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Revue Idéal Maçonnique - Numéro 3 - Avril 2026

Editorial
Editorial

DE L’OMBRE À LA LUMIÈRE

par MBD



Ce numéro, consacré aux initiations africaines met en lumière plusieurs points de convergence avec l’initiation maçonnique. Chaque lecteur franc-maçon  se reconnaitra dans le parcours étapes par étapes, dans l’utilisation profonde de symboles ésotériques, et le principe de l’expérience vécue puis transmise. Il convient cependant de noter certains  points de divergence :

 

L’objet de l’initiation

Pour le Franc-Maçon, tout part de l’individu qui doit chercher au fond de lui-même la source de son amélioration, et en conséquence, presque par effet collatéral, il pourra améliorer la société.


Ainsi, la cible principale est l’Individu qui est au début et à la fin de son parcours. Il est l’Alpha et l’Omega du processus initiatique. « Connais-toi toi-même » lui enseigne-t-on.


En cela, il est à l’image de la société qui a engendré la FM, celle qui promeut les droits et les devoirs de l’individu qu’aucune société ne doit dominer ou pire, soumettre.


Toute sa philosophie et ses rituels privilégient cette primauté de l’individu. Probable conséquence de la société inégalitaire que l’occident avait construite au fil des âges.


Le franc-maçon est d’abord un combattant à la recherche de sa lumière intérieure qui l’aidera, ensuite, à éclairer le monde environnant.


Le Franc-maçon se veut d’abord un « Homme ou une Femme Libre ». Ce n’est pas le cas de l’initié africain dont le cheminement doit surtout l’amener à s’insérer harmonieusement dans son environnement.


Environnement d’abord humain et social. L’initié doit viser à être un homme droit, respectueux et respecté. Un Homme de « Bonne mœurs » dirait-on de nos jours. Il doit user de ses outils (souvent secrets) pour établir l’équilibre et l’harmonie sociale.


Environnement naturel aussi : L’initié ne doit pas se considérer comme maître mais comme un constituant de la nature, au même titre que les autres éléments qu’il y trouve. Sa place n’y est pas au-dessus mais à l’intérieur. Même pas au centre. C’est l’un des principes fondamentaux et l’une des clefs de compréhension de l’Animisme (version initiale de l'Écologie actuelle).


Ainsi, si l’initié Franc-Maçon doit être un être humain « libre et de bonne mœurs », l’initié africain, lui doit être d’abord « de bonne mœurs » et éventuellement « libre ».

 

Le mode d’adhésion


L’adhésion à la Franc-Maçonnerie est une démarche individuelle tout autant que le parcours qui suivra et qui est un cheminement personnel, parfois même solitaire.

L’initiation africaine quant à elle, n’est jamais une démarche individuelle issue d'une décision personnelle. Elle prend sa source dans une volonté globale dont elle procède et qui l'encadre..


La démarche ne trouve de sens que dans un groupe et une communauté.

Un initié africain n’est jamais un philosophe isolé ou un ermite solitaire. La sagesse n’existe que quand les autres la reconnaissent comme telle.


Ainsi paradoxalement, ce qui était une divergence initiale, devient un point commun entre les initiés FM et Africains : Il doit être accepté et reconnu par les autres initiés et devient protecteur de ses identifications et de ses mystères, mais aussi protégé et soutenu par eux, si besoin.

 

BD

Vieux Frère de Blaise Diagne

 

 De l'Ombre à la Lumière

Similitudes initiatiques mises en lumière

par deux Franc-maçons d’Afrique

par Fantas et Xodar

 


Avant-propos

Nées d'une même intuition fraternelle, les traditions initiatiques africaines portent des résonances profondes avec le travail maçonnique.

Deux Francs-Maçons de l’Orient de Dakar ont corédigé cette étude fondée sur les parcours initiatiques Bambara du Mali et Sérère du Sénégal. Elle éclaire un chemin de l'ombre vers la lumière qui traverse les siècles et les cultures.

Les auteurs : Fantas est affiliée au DHI, et Youssef Xodar est affilié au GODF ; tous deux à l’Orient de Dakar (Sénégal).

