top of page

Review Masonic Ideal N°2 - March 2026

Dernière mise à jour : il y a 17 heures


Les principaux articles du numéro 2 de la revue Idéal Maçonnique :


Les principaux problèmes environnementaux en Amérique latine

Qui fait quoi, en matière de sauvegarde de la planète ?

Un ressenti maçonnique de l'écospiritualité par Gaël de Kerret

Le delta lumineux par Eric Rémy




Un ressenti maçonnique de l’écospiritualité

Gaël de Kerret

 

Mon intitulé de travail parle de ressenti. En effet la Franc-maçonnerie ne saurait édicter de normes qui dépossèderaient le Frère d’expérimenter par lui-même un cheminement initiatique personnel. Constatant petit à petit lors de ce cheminement, un élargissement du regard si ce n’est du cœur, il en vient tout naturellement à se solidariser en plénitude au monde du Vivant.

 

La nature est faite image de notre psychisme.

 

Depuis l’aube des temps, le monde végétal et animal est investi par l’homme de symboliques qui entérinent le respect du monde vivant. Toute l’histoire en témoigne : les puissants s’approprient l’image d’un animal censé incarner une potentialité ... un aigle, un taureau, une tortue, un tigre etc. Le cherchant – fût-il maçonnique – projette sur tel animal ou tel végétal une qualité qui lui manque censée le faire progresser ou accompagner son travail : un épi de blé, une plume, un chien, un serpent ... que sais-je ...  Les contes de fées ou les rêves de nos nuits, parce que s’y trouve dessinée une pédagogie humaine, sont véhicules de transformation personnelle pour une meilleure compréhension de soi-même. Il serait alors bon d’amplifier davantage la force psychique de ce que représente ces symboles désignant au-delà d’eux, des archétypes c’est-à-dire des principes formateurs de l’Univers. Il y a aussi dans la Bible une particulière communauté de destin entre l’homme et l’animal qui y sont nommés tout ensemble les « vivants ». Cette union se voit quand Noé sauve des eaux un couple de chaque espèce vivante et à l’inverse, - écoutez- quand les corbeaux nourrissent Elie[1] et que les animaux poussent Job à reconnaitre le Créateur.

 

Ces deux dernières images qui sont un renversement étonnant sont utiles à méditer pour une pensée écologique. Cet aller-retour entre l’homme et la nature est donc un courant fort ancien et beaucoup plus ancien que celui du naturalisme que nous allons voir maintenant.

 

La nature est aussi un objet d’études

Dès la Renaissance puis amplifié à l’époque baroque, du côté de l’Europe et des Amériques, le métier de botaniste et naturaliste fait flores. Les voyageurs botanistes sont missionnés par le roi de France, missionnés et hébergés aux frais de celui-ci. Ils y découvrent de nouvelles espèces qu’ils doivent envoyer dans les pépinières et jardins royaux sous peine d’emprisonnement. Le fameux Lapérouse se noie lors d’un de ses voyages mais on organisera pendant une dizaine d’années de coûteuses expéditions pour récupérer les plantes trouvées qui seraient restées intactes quelque part. On en trouvera quelques-unes d’ailleurs autour du bateau « L’astrolabe ».

Les découvertes des espèces végétales et animales en tant que constructions autonomes sont remarquables : on saura très bien en faire une médecine, les mettre en case, les empailler ou on en garnira les extraordinaires cabinets de curiosités qui pullulent dans toute l’Europe dès la Renaissance. Au 18ème siècle et jusqu’à maintenant la nature n’est pas un sujet, elle est un objet. La nature est découpée en représentations du point de vue d’un individu qui se tient à distance d’elle pour l’admirer ou l’administrer. Quand on fait un jardin à la française, à l’anglaise ou à l’italienne, la nature y a été civilisée sous les auspices de l’image d’un paradis potentiel.

Descartes tente d’expliquer le monde entier et ses effets particuliers, comme le ferait un horloger. « Il faut, dis-je, il faut ouvrir la boîte pour voir dedans la montre, il faut ouvrir les corps naturels, les disséquer, en faire l’anatomie et c’est à quoi on s’est appliqué en ces derniers temps, d’une manière que n’avaient pas fait les anciens ».

Petit à petit, l’ombre de cet éclairage devient prégnante, cette posture se mua en certitude et aboutit au scientisme de Laplace au 19ème siècle. Il me plait de répéter la sentence de ce qu’en termes jungiens l’on nomme inflation, consacrant la suite malheureuse de cette conception du scientisme chez Marcelin Berthelot : « Le monde est aujourd’hui sans mystère... En tout cas l’univers matériel entier est revendiqué par la science, et personne n’ose plus résister face à cette revendication. La notion du miracle et du surnaturel s’est évanouie... »[2]

Depuis ces siècles, l’humanité ne prend plus en compte l’existence du monde animal ou végétal, les traitant selon ses besoins propres. Plutôt qu’un biocentrisme plus adéquat, on y préfère un anthropocentrisme. Ce mot sous-entend que l’homme s’y définit comme le centre d’un cercle et considère ce qui l’environne avec sa solitude de « centré », ce qui l’entoure étant en quelque sorte périphérique. Le mot même d’environnement sous-entend pour moi cette même dualité entre l’homme et ce qui l’environne et heureusement, on a pu diversifier la notion comme on va pouvoir le constater.

 

Bref, dans cette posture, l’homme décide avec tous ses déterminismes de ce qu’il est bon de faire en la matière sans prendre en compte le reste du Vivant. Il suffit de lire l’encyclique « Laudate deum » qui fait suite à « Laudato si’ » pour voir combien l’Église est consciente, selon ses propres mots, des causes anthropiques et technocratiques du changement climatique.

La nature est-elle un objet ou un sujet ?

On a certes bien avancé au 20ème siècle : précédé par Heackel, Steiner et un remarquable Goethe -je cite « le botaniste doit s’abstenir de tout jugement en étudiant une plante, il doit examiner ce qui est et pas ce qui plaît », un courant de pensée est apparu qui expérimente que la nature est mieux qu’un objet. Comme le confirme le prêtre et économiste Serge Boulgakov, on constate que « la nature se génère et se régénère. En tant qu’être vivant doté d’une histoire et d’une identité en transformation permanente, elle s’invente elle-même, évoluant vers des niveaux de conscience de plus en plus élevés…comme un être vivant et non pas comme une chose ».[3] C’est ce combat qui a cours dans nos décennies et j’invite chacun à une vérification personnelle pour savoir son propre rapport à la nature. Est-ce que j’en fais un objet ou un sujet ? Bien sûr, en faire un sujet implique son respect – ce qui, soit dit en passant, pose la question de la personnalité juridique de la nature – ; en faire un objet permet en revanche d’imperméabiliser les sols et ainsi supprimer tous les rhizomorphes, annuler les ZFE[4], arracher toute terre et végétation parce que – a priori – la nature ne réclamera pas ce qui lui est dû, puisqu’elle est un objet. Pourtant on sait maintenant que chaque création de la nature tient sa vitalité d’une autre création et si elle vient à manquer, le processus est arrêté. Or nous faisons partie de ce processus selon la théorie des dominos.

