
l'isolement : l’interdiction de communiquer crée un sentiment de solitude et de dépendance au groupe.
la peur de trahir : la menace implicite ou explicite d’une sanction empêche d’exprimer ses doutes.
la perte d’autonomie : le membre s’habitue à obéir sans questionner.
Conclusion : Le risque de la perte de sens !
Pour conserver le pouvoir, un groupe peut être tenté d’avoir recours à des procédures opaques. Une association qui refuse la transparence et interdit la circulation d’informations trahit ses finalités éducatives, fraternelles ou spirituelles.
Elle court le risque de devenir un lieu de pouvoir arbitraire, de manipulation, et de destruction de la confiance.
Est ce possible de résister et de rétablir un fonctionnement bienveillant et spirituellement inspiré ?
Une gouvernance claire, des règles partagées et la libre circulation des savoirs permettent de renforcer la cohésion, la légitimité et la richesse de la vie associative.




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