 

 

LE PARCOURS INITIATIQUE BAMBARA


Toute initiation commence dans l'obscurité. Les yeux bandés, les mains guidées par un autre, le seuil franchi sans voir où l'on pose le pied.


Cette étape est aussi celle que rencontre tout Franc-Maçon à l’entame de son parcours d’initiation.


Il y a des siècles déjà, sur cette terre qui s'étend aujourd'hui du Mali au Sénégal, un jeune garçon Bambara pénétrait dans la brousse sacrée les yeux couverts, conduit par la main d'un ancien. Cette brousse sacrée, appelée Kungo en langue Bambara, n'est pas simplement un espace forestier. Elle est un espace liminal, au sens anthropologique du terme, où l'on quitte un état pour en rejoindre un autre.

Toute initiation comporte cette phase où l'individu n'est plus ce qu'il était sans être encore ce qu'il deviendra.


La cosmogonie de l'équilibre


La tradition Bambara enseigne que l'univers naît d'un germe primordial contenant en puissance toutes les formes futures. De ce germe surgissent deux forces complémentaires.


Pemba est l'élan primordial, associé à la terre et à la matière. Il représente la puissance créatrice non encore structurée. Mais son impatience le conduit à quitter prématurément l'unité originelle, produisant une terre aride et déséquilibrée. Il n'est pas une figure maléfique : il est la condition de toute création. Mais livré à lui-même, son élan produit un monde instable.


Faro intervient pour corriger ce déséquilibre. Associé à l'eau, à la lumière et à la connaissance, il descend apporter la pluie sur la terre aride, instaurer la fertilité et les lois. Être androgyne, il incarne la fonction d'harmonisation : il ne détruit pas la création existante, il la réorganise. Pemba est le chaos fécond ; Faro est le principe d'équilibre.


Chaque être humain porte en lui quelque chose de Pemba : l'élan, la passion, parfois l'impatience.

Chaque être humain est appelé à faire descendre en lui Faro : la mesure, la lucidité, la discipline. Le travail initiatique ne consiste pas à étouffer l'énergie vitale, mais à l'orienter vers une forme juste. C'est ainsi que l'histoire cosmique devient une pédagogie intérieure.

Un chemin graduel vers la lumière


Le cheminement Bambara s'organise à travers plusieurs sociétés initiatiques successives, véritables écoles de formation morale, cosmologique et sociale. Leur progression rappelle notre propre cheminement d'Apprenti à Maître.


N'tomo : La première porte. Elle concerne les jeunes garçons et enseigne d'abord la maîtrise du corps et de la parole. Dans le bois sacré (Kungo), les novices apprennent le silence, l'endurance et l'obéissance aux anciens. Les masques du N'tomo, surmontés de cornes verticales symbolisant l'élévation progressive, rappellent que l'homme ne naît pas homme accompli : il le devient par l'effort.

Komo : Gardien des savoirs cosmogoniques. Il transmet les connaissances relatives à l'origine de l'univers ainsi que les savoirs médicinaux et rituels. Le Komo enseigne que le monde est structuré par des équilibres subtils : accéder à cette société, c'est comprendre les lois invisibles qui régissent la nature et la société. Savoir implique devoir.


Nama : Lié à la caste des forgerons (Noumou), détenteurs d'un savoir à la fois technique et sacré. Les Noumou maîtrisent le feu et la transformation des métaux, métaphore puissante du travail initiatique. Ils transmettent l'art de la transformation, la connaissance des rythmes naturels et la patience exigée par tout vrai changement.


Kono : Associé aux chasseurs, il initie à la vigilance et au courage. Pénétrer la brousse, c'est affronter l'inconnu. Le Kono enseigne que l'homme n'est pas maître absolu du monde : il doit négocier avec les forces invisibles. La chasse est aussi une métaphore intérieure, traquer ses propres faiblesses, affronter ses ombres.

Tchi Wara : Lié à l'agriculture, symbolisé par le masque-antilope reliant le ciel (cornes pointées vers le haut) et la terre (le corps). Il célèbre l'alliance harmonieuse entre l'homme et la nature nourricière : travailler la terre, c'est aussi se travailler soi-même.


Korè : Le degré ultime, réservé aux anciens. Non plus une initiation d'apprentissage, mais une initiation de synthèse. Le Korè introduit la sagesse ironique des anciens : toute connaissance doit demeurer humble. L'initié devient à son tour transmetteur.