Si on est d’accord pour que chacun ait des droits en matière d’eau ou d’air par exemple, en retour, un rituel Franc-maçon écrit : « Fais aux autres le bien que tu voudrais qu’ils te fassent » : il en découle que ces droits deviennent alors des devoirs surtout quand on regarde les générations futures[5]. Car pourquoi aurais-je des droits à l’ai ou à l’eau que mes enfants n’auront jamais parce que je les aurai tous épuisés ? Que se passe-t-il là ? Puisqu’aucun argument raisonnable n’est efficace en la matière, ne devrions-nous pas nous pencher sur les causes émotionnelles et psychologiques qui génèrent ce déni d’évidence ?[6] L’homme s’aime-t-il si peu qu’il en vienne à maltraiter son lieu de vie ? Ce qui se cache là, c’est le constat que notre manière de considérer le monde ne peut se faire sans la variable psychologique qui induit une posture en toute subjectivité inconsciente. Sinon on n’agirait pas ainsi. Mon travail d’interprètes de rêves peut en témoigner. Je ne développerai pas le sujet, mais hormis le massacre de la terre-mère qui ne manque pas d’ambiguïté psychologique, on pourrait aussi se poser une question surprenante dans ce domaine d’un comportement tenue par certains niant l’existence de la mort, se pensant si peu mortels qu’ils se permettent du coup toute imprudence envers leur lieu de vie, a fortiori, oblitérant les générations futures.

 En tout état de causes, et c’est ce qui nous intéresse : la terre n’attend plus, elle veut maintenant faire reconnaitre à l’homme le destin commun qu’ils ont ensemble.

Au-delà d’une écologie tout-à-fait légitime du colibri que je pratique moi-même, apparait une sagesse plus universelle qui commence à se faire entendre. Peut-être arriverons-nous à parler comme le chef indien Sealth retranscrit plus tard par le docteur Smith, dans son discours de 1854 au gouverneur Isaac Stevens : « Les rivières sont nos frères, elles étanchent notre soif. Les rivières portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez désormais vous rappeler, et l’enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos frères et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour un frère ».[7]

Mes amis, cette fois-ci, la nature est devenue un sujet.

 

Pouvons-nous nous passer des soubassements métaphysiques de l’écologie ?

 

Ce qui monte des études actuelles sur notre relation à la nature, c’est que celle-ci est un partenaire dont on tient avec reconnaissance infinie notre propre vie. La fameuse biodiversité est à regarder sous cette nécessité. On ne doit pas protéger telle ou telle espèce parce que c’est joli ou esthétique, mais parce que rien n’existant de manière isolée dans le monde animal et végétal, nous-mêmes ne pourrons vivre sans ces intrications végétales et animales. Nous faisons simplement partie de ces interrelations, les exposés de ce matin en ont témoigné.

Tout vivant a certes une forme et un statut spécifique et indépendant et pourtant, il est en même temps lié au reste du Vivant. L’écologie est ce dialogue dans le cadre d’une inter-indépendance.

 

Les Grecs et particulièrement Héraclite, appelaient cette mise en place des choses du monde en inter-indépendance : le Kosmos. Ce Cosmos d’où vient cosmétique qui est bien un arrangement des choses pour une éternelle parure de beauté, disait Goethe en substance[8]. C’est bien cette entrée en mystère qui va nous intéresser maintenant. Permettez-moi d’en appeler à l’écospiritualité dont Michel Maxime Egger donnera la substantifique moelle mais que je cite un instant : « Seule l'intelligence contemplative abolit la dualité entre le sujet connaissant et l'objet de la connaissance {la nature en l’occurrence}. Au-delà de la raison discursive et du bavardage du mental, elle ouvre à une conscience infiniment plus profonde que la conscience ordinaire enfermée dans les limites de l’ego. Elle nous fait saisir d'une manière directe notre unité ontologique avec la création et le divin qui l’habite ».[9]

 

Mais alors qu’est-ce que la nature ? Déjà le mot irrite. Oui, étymologiquement c’est « ce qui est né ». On pourrait cependant ajouter, en nous souvenant du philosophe présocratique Parménide, que c’est « il y a » es gibt en allemand. Pour Hanna Arendt, amplifiant cette intuition de Parménide, il y a « la présence envahissante de l’Être dans le monde des phénomènes »[10]. L’Être est donc partout de manière déraisonnable dans la nature. Mais nous percevons « ce qu’il y a » ce qui semble être le vraisemblable, la semblance du vrai, mais jamais l’Être, le « il y a » intangible. Il s’agit alors pour nous de reconquérir notre âme car celle-ci est le carrefour où s’articulent l’Être et le monde ». [11]

 

Le paradigme de l’inter-indépendance

 

On dit en Franc-maçonnerie que l’on crée un Apprenti. Or il était déjà né de par la nature bien évidemment. Mais cette fois-ci, il a été créé. Cela sous-entend qu’un immense espace de connaissance s’ouvre à lui. Il en est de même pour le récit de la Création de la Genèse qui n’a rien à voir avec un récit sur la nature. Il est plutôt une sorte de manifeste ontothéologique sur le monde par le fait qu’il est écrit sous forme d’une hymne pédagogique en ce qui concerne le 1er chapitre. C’est celui que va capter l’écosophie dans les années 60. Pour le théologien Raimon Panikkar, la réalité est cosmothéandrique, c’est-à-dire que la Vie (le Kosmos), Dieu (Theos) et l’homme (anthropos) sont en relation ternaire et inséparable. [12] Teilhard de Chardin parlera même de diaphanie entre le Kosmos et le divin l’illuminant. Cela signifie qu’un des éléments, s’il en vient à être déraciné, abime l’ensemble du mouvement trinitaire. L’inter-indépendance est notre prise de conscience demandée par cette vie en trilogue, celle-ci étant une amplification du ternaire corps/âme/Esprit, lequel s’élargit dorénavant de manière horizontale. Bien sûr, en tant qu’entités inter-indépendantes, ce trilogue est forcément contradictoire avec tout panthéisme. L’homme a certes une dimension abyssale par son imprégnation divine, mais aussi horizontale pour une transmission du Kosmos au monde, c’est-à-dire de l’arrangement ordonné des choses, donc des convictions écologiques. Du fait de cet archétype, et comme l’écrit Michel Maxime Egger, l’homme devient « une hypostase du Cosmos ».  La Franc-maçonnerie parlera de manière plus faible du monde intermédiaire.

 

Le fameux triangle Franc-maçon doit être imaginé comme cette circulation d’énergies parcourant les trois angles qui ont chacun leur place appropriée mais tiennent pourtant leur fertilité de ce mouvement interne.

Il s’agit par conséquent pour le Maçon se régénérant auprès de l’écospiritualité, d’accepter la nature en tant que participée au Principe divin. Comme si la nature était un logoï issu du Principe. Je serai à titre personnel très persuadé qu’en occident du 20ème siècle, le père de cette écospiritualité serait Pierre Teilhard de Chardin. Isolé de son Église, le théologien et paléontologue sait ce qu’il en est de la présence divine dans la pierre sèche. Cela dépasse de loin l’épure de cette prise de parole mais il suffira pour le moment de citer des titres de certains de ses chapitres pour en prendre conscience : La place de l’Homme dans la nature – La puissance spirituelle de la Matière – L’Esprit de la terre – La Mystique de la Science – La Convergence de l’Univers - Le Cœur de la Matière etc. Mon choix arbitraire n’élude en rien toutes les autres têtes de chapitre qui ont le rôle de réintégrer une conscience de la matière comme manifestation du logos divin. Le message est alors fulgurant : l’écologie peut-elle se passer de ces soubassements métaphysiques ?

 

Comme le dit Michel Maxime Egger, développant une cosmologie apophatique, « c’est la nature au-delà de la nature, une façon précisément de souligner le mystère en son sein ». J’ajouterai : de même, la théologie apophatique parlant de la déité au-delà de l’image de Dieu ; de même, la Franc-maçonnerie parlant du souffle au-delà de la parole discursive. Pour l’amplification de ce sujet, lire mon dernier ouvrage : « L’apophase, clef du Rite Écossais Ancien et Accepté ».