Cette progression graduelle rappelle le cheminement maçonnique. On ne peut sauter d'un degré à un autre sans risquer le déséquilibre, car chaque étape initiatique prépare la suivante.



Le forgeron, la parole et le Mogoya


Le forgeron Bambara, le Noumou, est maître des quatre éléments : la terre dans le minerai, l'eau pour la trempe, l'air du soufflet, le feu de la forge. Ce sont là les mêmes éléments que nos FF∴ et SS∴ reconnaissent dans nos voyages initiatiques. Le Noumou chauffe le minerai brut jusqu'à le rendre liquide, le façonne, le frappe, et le métal passe de la confusion à l'équilibre Nous sommes, comme lui, à la fois le forgeron et le métal.

Dans la tradition Bambara, Kuma signifie à la fois « la parole », « le temps » et « l'essence ». C'est par la parole que Faro organise le chaos de Pemba. Cette vérité résonne dans notre Temple : le VM∴ ouvre les travaux par la Parole. Et l'Apprenti, comme le jeune garçon du N'tomo, apprend d'abord à se taire pour comprendre la puissance du verbe.

Au terme de ce long processus se dessine l'idéal du Mogoya : « l'humanité réalisée ». On ne naît pas avec le Mogoya. On le conquiert, jour après jour. L'idéal accompli est celui du Mogo kiléné : « l'homme droit, l'homme debout » : celui qui a traversé les épreuves, maîtrisé ses passions, ordonné son chaos intérieur. Il correspond au maître qui se tient droit entre l'Équerre et le Compas, qui a transformé sa pierre brute en pierre cubique.


Ainsi, pour l'initié bambara comme pour le Franc-maçon, « Sù mana djagna tchokotchoko, kile bɛ wili. » La nuit a beau être longue, le jour finit par poindre.

 

L'INITIATION SÉRÈRE


Après avoir parcouru les sentiers de la brousse sacrée Bambara et vu comment l'homme, tel le minerai entre les mains du forgeron Noumou, doit être chauffé, frappé et discipliné pour passer du chaos de Pemba à la clarté ordonnée de Faro, nous passons de la métaphore de l'outil à celle de la matrice. Si le Bambara façonne, le Sérère laisse germer. Nous ne sommes plus seulement dans le « faire » ; nous entrons dans l'O kiin : « l'être en devenir ».

Le cosmos Sérère

Dans la cosmogonie Sérère, l'univers est un ordre vivant structuré par une intelligence transcendante : Roog, l'Être suprême.


Non pas une divinité anthropomorphique, mais un principe d'harmonie, source de la vie, intelligence organisatrice du cosmos. Roog est à la fois distance et proximité : distance parce qu'il dépasse toute représentation humaine, proximité parce que toute chose participe de son ordre. La terre, les ancêtres, les arbres, les rivières, les étoiles et les hommes sont liés par un réseau de correspondances qui renvoie à cette origine première.


Dans cette vision, l'ombre n'est pas uniquement l'absence de clarté. C'est un espace de forces invisibles où le monde visible se retire et où le monde invisible s'approche. L'homme lui-même porte en lui son jour et sa nuit.


Les Pangool : ancêtres fondateurs, médiateurs entre Roog et la communauté, occupent une place centrale dans cet édifice. Ils ne sont pas de simples esprits errants ; ils incarnent la mémoire vivante du peuple Sérère. Chaque Pangool est associé à un lieu, à une lignée, à un événement fondateur.


Ils rappellent à la communauté l'importance de la justice, de la solidarité et du respect de l'ordre cosmique. L'ombre n'est pas seulement l'espace des peurs ; c'est aussi celui où la mémoire se conserve. La lumière du jour révèle les formes ; l'ombre rappelle les racines invisibles qui les soutiennent.


L'initiation comme traversée de la nuit


Le Ndut est à la fois un lieu d'initiation et un lieu d'ombre. C’est « l'école de l'homme idéal... celui qui sait se maîtriser devant la souffrance, celui qui sait garder le secret», « le Ndut, c'est le nid de l'oiseau. L'oiseau tisse son nid et y enferme ses petits pour leur enseigner tout son savoir. »


Au centre se trouve l'arbre O Mbam, symbole de la coutume ancestrale. L'ombre du Ndut n'est pas négative : elle est matrice, silence nécessaire pour qu'une conscience nouvelle puisse naître.