 

À la lecture de l’expérience d’une spiritualité écologique, on doit se dire que l’homme est un mystique qui a les pieds sur terre. Les problèmes écologiques ne trouveront jamais une réponse adéquate tant que la raison sera loin de l’amour, nous dit Raimon Panikkar, autre manière de parler de ces circulations croisées qui parcourent l’univers. Cet amour n’est pas tant un sentiment fusionnel et psychologique que le rapport entre les vivants faits à la fois de familiarité et d’étrangeté, de proximité et de distance entre les vivants, ce que d’aucuns chez les Maçons nommeront Fraternité et que j’ai nommé aujourd’hui inter-indépendance. C’est notre expérience et non un concept.

 

En ce 21ème siècle, nous savons pourtant que la société économique ne veut ni d’âme ni d’Esprit, puisqu’elle mesure la confiance des habitants à la quantité d’objets qu’ils achètent.[13] Il est vrai que pour certains, quand les profits sont grands, la réalité terrestre ne compte pas. Ou surabondamment, comme le dit Carl Gustav Jung, quand on regarde le ciel, on ne regarde plus sur quoi on marche.

 

L’âme du monde

 

 

Alors une solution en premier abord viendra évidemment du nombre de ceux qui feront le travail intérieur. Dans ce cadre, une écopsychologie s’est imposée dans le monde de l’âme. Cette écopsychologie est née dans les années 1990 avec Théodore Roszak qui démontra la continuité entre la psyché et la nature[14]. C’est l’anima mundi néoplatonicienne, l’Unus mundus des alchimistes qui est aussi celui de la rencontre du physicien Wolfgang Pauli et de Carl Gustav Jung. Cette âme du monde n’est pas un cercle que je créée comme environnement mais c’est avant moi qu’elle embrassait le monde par son mouvement circulaire.

 

Cette âme du monde est le fondement commun que nous avons avec tout le vivant, donc notre écologie. Et nous le répétons inlassablement dans nos rituels pour ne jamais l’oublier, pour ne pas perdre le sens de la survie du monde. L’écologie n’est pas une question de gestion des ressources, mais de l’amnésie de l’origine du Principe divin inscrit dans la nature, le « il y a ».

 

            Bien sûr, on peut penser que ce mouvement qui va du spirituel au physique, de l’intérieur vers l’extérieur n’est pas la seule solution à appliquer. Puisque le monde est Un et multiple, il ne peut y avoir une solution unique car les solutions sont systémiques : il y a les vastes mouvements archétypaux millénaires de long terme, mais plus à court terme, des priorités que chacun ressentirait, comme l’instinctif, le culturel, le collectif et le structurel, qui sont des domaines qui agissant de l’extérieur, changeront aussi les états de conscience intérieurs. Que chacun œuvre à sa manière : de toute façon, il y a une unité du Réel et donc transdisciplinarité.

 

Si l’on prend par exemple le plan structurel des échanges de biens très créateurs de pollution, au-delà de l’illégitimité de l’accumulation, puis de l’inégalité systémique qu’elle produit, se pose la question d’un choix entre la valeur marchande et la valeur d’usage des biens qui se présentent à nous. Bien sûr qu’il y a des objets inutiles ! C’est ce sujet que Coluche aborde quand il nous disait : « Quand on pense qu’il suffirait de ne pas acheter ces objets pour que ça ne se vende plus ».[15]  Les rapports de production évoluant forcément avec une conscience du Vivant, il y sera préféré alors la croissance de ce qui nous est commun en valeur d’usage, et seulement ces communs-là.[16] À une idéologie de domination, on substituera une logique de collaboration autour du commun nécessaire[17]. Collaboration horizontale mais aussi verticale par adhésion à plus vaste que soi qu’est l’expérience du mystère interne à la nature. Cela implique bien sûr une nouvelle éthique.

 

Nouvelle éthique

 

Si l’éthique est la science qui enseigne un mode d’être, donc notre propre expérience en vue d’une complétude, chacun pourra reconnaitre celle qui lui siérait le mieux :

 

- par exemple une éthique du sens de l’existence qui consiste à faire de chacun de nous une œuvre d’art. Pour réaliser cette création artistique, nous avons besoin de la collaboration de tout l’univers, depuis le divin jusqu’à la matière.

 

- Une éthique séculière du soin, ayant une attitude « féminine réceptive face à la vie, les choses, la réalité ; à l’attitude qui, en recevant, transforme ».[18] La question écologique est fondamentalement une question de santé publique.

 

- Une éthique des vertus encore. Elle serait une sorte d’orientation imaginale alternative au monde constructiviste occidental. À ce titre, le Maçon pourra concevoir son action comme une poiétique, c’est-à-dire une créativité en lien avec le donné de la nature, et sobrement seulement celui-ci.

 

 Pour concrétiser cette éthique, des « attitudes communes » sont possibles à un Franc-maçon et à tout homme de bonne volonté, attitudes que je listerai à partir du domaine de l’écopsychologie pour arriver à l’écospiritualité :

- D’abord accueillir la réalité de la nature comme quelque chose qui résiste à nos représentations

- Accepter ensuite positivement l’incomplétude de notre compréhension de la réalité

- Chercher à construire du sens sur fond de non-sens apparent

- S’ouvrir à une altérité fondamentale qu’est la Nature au-delà de la nature.

- S’ouvrir à l’universel dans le multiple

- Entrer enfin dans le sens du mystère d’un amour cosmogonique déjà-là, le « il y a ».

 

Bref, l’initiation nous donne la vertu, la force vivante d’être un homme parmi les hommes, retournant sans cesse dans le monde profane pour y apporter le sacré qui est en nous.

 

Conclusion

 

Nous savons que les frontières des États ne sont plus souveraines puisque soumises aux pollutions internationales. C’est ainsi que s’impose l’inter-indépendance des nations car nous prenons conscience que tout ce que nous rejetons au loin nous est renvoyé en effet boomerang. La terre veut, par ses réactions écologiques, faire reconnaitre à l’homme le destin commun qu’ils ont ensemble. L’homme est lui-même sa terre et il a donc à se soigner en sagesse et simplicité.

 

Les musiciens, par leur sensibilité à fleur de peau, nous montrent par leur musique le trésor qu’est le Kosmos en action, c’est-à-dire les ondes mises en musique[19]. Je laisse la parole à Parsifal dans l’opéra de Wagner lors de l’Enchantement du Vendredi saint : « Joyeuse toute créature au cher passage du Sauveur. La plante alors, la fleur des champs devinent que nul ne veut leur mort au jour sacré. Chaque homme ici pieux et doux les effleure d’un pas léger. Heureuse toute créature, puisque la nature purifiée retrouve aujourd'hui son jour d'innocence ! » ...  en même temps que je vous le dis, une chose curieuse m’interpelle. Un rituel maçonnique ne dit-il pas : « Je ne piétine rien car toute chose créée est sacrée. Je ne foule même pas le sol. J’y appose mes pieds ».

 

Vraiment il y a des choses que la Franc-maçonnerie sait du fond du cœur.

 

 


[1] 1er Livre des Rois chapitre 17

[2] Les origines de l’alchimie édit. Georges Steinheil 1885 p.6

[3] Cité par MM Egger dans « la terre comme soi-même » édit. Labor et Fides 2012 p.163

[4] Zone à Faible Émission, applicable dans certaines villes

[5] cf. la Déclaration des Droits de l’humanité de Christian Huglo, avocat de l’Environnement

[6] Stade infantile narcissique, s’approprier la mère, la terre-mère ...