Le moment central de cette étape initiatique est la rencontre avec le Maam : l'ancêtre, la mémoire collective, la continuité invisible entre les générations. Cette rencontre a lieu dans la nuit. Lorsque l'initié est conduit devant le Maam, la communauté annonce : « Maam a luudaan : il l'a avalé. »


L'initié disparaît symboliquement dans l'ombre et meurt à son ancien état. Lorsqu'il revient parmi les siens, la communauté proclame :


« Maam a wusa den : Maam les a épargnés. » L'initié est revenu, mais il n'est plus le même.

Pour consacrer cette transformation vient le bain rituel de Bogdah : purification physique, morale et spirituelle. Puis les initiés reçoivent des pagnes blancs : image d'un avenir ouvert où l'homme nouveau doit écrire sa vie avec responsabilité et conscience.


Cette transformation personnelle s'inscrit ensuite dans un ordre cosmique : « Le Selbe se tient au Kumax, le Kumax se tient au Roi, le Roi se tient aux Pangool, les Pangool se tiennent à Roog. » L'initié n'est jamais isolé.


Au sortir du Ndut, il revient avec une responsabilité cosmique. Il « répandra les vérités acquises par l'exemple de ses qualités » et devient gardien d'un ordre qui le dépasse.


Les Pangool veillent sur cette responsabilité, la communauté la rappelle, et Roog en demeure l'origine ultime.


L'initié devient un pont vivant entre la terre et le ciel, entre le visible et l'invisible, entre l'ombre qui enseigne et la lumière qui guide.


La tradition Sérère distingue le mag dag : détenteur des connaissances ésotériques utilisées pour protéger, guérir ou rétablir un équilibre rompu : du naq : celui qui détourne les forces invisibles vers la nuisance et le désordre.


La tradition ne condamne pas la connaissance en elle-même : elle condamne l'intention qui la guide. Voilà pourquoi la formation morale est au cœur de l'initiation du Ndut.


Les Saltigués : gardiens de la sagesse et de la connaissance spirituelle : rappellent que la connaissance des forces invisibles n'a de sens que si elle demeure orientée vers la protection de la vie.


Dans notre monde contemporain, l'ombre fait peur. On veut tout éclairer immédiatement. On refuse l'introspection. Pourtant, la sagesse Sérère enseigne que la maturation exige un temps de retrait, un temps d'obscurité féconde. La nuit n'est pas ennemie : elle est passage. De l'ombre à la lumière, le Sérère apprend que l'existence est rythme, alternance, respiration, jour et nuit, visible et invisible, épreuve et élévation.


Ainsi pour l’initié Sérère comme pour le Franc-maçon « Naaga reetu ret, Naaga maadu maad », la nuit a beau être longue, le jour finit par poindre.



Confluences initiatiques


Ce chemin de l'ombre vers la lumière trouve un écho puissant dans la démarche maçonnique. L'initiation commence dans le silence et l'ombre du cabinet de réflexion, non pour humilier, mais pour préparer.


L'ombre maçonnique, comme l'ombre du Kungo ou du Ndut, est une pédagogie : elle désarme l'ego, dépouille les certitudes, confronte l'initié à sa propre nudité intérieure.L'injonction maçonnique gravée dans le cabinet de réflexion : V.I.T.R.I.O.L. (Visita Interiora Terrae Rectificandoque Invenies Occultum Lapidem), dit exactement ce que le Ndut enseigne : descendre dans ses propres profondeurs, traverser l'obscurité intérieure, pour en remonter… transformé.


Les convergences sont profondes et non fortuites. Elles renvoient à des interrogations fondamentales que de nombreuses traditions humaines ont cherché à exprimer avec leurs propres symboles : les Bambaras évoquent Pemba et Faro ; les Sérères parlent de Roog et des Pangool ; les maçons parlent d'Ordo Ab Chao, autant de manières de dire, dans des langues différentes, le passage de l'obscurité vers la lumière, du désordre vers l'harmonie.