[7] Recueilli par votre serviteur à Terra botanica près d’Angers

[8] Cf. Second Faust ou le Divan

[9] Michel Maxime Egger, La terre comme soi-même, édit. Labor et Fides 2012 p.57

[10] La vie de l’esprit I, la pensée, édit. PUF 2000 p.167

[11]  La science et l’âme du monde Édit. Albin Michel 1996

[12] Du grec kosmos, theos et anêr , ternaire de la réalité́ : cosmique, divine et « anthropique ».

[14] L’écospychologie. Pourquoi tel attrait sur telle partie de la nature ou tel repoussoir ? quels archétypes cachés ? évidemment la nature n’en est pas responsable.

[15] Sketch Misère, misère !

[16] Cf. Moins ! de Kohei Saïto, édit. du Seuil 2024

[17] Dépassant bien sûr le libertarianisme individuel

[18] Raimon Panikkar, Paix et désarmement culturel, édit. Actes Sud 2008 p. 31-32.

[19] « Contrairement au milieu urbain, la forêt produit des sons dont on ne peut pas toujours définir la provenance humaine. Lorsque vous entendez une branche qui tombe, suivie au loin du cri d’un oiseau, vous ne pouvez-vous empêcher de chercher des correspondances cachées », analyse le compositeur Alexandre Jamar.

 

On peut aborder la démarche maçonnique comme un ensemble d'informations susceptibles de nous permettre de vivre mieux sur le plan de l'éthique et sur celui de la contribution à des relations pacifiques et harmonieuses dans le respect mutuel.


Cet ensemble d'informations comprend une méthodologie qui fait intervenir une pratique rituelle.


Le plus souvent, la crédibilité de cet ensemble d'informations est fondée sur l'expérience personnelle de celles et de ceux qui témoignent des changements qu'ils ont observés dans leurs propres existences.


Il y a aussi les œuvres écrites par des personnalités qui ont laissé une trace dans la littérature maçonnique et ésotérique.


La crédibilité s'associe donc à un sentiment de confiance que l'on éprouve vis à vis des auteurs et aussi des institutions qui ont résisté à l'usure du temps.


Lorsque la loge semble chavirer avec une baisse des effectifs , lorsque l'obédience semble être l'ombre d'elle-même, lorsque les divisions prennent le pas sur la cohésion, inévitablement se pose la question de la crédibilité. Tout ce que l'on fait a-t-il encore un sens ? En sommes nous réduit à faire un mauvais spectacle ?


La confiance est une donnée fragile qui peut être remise en question à la faveur d'un faux pas ou comme une conséquence de ce que John Stacey Adams (1925-1984) a appelé la "Théorie de l’équité".


Né en Belgique, John Stacy Adams effectua l'essentiel de sa carrière de chercheur psychologue aux Etats Unis. L'essentiel de ses travaux a trait aux relations sociales dans les organisations et en particulier dans les entreprises.


Si les loges et les obédiences maçonniques sont bien des organisations sociales, elles ne sont pas réellement dans un mode de fonctionnement quotidien comme on peut le voir dans les grandes entreprises.


Malgré tout il n'est pas inintéressant de prendre en compte un certain nombre de "lois" que cette théorie de l'équité a institué et qui sont reconnues aujourd'hui.


  • La cohésion d'un groupe social est fondée sur la recherche de l'équité,

  • La théorie de l'équité découle de la théorie de l'échange social. Cette théorie a suscité de nombreux travaux que l'on pourrait résumer par la description de différentes interactions dans les relations interpersonnelles en fonction du ratio investissement / satisfaction.


Il me semble que cette théorie de l'équité explique un certain nombre d'observations concernant l'activité maçonnique des loges et des obédiences !

  • Il existe un degré de satisfaction qui permet de maintenir les structures,

  • Un degré notable d'insatisfaction explique les démissions et la stagnation des structures.


Tout se passe comme si la Franc-Maçonnerie vivait aujourd'hui sur un acquit sans perspective de développement.


L'acquit est suffisamment fort pour susciter encore un intérêt pour une partie du public en recherche de Justice et d'Harmonie sociale.


Je suis convaincu qu'il suffirait de peu de choses pour réformer notre mode de fonctionnement afin de permettre à la théorie de l'équité de produire un effet plus positif pour le développement et l'appropriation des informations que nous sommes à même de proposer à toutes celles et tous ceux qui sont en recherche afin de faire croître le degré de satisfaction que l'on peut éprouver dans l'exercice de la démarche maçonnique.




LE DELTA LUMINEUX

Introduction au Voyage Méditatif – Exploration Symbolique et Numérologique

par Eric Rémy



Préambule

Mes Sœurs, mes Frères,

Nous voici rassemblés en ce jour pour entreprendre ensemble un voyage au cœur d'un des symboles les plus rayonnants de notre Tradition : le Delta lumineux. Ce Midi il convient d'ouvrir les portes de la compréhension symbolique, car l'intelligence du symbole prépare le cœur à en recevoir la vibration vivante.

Ce qui vous sera proposé ici n'est point une érudition stérile, ni un savoir destiné à nourrir l'intellect seul. C'est une cartographie initiatique, une clef de lecture qui permettra à votre être tout entier — corps, âme, esprit — d'entrer en résonance avec cette forme éternelle qui rayonne au-dessus du Vénérable Maître, à l'Orient de nos Temples.

Le Delta : Première Forme Visible de la Manifestation

Du Point à la Surface : La Géométrie Sacrée de l'Apparition

Voyons ensemble comment naît la forme dans le silence primordial de l'Incréé.

Au commencement — si tant est qu'il y ait commencement —, réside le Point. Non pas le point géométrique que trace le compas, mais ce Point métaphysique, sans dimension, sans étendue, pure potentialité condensée. Les Pythagoriciens le nommaient la Monade, l'Un indivisible, principe de toute chose. Dans la Kabbale hébraïque, c'est le Aleph (א), lettre silencieuse d'où jaillira toute parole, souffle primordial contenant en germe l'univers entier.

De ce Point surgit la Ligne — premier mouvement, première polarisation. La ligne est le Deux, l'énergie qui se tend entre deux pôles, la dualité naissante qui permet la relation. C'est le rayon qui part du centre vers la circonférence, c'est le souffle qui s'étire entre inspiration et expiration.

Mais ni le Point ni la Ligne ne constituent encore une forme visible. Pour qu'apparaisse la première manifestation perceptible, il faut une troisième rupture, un troisième terme qui referme et délimite.

Et c'est ainsi que naît le Triangle — première surface, première forme close, première figure géométrique stable capable de contenir un espace.

Pourquoi le Triangle est-il la première forme visible ?

Parce qu'il est le minimum nécessaire pour délimiter une surface. Deux points définissent une ligne, mais trois points — et trois seulement — suffisent à créer un plan, une aire, un territoire circonscrit où peut se déployer la manifestation. Le Triangle est donc le seuil géométrique de la visibilité, la porte par laquelle l'invisible devient visible, l'incréé entre dans le créé.

Les bâtisseurs de cathédrales le savaient bien : le triangle est la seule figure géométrique rigide par nature. Contrairement au carré qui peut se déformer en losange, le triangle conserve sa forme tant que ses côtés demeurent intacts. Cette stabilité structurelle absolue en fait la figure privilégiée des constructeurs de temples. Il est à la fois commencement — première forme close — et accomplissement — forme stable, parfaite en sa simplicité géométrique.

Le Delta lumineux qui rayonne à l'Orient de nos Temples n'est donc pas un ornement parmi d'autres. Il est l'image même de l'apparition, le symbole du passage de l'Un invisible au Multiple visible, de l'Éternité intemporelle au Temps qui se déploie.

La Numérologie du Trois : Le Mystère du Ternaire Créateur

Le Trois, Nombre de la Manifestation et de la Vie

Si le Triangle est la première forme visible, c'est parce qu'il incarne le nombre Trois, ce nombre sacré que toutes les Traditions ont reconnu comme celui de la création effective, de la vie qui pulse et se déploie.

Reprenons le fil :

•           Le Un est l'Unité primordiale, l'Incréé, le Principe sans second. Il ne se manifeste pas encore ; il EST, dans une plénitude qui précède toute distinction.

•           Le Deux introduit la polarité, la tension créatrice entre les opposés : masculin/féminin, actif/passif, esprit/matière, lumière/ténèbres. Mais le Deux demeure dans l'opposition, dans le face-à-face stérile s'il reste seul.

•           Le Trois résout et transcende cette dualité. Il est la synthèse vivante, l'enfant né de l'union des deux polarités, le fruit qui contient la semence de nouveaux cycles.

Pourquoi le Trois est-il créateur ?

Parce qu'il introduit le mouvement, le dynamisme, la fécondité. Deux termes opposés se figent dans la confrontation ; un troisième terme les unit et les fait danser ensemble. C'est ce que la Kabbale nomme la réconciliation des opposés dans un troisième terme qui les contient et les dépasse.

Voyez comme cette loi ternaire se déploie dans tous les ordres de la réalité :

Dans l'ordre cosmogonique, le Trois est le monde phénoménal, le plan de la surface qui naît de l'union du Point et de la Ligne. C'est le déploiement du Temps lui-même, qui nécessite trois instances : le passé, le présent, l'avenir. Sans cette triple articulation, nulle durée ne serait possible.

Dans l'ordre métaphysique, toutes les Traditions ont reconnu cette structure ternaire de la Divinité manifestée :

•           La Trinité chrétienne : Père, Fils, Saint-Esprit — puissance, intelligence, amour

•           La Trimourti hindoue : Brahma création, Vishnou préservation, Shiva transformation

•           La Triade égyptienne : Osiris, Isis, Horus

•           Dans la Kabbale, le ternaire des Sephiroth supérieures : Kether la Couronne, Hokhmah la Sagesse, Binah l'Intelligence

Dans l'ordre initiatique, le Trois rythme notre progression :

•           Les trois grades fondamentaux : Apprenti, Compagnon, Maître

•           "Les trois voyages de l'initiation traversant l'Air, l'Eau et le Feu — la Terre étant le sol matriciel qui accueille et porte ces épreuves »

•           Les trois piliers du Temple : Sagesse, Force, Beauté

•           Les trois Grandes Lumières : Volume de la Loi Sacrée, Équerre, Compas

Dans l'ordre humain, nous sommes nous-mêmes structure ternaire :

•           Corps, Âme, Esprit

•           Pensée, Parole, Action

•           Naissance, Vie, Mort — ou plutôt : naissance, maturation, transformation

Le franc-maçon qui contemple le Delta lumineux est donc convié à reconnaître en lui-même cette structure ternaire. Il n'est pas un être simple, uniforme, mais un temple vivant où se rencontrent trois niveaux de réalité qu'il doit apprendre à harmoniser.

Le Triangle Équilatéral Droit : Feu, Montagne, Élévation

La Forme du Delta Lumineux

Observez attentivement la forme du Delta lumineux dans nos Temples. Il n'est point un triangle quelconque, mais un triangle équilatéral, dont les trois côtés sont égaux et les trois angles identiques, image de l'harmonie et de l'équilibre parfaits. Le plus souvent, sa base repose horizontalement et son sommet pointe vers les hauteurs.

Pourquoi cette forme équilatérale ?

Parce qu'elle seule exprime la perfection de l'équilibre ternaire. Les trois côtés égaux, les trois angles égaux — chacun de 60 degrés — signifient que les trois principes qu'ils représentent sont en harmonie absolue, qu'aucun ne domine les autres, qu'aucun ne s'est développé aux dépens des autres. C'est l'image de l'homme parfaitement équilibré, chez qui l'intellect, le cœur et la volonté œuvrent de concert dans une juste proportion.

Pourquoi la pointe vers le haut ?

Parce que le Delta lumineux est une forme émissive et ascensionnelle, symbole du mouvement de ré-ascension spirituelle vers la Source.

Le Triangle comme Symbole du Feu

Le triangle pointe en haut est, dans toutes les traditions alchimiques et hermétiques, le symbole du Feu. Non pas le feu profane qui consume et détruit, mais le Feu sacré, le Feu qui purifie, transmute, élève.

Ce Feu est celui de l'esprit qui monte, qui s'arrache à la pesanteur terrestre pour rejoindre sa source céleste. C'est le Feu de la kundalini qui s'élève le long de la colonne vertébrale, le Feu de la prière qui monte comme l'encens vers les hauteurs invisibles, le Feu du sacrifice qui transforme la matière brute en offrande spirituelle.

Pourquoi le Delta lumineux est-il Feu ?

Parce que la Lumière qu'il diffuse n'est pas lumière froide, intellectuelle, morte. C'est une Lumière vivante, ardente, transformatrice. Le franc-maçon qui se tient sous le rayonnement du Delta ne reçoit pas une simple information — il reçoit une ignition spirituelle, un embrasement intérieur qui consume ses scories et fait resplendir son or caché.

Le Feu ne peut demeurer immobile. Le Feu rayonne nécessairement, communique sa chaleur et sa lumière à tout ce qui l'entoure. De même, le Delta lumineux n'éclaire pas seulement le Vénérable Maître qui siège sous lui — il éclaire tout le Temple, de l'Orient jusqu'à l'Occident, rappelant à chaque franc-maçon sa vocation à devenir lui-même porteur de Lumière.

Le Triangle comme Symbole de la Montagne

Le triangle pointe en haut est aussi, géométriquement, la forme de la Montagne sacrée. De sa large base terrestre s'élève un sommet unique qui perce les nuages et touche le Ciel.

Quelle montagne ?

Toutes les montagnes sacrées des Traditions :

•           Le Sinaï, où Moïse reçut les Tables de la Loi dans le Feu et la nuée

•           Le Golgotha, « lieu du crâne », colline sacrificielle où s'accomplit le mystère pascal

•           Le Méru hindou, axe cosmique autour duquel tournent les mondes

•           Les Pyramides d'Égypte, montagnes artificielles orientées vers les étoiles

•           Toute haute montagne où l'homme, depuis la nuit des temps, est allé chercher la proximité du divin

La Montagne est le lieu de la verticalité absolue, de l'ascension spirituelle, de la rencontre entre Terre et Ciel. À sa base règne le Multiple, la diversité, l'horizontalité du monde manifesté. À son sommet converge tout vers l'Un, le Principe unique, le point de jonction entre visible et invisible.

Le Delta lumineux, placé à l'Orient du Temple, est cette Montagne sacrée. Il nous enseigne que notre propre vie doit épouser cette forme : enracinée largement dans la terre des réalités quotidiennes — la base —, mais tendue de toutes ses forces vers le sommet spirituel — la pointe.

Pourquoi la Montagne est-elle associée au Feu ?

Parce que les montagnes sacrées sont souvent des volcans — le Sinaï fumait et tremblait lorsque Yahvé y descendit. La Montagne contient en son ventre le Feu tellurique, la puissance ignée de la Terre-Mère qui cherche à rejoindre le Feu céleste du Ciel-Père.

Le Delta lumineux, triangle équilatéral pointe en haut, réconcilie donc ces deux Feux : le Feu d'en bas — tellurique, volcanique, vital — et le Feu d'en haut — solaire, spirituel, divin.

Le Cœur et la Montagne : Les Deux Triangles Complémentaires

Voici maintenant un mystère qui mérite toute notre attention.