 

Conclusion : une même quête


Deux forêts sacrées. Deux peuples. Deux langages du mystère. Mais si vous écoutez avec attention, vous entendrez la même phrase dans des langues différentes : l'homme ne naît pas accompli. Il le devient.


Le Bambara le dit en frappant le minerai. Le Sérère le dit en avalant l'initié dans la nuit du Maam. Et les Francs-maçons, en bandant les yeux du récipiendaire avant de lui donner la lumière.


Pemba, c'est l'élan brut en chacun de nous. Faro, c'est l'ordre que nous devons faire descendre par la discipline. O kiin, c'est ce que nous sommes tous : des êtres en devenir, pas des êtres achevés. Roog ne se représente pas.


Le Grand Architecte ne se définit pas. L'absolu résiste à tous les noms. Ce que Bambara et Sérère nous enseignent ensemble, c'est que la vraie question initiatique n'est pas : « qu'est-ce que je crois ? » Mais : « qui suis-je en train de devenir ? »


Dans les deux traditions, la lumière n'est pas possession : elle est quête permanente. Elle appelle à la construction intérieure, pierre après pierre, pensée après pensée, acte après acte. L'homme ne naît pas pleinement éclairé. Il devient lumière en traversant l'ombre.

Et peut-être est-ce là le sens ultime de toute initiation : comprendre que l'ombre n'est pas à fuir, mais à intégrer, afin que la lumière acquise soit stable, consciente et durable.


Ainsi, De l'ombre à la lumière, le chemin continue et pour l’initié, la nuit a beau être longue, le jour finit par poindre.


Fantas et Xodar


 

Approche de la pensée africaine

 


Il y a un mode de réflexion africain qui ne ressemble pas au mode de pensée occidental. En Occident, la mythologie judéo-chrétienne a conduit au mythe du Héros surpuissant et capable de tout ; en Afrique l’être humain est un élément d’un Tout et  ce Tout se retrouve dans l’Homme !

 

Les trois ordres :

L’ordre social : avec une prédilection pour les clans matrilinéaires

L’ordre cosmique : C’est l’espace des êtres invisibles. Les ancêtres qui sont dans l’au-delà sont toujours en relation avec les vivants

L’ordre spirituel fait intervenir les esprits qui peuvent intervenir partout.

 

Les cinq composantes de l’être humain :

· Une composante physique :

Physico-biologique : cela correspond aux connaissances scientifiques

Physico-bioénergétique, biomagnétique et bioluminescent : cela correspond à un concept dématérialisé qui explique certains types de fonctionnement du corps humain et d’inter-réactivité entre les êtres vivants.

 

· Une composante psychique : Le psychique de l’homme est une scène, une pièce de théâtre, un jeu fondamental d’ambivalence et d’ambiguïté ; l’enjeu est de trouver son équilibre avec le risque de la maladie et de la mort. Il y a une relation privilégiée entre le psychique et le sacré

 

Une composante morale : cette composante est le socle religieux de l’Homme qui institue les interdits. La religion africaine qu’on assimile à · une transcendance se nourrit de mythes. Chaque communauté africaine a son mythe fondateur avec ses personnages mythiques auquel on se réfère. L’arbre joue un grand rôle dans ces mythes. Par exemple dans l’ethnie sérère, l’arbre épineux « Acacia Albiba » est considéré comme une personne car le premier monde a été réalisé par une graine d’Acacia ; c’est la semence de la vie.

 

· La composante de l’âme : L’âme c’est l’autre Moi, principe immortel qui peut apparaître en dehors de son support physique. Il n’y a pas qu’une seule âme mais plusieurs : c’est ainsi qu’on décrit plusieurs catégories d’âme : matérielles, intermédiaires et subtiles. La capacité de voir vivre ces âmes relève de la compétence des « sorciers et des sorcières ».

 

· La composante de l’esprit : c’est le relais des puissances spirituelles

 

La conception de la vie :

Toute la vie de l’univers est cyclique avec deux phases :

· Une phase ascendante de renforcement de l’énergie vitale avec des circonstances privilégiées :

La naissance

Le baptême

La circoncision

L’initiation

Le mariage

La mort

· Une phase descendante marquée par la déperdition de l’énergie vitale mais une conservation de l’énergie spirituelle

 

Les modes de communication de l’être humain dans la pensée africaine

Le Verbe : la puissance de la parole

Le rythme : la puissance du mouvement

Le symbole : la puissance de l’image

Les rituels mettent en scène ces trois éléments dans la communication avec la transcendance.