Le triangle inversé — pointe en bas — est le symbole traditionnel du Cœur. Si vous regardez la forme anatomique du cœur humain, vous constatez effectivement qu'il s'élargit vers le haut et se rétrécit en pointe vers le bas.

Mais pourquoi parler du Cœur dans un chapitre consacré au triangle droit, pointe en haut ?

Parce qu'il existe entre ces deux triangles un rapport de complémentarité absolue. Ils ne s'opposent pas — ils se répondent comme l'appel et la réponse, comme l'involution et l'évolution, comme la descente de l'Esprit dans la matière et la remontée de la matière vers l'Esprit.

Le triangle pointe en bas (▽) symbolise :

•           Le Cœur, cavité réceptive, grotte intérieure où se cache la Lumière divine

•           La Caverne initiatique, ventre de la Terre où s'accomplissent les mystères de mort et renaissance

•           L'Eau, élément féminin, réceptif, descendant

•           Le principe passif, maternel, matriciel

•           L'involution : descente de l'Esprit dans la chair

Le triangle pointe en haut (△) symbolise :

•           La Montagne, élévation vers les hauteurs spirituelles

•           Le Feu, élément masculin, actif, ascendant

•           Le principe actif, paternel, émissif

•           L'évolution : remontée de la matière vers l'Esprit

Pourquoi cette distinction est-elle fondamentale ?

Parce qu'elle nous révèle le double mouvement de toute vie spirituelle :

1.         La descente — triangle inversé : l'Esprit descend dans notre cœur, s'enfouit dans les profondeurs de notre être comme une semence dans la terre. C'est le moment de l'involution, de l'incarnation divine en nous. C'est Noël, la crèche, la grotte, la caverne où naît la Lumière cachée.

2.         La montée — triangle droit : cette semence spirituelle germe, pousse, s'élève comme une flamme vers sa source. C'est le moment de l'évolution, de la divinisation humaine. C'est Pâques, la résurrection, la montagne de l'Ascension.

Le Delta lumineux, placé à l'Orient, représente donc le second temps de ce mystère : celui de la remontée consciente vers la Source. Il nous rappelle que nous ne devons pas demeurer dans la caverne du cœur, dans l'intériorité passive — aussi nécessaire soit-elle. Nous devons faire rayonner au-dehors la Lumière que nous avons reçue au-dedans.

Si l'on veut représenter ces deux mouvements complémentaires, il suffit de superposer les deux triangles — l'un droit, l'autre inversé — pour obtenir le Sceau de Salomon, cette étoile à six branches où se manifeste l'équilibre parfait entre la descente et la montée, entre l'incarnation et la transcendance, entre le Cœur-caverne et la Montagne-sommet.

Le Delta lumineux nous enseigne donc qu'il ne faut pas choisir entre intériorité et élévation, entre le cœur et l'esprit, entre la grotte et la montagne. Il faut les traverser successivement, les unir en soi, devenir soi-même ce lieu où le Ciel et la Terre se rencontrent, où l'invisible et le visible s'épousent.

L'Œil au Cœur du Delta : La Source qui Voit et qui Est Vue

L'Œil : Passage entre Visible et Invisible

Au centre du Delta lumineux, dans la plupart de nos Temples, rayonne un Œil.

Cet Œil n'est point un œil humain, bien qu'il en épouse parfois la forme. C'est l'Œil de la Conscience, l'Œil qui voit sans être vu, la Source de toute vision qui rend possible notre propre regard.

Pourquoi un Œil ?

Parce que l'œil est, dans le corps humain, l'organe du passage — passage entre l'intérieur et l'extérieur, entre ce qui est caché dans les profondeurs de l'être et ce qui se manifeste au-dehors.

L'œil annonce tout ce qui relève de l'apparition et du secret. Il est le seuil entre les ténèbres intérieures et la clarté du monde solaire. Par l'œil, l'invisible devient visible ; par l'œil aussi, le visible révèle sa dimension invisible.

Les Hébreux avaient saisi cette vérité profonde. En hébreu, le mot Shema — « Écoute ! » — est construit sur la racine sham-ayin, qui signifie « là-bas, l'œil », c'est-à-dire « là-bas, regarde ». Écouter, c'est regarder au-delà de la proximité des apparences. Écouter, c'est essayer de découvrir le visible et l'invisible, ce qui se montre et ce qui se cache.

Ainsi, l'Œil du Delta n'est pas seulement celui qui observe — il est aussi celui qui révèle. Il est la Lumière qui, en éclairant, rend visible ; mais en éclairant, elle se diffracte aussi dans le prisme de notre moi limité. Il y a toujours un écart entre le jaillissement de la Lumière et son reflet dans notre conscience, entre l'original et sa représentation.

C'est ce que la Tradition initiatique nomme l'entropie entre le Vrai et le Voir : nous ne voyons jamais la Vérité en elle-même, mais toujours à travers le voile de notre perception. L'Œil du Delta nous rappelle donc cette vigilance nécessaire : ne pas confondre ce que nous voyons avec ce qui Est.

L'Œil comme Porte et comme Miroir

Le Delta lumineux, placé à l'Orient du Temple, regarde vers l'Occident — vers la porte basse par laquelle le profane entre, les yeux bandés, dans l'espace sacré.

Cette disposition n'est point fortuite. Le Delta et la porte d'Occident se regardent comme dans un miroir.

Qu'est-ce à dire ?

Que l'Œil du Delta est lui-même une porte — une porte vers l'invisible, vers cet « au-delà des apparences » que le franc-maçon est appelé à franchir. De même que la porte basse ouvre du monde profane vers l'espace sacré du Temple, l'Œil du Delta ouvre de l'espace manifesté vers le non-manifesté, du visible vers l'invisible.

Le franc-maçon qui avance sur le pavé mosaïque, guidé par l'axe central qui relie l'Occident à l'Orient, marche donc entre deux portes : derrière lui, la porte du Temple qu'il a franchie lors de son initiation ; devant lui, l'Œil du Delta, porte vers le mystère du Principe qu'il devra un jour franchir également.

Mais l'Œil est aussi un miroir. En contemplant le Delta lumineux, le franc-maçon contemple en vérité son propre regard purifié, sa propre conscience éveillée. Tu es la porte, tu es la lumière.

L'Œil du Delta nous interroge donc : quel regard portons-nous sur le monde ? Sur nous-mêmes ? Sur les autres ? Voyons-nous avec les yeux de l'ego, qui divisent et jugent, ou avec l'Œil de la Conscience, qui unifie et comprend ?

L'Œil, la Source et le Rayonnement

Sur le plan symbolique le plus élevé, l'Œil du Delta représente la Source de la Lumière elle-même.

•           Sur le plan physique, il symbolise le Soleil, d'où émanent la vie et la lumière qui rendent possible toute existence terrestre.

•           Sur le plan intermédiaire ou astral, il représente le Verbe, le Logos créateur, le Principe qui organise le chaos primordial en cosmos ordonné.

•           Sur le plan spirituel ou divin, il est le Grand Architecte de l'Univers, Principe transcendant qui demeure à jamais au-delà de toutes nos représentations.

Mais ne nous y trompons pas : le Delta lumineux ne nous montre pas un Dieu extérieur, lointain, inaccessible. Il nous révèle que la Source est en nous, que nous portons en notre propre centre cette étincelle divine, cet Œil intérieur capable de percevoir l'invisible.

C'est la raison pour laquelle certains Temples remplacent l'Œil par le Tétragramme — יהוה —, les quatre lettres hébraïques du Nom ineffable. Ce Nom apparaît dans la mystique kabbalistique au moment où le ternaire des énergies vitales primordiales s'extériorise dans le monde de l'émanation, marquant le passage entre les mondes de l'émanation et les mondes manifestés.