L’être africain communique avec tous les éléments de son environnement.

Au-delà de la recherche de la causalité, il y a la conviction qu’elle ne se retrouve pas forcément dans la logique occidentale.

 


Belles pages


L’initiation comme dé-construction

et re-construction de l’Homme

chez Amadou Hampâté Bâ

Extraits d’un article écrit par Mr Kayinguibeyah Dramane YEO

Université Félix Houphouët Boigny-Abidjan (Côte d’Ivoire)

 


« Dans l’Afrique traditionnelle, le cadre dédié à l’initiation semble se poser comme l’école de vie qui donne sens à l’existence de tout individu. Ainsi, tout individu, pour devenir Homme, doit nécessairement passer par cette école qui donne sens et vie à l’existence humaine. Ne pas passer par cette école, c’est demeurer comme un ignorant, donc un danger pour la stabilité sociale. Toutefois, l’individu qui passe par cette école finit par se poser comme une lumière qui dissipe l’obscurité. Il devient ainsi un guide pour sa société, à cause de la sagesse dont-il est l’incarnation.

L’initiation se présente comme le lieu idéal pour la promotion des valeurs sociales. Lieu du silence, du verbe, de la parole, de l’écoute ; l’initiation dans sa ligne de développement rend possible la transformation de l’homme afin de le faire passer d’un ignorant à un sachant. Et à l’aide de ce savoir, l’homme peut saisir son monde, le comprendre afin d’agir sur lui qualitativement.

Selon le dictionnaire de philosophie de Gérard Durozoi et André Roussel, le mot initiation, ordinairement synonyme d’apprentissage, prend un sens plus particulier en ethnologie ou anthropologie, pour désigner des rites de passage d’une classe d’âge à la suivante ou d’entrée dans un groupe secret, que subit l’individu dans la plupart des sociétés traditionnelles.

Avec Amadou Hampâté Bâ, à travers l’initiation, le néophyte passe de bambin à vieillard, d’ignorant à un sachant. Il est donc considéré comme un membre actif de la société. Le sens de l’initiation est de provoquer une radicale et fondamentale modification de notre pensée et de notre être, de notre manière de penser et de notre manière de vivre.

Dans la tradition africaine, l’initiation a pour but de déconstruire ce qui en chaque individu serait perçu comme nuisible pour lui et pour sa société. Ici, ce qu’il y a à dé-construire, c’est l’opinion ou la doxa, l’égocentrisme et le désordre.

Re-construire l’homme, c’est penser à réinventer en lui les valeurs indispensables à l’équilibre social. »

 


L’ initiation, un mythe central toujours présent

par David Diallo

 


Les initiations africaines font partie des initiations premières que les êtres humains ont créées. Aujourd’hui, bien qu’elles aient perdu de leur importance, elles constituent toujours une référence.  Une analyse objective des initiations africaines permet de prendre conscience qu’elles sont bâties sur des mythes.

 

Une structure mythologique centrale

De nombreux mythes peuvent être retrouvées mais on peut leur retrouver une structure centrale commune.

Que cela soit pour les initiations féminines et masculines, la structure centrale des mythes utilisés est constituée par :

1. L’importance accordée à la connaissance sacrée (le plus souvent assimilée à un secret à préserver),

2. la grande difficulté existante pour y accéder et

3. en conséquences, la nécessité d’être accompagné par un guide pour y accéder.

Cette connaissance sacrée concerne les grandes interrogations que les êtres humains peuvent se poser ; elle est en relation avec les mythes fondateurs de la communauté.

Pour organiser le rituel de l’initiation, une structure sociale est nécessaire ; elle fonctionne sous la responsabilité d’initiés ayant été sélectionnés par une méthodologie interne fondée le plus souvent sur la gratification de l’ancienneté.

Autant les initiations africaines constituaient une épreuve qui marquait la vie de l’initié-e dans sa communauté, autant les initiations occidentales sont devenues des cérémonies formelles sans réel impact communautaire.