Ce passage est aussi celui de la Lumière à la Peau : en hébreu, les mots Or — אור,   Aleph vav Reish  = lumière — et Or —  Ayin  vav Reish עור, peau — sont homophones. « Derrière la peau, il y a la lumière spirituelle ». L'Œil du Delta nous enseigne donc que nous devons traverser l'enveloppe corporelle, dépasser l'apparence, pour découvrir la Lumière qui pulse en nous depuis toujours.

La Position du Delta dans le Temple : Topographie du Sacré

À l'Orient, Là où Finit la Lumière Duelle

Le Delta lumineux est placé à l'Orient, au-dessus du siège du Vénérable Maître, légèrement au-dessus de la ligne de regard.

Pourquoi à l'Orient ?

Parce que l'Orient est le lieu symbolique de la naissance de la Lumière. C'est là que se lève le Soleil chaque matin, inaugurant un nouveau cycle de vie. C'est là que commence le voyage de la Lumière à travers le ciel, d'Est en Ouest.

Mais il y a plus. Le Delta est placé là où finit la lumière duelle des deux Luminaires — le Soleil et la Lune, placés de part et d'autre du Vénérable Maître.

Le Soleil — à droite — symbolise la lumière active, chaude, diurne, masculine. La Lune — à gauche — symbolise la lumière réfléchie, froide, nocturne, féminine. Ces deux luminaires représentent la dualité du monde manifesté, l'alternance incessante du jour et de la nuit, du plein et du vide, de l'expansion et de la contraction.

Or, le Delta lumineux se situe au-delà de cette dualité. Il ne participe ni de la lumière solaire ni de la lumière lunaire : il représente la Lumière Une, indifférenciée, qui précède et transcende toutes les polarités.

C'est pourquoi, dans certains rituels, on dit que le franc-maçon, en progressant de l'Occident vers l'Orient, apprend à voir au-delà des apparences, cessant de percevoir avec le seul regard dualiste du profane — ce qui oppose les choses —, pour accéder à une vision de la dualité comme complémentarité et de la coïncidence des contraires dans l'Unité.

La forme ternaire du Delta en est précisément le symbole.

Le Delta, Axe Vertical du Temple

Le Delta lumineux se trouve également sur l'axe vertical du Temple, dans sa dimension de hauteur qui relie le Nadir au Zénith, la Terre au Ciel.

De la base du Temple, où repose le Pavé mosaïque — alternance du noir et du blanc, du manifesté et du non-manifesté —, s'élève une colonne invisible qui traverse les trois niveaux d'existence :

1.         Le Parvis — le monde de la purification, de la matière brute

2.         Le Lieu Saint — le monde de l'âme, des facultés développées

3.         Le Saint des Saints — le monde de l'esprit, de l'union avec le Principe

Le Delta lumineux, placé en hauteur, signale le sommet de cet axe vertical, le point où la verticalité terrestre rejoint l'horizontalité céleste. Il est donc situé au croisement de deux dimensions :

•           L'axe horizontal Est-Ouest : le parcours de la Lumière dans le temps, le chemin de l'initié

•           L'axe vertical Terre-Ciel : l'élévation spirituelle, la transcendance

Ce croisement fait du Delta le centre géométrique et spirituel du Temple. Tout converge vers lui ; de lui, tout rayonne.

Le Delta et le Pavé Mosaïque : De la Multiplicité à l'Unité

Existe-t-il un lien entre le Delta lumineux, placé en hauteur à l'Orient, et le Pavé mosaïque, étendu à nos pieds au centre du Temple ?

Assurément.

Le Pavé mosaïque, avec ses carreaux noirs et blancs alternés à l'infini, représente le Multiple, le monde des formes en perpétuel changement, l'alternance des contraires qui caractérise toute existence manifestée.

Voyez comme les diagonales du Pavé créent des lignes noires et blanches qui semblent fuir vers l'infini. C'est l'image de notre conscience dispersée, écartelée entre mille désirs, mille pensées, mille attachements.

Mais si vous suivez l'axe central du Pavé, de l'Occident vers l'Orient, vous remarquez que ces lignes diagonales convergent. Elles se rassemblent progressivement pour former, au niveau du regard du Vénérable Maître, puis au-dessus de lui, un point de fuite unique : le Delta lumineux.

Le Pavé et le Delta sont donc les deux pôles d'un même mouvement :

•           Le Pavé est le Multiple qui aspire à l'Un

•           Le Delta est l'Un qui se diffracte dans le Multiple

Le franc-maçon qui marche sur le Pavé mosaïque marche sur le chemin de l'unification intérieure. À chaque pas, il rassemble ce qui était épars. À chaque pas, il monte — non pas physiquement, mais spirituellement — vers le Delta, vers cette Lumière Une qui donnera sens et cohérence à toute la multiplicité de son existence.

Relations Symboliques : Le Delta dans son Environnement

Delta et Colonnes : Le Passage du Deux au Trois

À l'Occident du Temple se dressent les deux Colonnes d'airain, Jakin et Boaz, gardiens du seuil.

Ces deux Colonnes représentent les deux principes complémentaires qui soutiennent l'édifice :

•           Jakin — « Il établira » — principe actif, générateur, masculin

•           Boaz — « En la Force » — principe réceptif, formateur, féminin

Le néophyte qui passe entre les Colonnes lors de son initiation expérimente le passage de l'Un au Deux : de l'unité indifférenciée du monde profane — où tout est mélangé, confondu —, il entre dans la conscience de la dualité — distinction entre bien et mal, lumière et ténèbre, intérieur et extérieur.

Mais ce passage entre les Colonnes ne prend tout son sens que par la présence du Delta à l'Orient. Car le néophyte n'est pas invité à demeurer dans la dualité — cela serait un déchirement perpétuel. Il est appelé à dépasser la dualité en la transcendant dans un troisième terme.

Les deux Colonnes — Deux — + le Delta — Trois — = le mouvement complet de la conscience initiatique :

1.         L'unité inconsciente : avant le passage

2.         La dualité consciente : entre les Colonnes

3.         L'unité consciente : sous le Delta

Pourquoi ce mouvement ternaire est-il nécessaire ?

Parce que le retour à l'Unité ne peut se faire en niant la dualité, mais seulement en l'intégrant. Le franc-maçon ne redevient pas profane ; il devient initié, c'est-à-dire quelqu'un qui a traversé la dualité et l'a unifiée en lui-même. Les Colonnes et le Delta dessinent donc le parcours complet de l'initiation.

Conclusion : Le Delta comme Invitation

Mes Sœurs, mes Frères,

Au terme de ce parcours symbolique, quelle vérité le Delta lumineux nous révèle-t-il ?

Qu'il n'y a pas de porte, tu es la porte, tu es la lumière.

Le Delta ne nous montre pas une Lumière extérieure qu'il faudrait conquérir, posséder, atteindre au terme d'un effort titanesque. Il nous révèle que nous sommes nous-mêmes cette forme triangulaire, cette structure ternaire, ce lieu où le visible et l'invisible se rencontrent.

Nous sommes le Point qui s'ouvre en Ligne, la Ligne qui se ferme en Triangle. Nous sommes le passage de l'Un au Multiple et du Multiple à l'Un. Nous sommes l'Œil qui voit et qui est vu, la Source et le Rayon, le Créateur et la Créature.

Nous sommes à la fois la Montagne et la Caverne, le Feu qui monte et l'Eau qui descend, l'involution de l'Esprit dans la matière et l'évolution de la matière vers l'Esprit. Nous sommes le double mouvement de la respiration cosmique — descente et montée, inspiration et expiration, solve et coagula.