Dans l’initiation maçonnique, on retrouve ce mythe de la connaissance mais il est le plus souvent couplé avec le mythe de la résurrection de sorte qu’il apparaît en demi-teinte. Par ailleurs, la connaissance dont il est question en franc-maçonnerie concerne plutôt le mot sacré qui renvoie à une dimension mystique.

 

Des modalités différentes pour « habiller » le mythe central

Le mythe central de la connaissance sacrée difficile à découvrir à moins d’avoir un guide, s’accompagne de différents habillages spécifiques aux différentes tribus.  On peut distinguer :

 

1. Le mythe de la mort et de la renaissance ; c’est le plus universel.

L’initié “meurt” symboliquement puis renaît comme un être nouveau

Chez les Dogon étudiés par Marcel Griaule :

· l’initiation reproduit une transformation cosmique ; elle réinscrit l’individu dans l’ordre du monde.

· L’initié devient plus conscient et intégre un ordre plus vaste.

 

2. Le mythe de la dévoration très fréquent en Afrique.

L’initié est “avalé” par un monstre, un personnage masqué , la forêt, puis il est “rejeté” transformé

Cela symbolise la destruction de l’ancien moi et l’émergence d’un nouvel être.

 

3. Le mythe des origines (cosmogonique)

L’initiation rejoue souvent la création du monde, la séparation du chaos initial  et la mise en ordre du cosmos

 L’initié apprend d’où vient le monde et comment y trouver sa place.

 

4. Le mythe du savoir interdit ou caché

L’initiation donne accès à un savoir réservé. Comme le souligne Amadou Hampâté Bâ la connaissance est transmise progressivement et n’est pas accessible à tous.

 Le mythe dit souvent que ce savoir vient des ancêtres ou d’êtres primordiaux.

 

 5. Le mythe de la forêt ou du lieu sauvage

Principe : l’initié quitte le village, entre dans un espace autre (la forêt, la brousse ou un lieu interdit.  Ce lieu symbolise le chaos, l’inconnu, le monde des esprits.

 

6. Le mythe de la transmission des ancêtres

L’initiation relie à une chaîne invisible composée des ancêtres, des fondateurs, des esprits

 L’initié devient porteur d’une mémoire.

 

7. Le mythe de la transformation du regard

L’initiation ne change pas le monde, elle change la manière de le voir

Les non-initiés sont “aveugles”  alors que les initiés “voient”

 

L’initiation aujourd’hui, quel mythe ?

Dans les temps anciens, la connaissance sacrée concernait le devenir post-mortem ! Les religions se sont aussi créées à partir de mythes qui voulaient apporter des réponses. Aujourd’hui, une part importante de la population se rend compte que les mythes n’ont aucune crédibilité si ce n’est celle de vouloir unifier les communautés autour de valeurs communes.

La question se pose de savoir quelle justification pourrait avoir la démarche initiatique aujourd’hui ?

La cybernétique avec le robot intelligent semble être le mythe du XXIème siècle capable de solutionner tous les problèmes.

Sauvera-t-il les êtres humains de leurs folies ?

Sera-t-il une inspiration pour un nouvel initié ?

 

David Diallo

 


AFRICAINS MODERNES ET INITIATIONS

Paradoxe et incompréhension

par MDB

 


De nos jours, peu d’africains de moins de 50 ans ont eu l’opportunité de bénéficier d’une initiation traditionnelle. Faute à la vie urbaine et peut-être à la volonté des parents de les propulser dans le monde moderne.

Pourtant, tous ceux qui ont grandi et vécu dans le continent, connaissent peu ou prou, les concepts cités dans les articles de cette publication. Comme pourrait-on dire, un convive devant un plat cuisiné, ils en connaissent le goût mais pas nécessairement les mystères de la recette.

 

Ils connaissent les valeurs cardinales qu’elles véhiculent, en admirent les porteurs tout en sachant qu’il vaut mieux éviter d’essayer de les identifier. Ils en reconnaissent certaines manifestations dont ils savent aussi qu’il vaut mieux éviter de les braver.

De fait, ils les craignent un peu car entourés de mystères parfois perçus comme sulfureux.