Le Delta lumineux n'est donc pas un objet de spéculation, mais une invitation à l'incarnation. Il nous appelle à devenir nous-mêmes ce Triangle vivant, émissif, rayonnant — portant en notre centre l'Œil de la Conscience éveillée, unifiant en nous les trois niveaux de l'être — corps, âme, esprit —, et rayonnant autour de nous cette Lumière qui ne divise pas, mais relie, éclaire, vivifie.

C'est dans cette disposition intérieure — humble et confiante, attentive et ouverte — que nous allons maintenant entreprendre le voyage méditatif proprement dit.

Le Delta vous attend. Mais ce Delta, c'est vous.

Que la Lumière vous accompagne.

J’ai dit

 

Frat :.

Eric REMY

 

Les principaux problèmes environnementaux en Amérique latine


 Les principaux problèmes environnementaux en Amérique latine sont liés à une combinaison de déforestation, extraction intensive de ressources, urbanisation rapide et inégalités sociales. La région concentre une biodiversité exceptionnelle… mais aussi certaines des pressions écologiques les plus fortes au monde.

 

1. Déforestation massive (Amazonie et autres forêts tropicales)

 

Zones les plus touchées :

· Amazonie

· Brésil

· Bolivie

· Pérou

 

Causes principales :

· Élevage bovin extensif

· Culture du soja

· Exploitation minière illégale

· Coupe de bois

· Incendies volontaires

 

Conséquences :

· Perte de biodiversité mondiale

· Émissions massives de CO₂

· Déstabilisation climatique

· Conflits avec les populations autochtones

 

L’Amazonie joue un rôle majeur dans la régulation du climat mondial.

 

 

2. Exploitation minière et pétrolière intensive

 

Pays concernés :

· Chili

· Pérou

· Équateur

· Bolivie

 

Problèmes :

· Pollution au mercure (orpaillage)

· Contamination des nappes phréatiques

· Marées noires terrestres

· Destruction d’écosystèmes andins

· Exploitation du lithium (transition énergétique mais impact local fort)

 

3. Pollution de l’eau et pénurie

 

Causes :

· Déchets industriels

· Absence d’assainissement urbain

· Décharges sauvages

· Fonte des glaciers andins

 

Zones critiques :

· Mexico (stress hydrique sévère)

· São Paulo (crises d’approvisionnement passées)

· Andes (fonte glaciaire accélérée)

 

4. Urbanisation rapide et pollution atmosphérique

Villes très exposées :

· Mexico

· Santiago

· Lima

Causes :

· Circulation automobile

· Industries lourdes

· Urbanisation non planifiée

· Combustion domestique

 

5. Dégradation côtière et surpêche

 

Régions concernées :

· Caraïbes

· Côtes du Pérou et du Chili

· Amérique centrale

 

Problèmes :

· Blanchissement des coraux

· Disparition des mangroves

· Surpêche industrielle

· Pollution plastique marine

 

6. Changement climatique

L’Amérique latine est particulièrement vulnérable :

· Sécheresses plus longues

· Ouragans plus intenses (Caraïbes, Amérique centrale)

· Fonte des glaciers andins

· Incendies de forêt

· Perte de terres agricoles

 

7. Perte de biodiversité

La région abrite environ 40 % de la biodiversité mondiale.Menaces principales :

· Déforestation

· Fragmentation des habitats

· Braconnage

· Espèces invasives

 

L’Amazonie et les Andes sont des hotspots mondiaux.



Qui fait quoi, en matière de sauvegarde de la planète ?

 

Dans cette rubrique « Qui fait quoi ? », nous vous proposons un aperçu des principaux chercheurs américains en matière de sauvegarde de la planète.


Plusieurs chercheurs américains comptent particulièrement parmi ceux dont les travaux ou l’influence orientent aujourd’hui les débats et les mesures pour la sauvegarde de la planète, notamment dans le domaine du climat, de l’écologie et des politiques environnementales.

 

  1. Christopher B. Field

Un des grands climatologues américains actuels.

  • Il est affilié à Stanford et a contribué à des centaines d’études scientifiques sur les impacts du changement climatique.

  • Son travail porte notamment sur la réponse des écosystèmes et l’évolution du cycle du carbone face à la crise climatique.


    Son approche intègre à la fois la science fondamentale et les implications pour la gestion des terres et de l’agriculture.


  

2. Gretchen C. Daily

Biologiste et écologiste influente.

  • Elle a largement contribué à la notion de “capital naturel” : comprendre et valoriser les services rendus par les écosystèmes (eau, sols, pollinisation, etc.) dans les décisions politiques et économiques.

  • Ses travaux visent à intégrer la nature dans les politiques et les mécanismes de marché pour mieux la protéger.


  3. Lisa Dilling

Spécialiste interdisciplinaire des relations entre science, politique et société.

  • Elle travaille sur la transition énergétique, les stratégies d’adaptation et l’utilisation de données scientifiques pour informer les décisions publiques.

  • Elle cherche à améliorer l’efficacité des politiques climatiques et environnementales à grande échelle.

 

 4. Jonathan T. Overpeck

Climatologue reconnu, notamment pour son rôle dans le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

  • Ses publications couvrent l’histoire du climat et les scénarios futurs, ce qui éclaire les décideurs sur les risques et les trajectoires possibles.

  • Il a aussi été doyen d’une faculté de durabilité aux États-Unis.


5. Nina Randazzo

Jeune chercheuse américaine qui travaille sur l’observation des émissions de carbone par satellite en collaboration avec la NASA et la NOAA — illustrant la lutte pour maintenir la recherche climatique financée et visible face à des pressions politiques.


6. Robert W. Howarth

  • Biogéochimiste qui étudie le méthane et ses impacts sur le climat.

  • Très engagé dans les débats publics sur les énergies fossiles, il critique ouvertement la présentation du gaz naturel comme “énergie de transition” et a influencé des décisions politiques sur les exportations de gaz naturel liquéfié.

  Un exemple de scientifique dont les travaux orientent directement les politiques énergétiques et climatiques.

 

 7. Sarah Myhre

  • Climatologue et écologiste marine.

  • Elle allie recherche scientifique et militantisme social, en soulignant notamment que le changement climatique doit être traité avec justice et inclusion.

  • Cofondatrice de 500 Women Scientists pour promouvoir une science plus inclusive.

            Une figure qui relie science environnementale et luttes sociales.


8. Bill McKibben — bien qu’il soit surtout militant et journaliste, il est aussi très lié à la science climatique et fondateur de 350.org, un des réseaux d’action climatique les plus influents au monde.

            Il fait le pont entre données scientifiques et mobilisation citoyenne.


9. Denis Hayes — initiateur de Earth Day, qui a contribué à structurer un mouvement environnemental durable aux États-Unis.

 


10. Quelques groupements, Associations, dynamiques :


·        Scientist Rebellion, un groupe de chercheurs engagés dans des actions de désobéissance civile pour pousser à des politiques climatiques plus audacieuses — certains scientifiques ont même participé à des blocages symboliques.


  • Environmental Defense Fund (EDF) :

Une équipe de scientifiques et d’experts qui travaillent à traduire la science du climat en politiques concrètes, notamment pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, les stratégies de décarbonation, et l’adaptation.


Des personnes comme Alice Alpert, Katie Anderson, Dominique Browning ou Nicole Buell participent à ce travail scientifique-activiste qui parle aux gouvernements et aux entreprises.


·        Union of Concerned Scientists (UCS)

Organisation américaine qui rassemble des scientifiques et des spécialistes pour faire pression sur les politiques publiques, diffuser les solutions et combattre la désinformation climatique.

 

Commentaires


bottom of page