Ainsi l’africain moderne cohabite avec le phénomène des initiations qui agit dans sa société et d’une certaine manière, le modèle souvent à son insu.

Phénomène véhiculé en permanence, bien qu’en sourdine, par le fond culturel ambiant, la musique, les proverbes, et même les habits et la façon de les porter.

Les concepts portés par les initiations, même non vécus, constituent les fondements culturel et mystique de leur être.

Et cela, indépendamment de leurs modes de vie modernes ou religieux avec lesquelles elles sont parfois en profondes contradictions.

 

Avoir pleinement conscience de cette dualité est indispensable :

· Pour nous africains d’aujourd’hui, afin d’éviter que cela ne nous entraine dans une forme de schizophrénie,

· Pour vous, étrangers qui nous côtoyez, afin de ne pas être surpris de nos réactions parfois incompréhensibles.

C’est ce que traduit l’adage qui veut que tout africain est parfois chrétien, parfois musulman, mais toujours animiste.

L’approche informelle, car non écrite de la transmission de ces concepts initiatiques, est l’une des causes de ces incompréhensions. Plusieurs ethnologues célèbres ont colporté malgré eux, des fausses informations, devenues vérités intangibles parce que gravées dans leur encre pour la postérité.

Ces soi-disant vérités n’étaient pourtant censées être que pour l’exportation car elles ne devaient pas tromper ceux qui baignent quotidiennement dans le flux local. Nous continuons à connaître la réalité des mythes et des concepts que la tradition orale continue à véhiculer et faire vivre.

Malheureusement, elles deviennent aussi les vérités pour les africains modernes qui n’en connaissent que le bruit de fond mais pas les codes pour accéder aux sens véridiques.

Ceux-là sont ceux qui, du fond de leur connaissances superficielles, et de leurs zèles de nouveaux convertis, s’autoproclament souvent aujourd’hui, défenseurs de leurs cultures (et/ou religions) modernes.

Ce sont ceux-là qui s’en prennent le plus violemment aux initiés Francs-maçons africains et les vouent aux gémonies. Souvent par crainte de s’en prendre aux initiés traditionnels auxquels on les associe sans oser le dire.

Ainsi, l’africain moderne balance, tel un funambule sur une diagonale entre les vérités importées, ingurgitées et souvent mal digérées, et les fondamentaux inscrits au plus profond de leur substrat culturel.

Difficile pour le Franc-maçon africain d’y impulser un équilibre harmonieux.

BD

Vieux Frère de Blaise Diagne


 

Etudier les initiations africaines

 

La question des initiations africaines a été étudiée par de grands anthropologues, ethnologues et parfois philosophes. Voici les auteurs majeurs avec leurs apports essentiels.

 

 

Amadou Hampâté Bâ

Il livre un témoignage intérieur des traditions initiatiques, la transmission orale et la dimension vécue.

 

Cheikh Anta Diop

Avec ses travaux sur les civilisations africaines, il a une approche plus historique et identitaire.

 

Victor Turner

Avec ses Travaux sur les Ndembu (Zambie), il approfondit la phase liminale et la notion de communitas.

 

Marcel Griaule

Connu pour ses travaux chez les Dogon (Mali), il décrit les systèmes initiatiques complexes possédant une transmission symbolique très structurée. À lire avec un nécessaire recul. 

 

Germaine Dieterlen

Elle a particulièrement étudié les cosmologies et les systèmes initiatiques.

 

Michel Leiris

Il a participé à la mission Dakar-Djibouti. Son approche est plutôt réflexive et questionne la complexité des rites.

 

Mircea Eliade

Le « pape » de l’initiation. Très éclairant pour lire les rites africains

 

Jean  Sybil La Fontaine

Anthropologue britannique, elle est connue pour ses travaux sur les sociétés secrètes et les initiations. Elle est en particulier l’auteure d’un rapport intitulé « The Extent and Nature of Organised and Ritual Abuse ».

 

Pour une lecture comparative entre initiation africaine et initiation maçonnique

 

Arnold van Gennep et Victor Turner rappelent que les deux types d’initiation reposent sur la même architecture :

 

• La séparation

- Le retrait du groupe et l’isolement (forêt, camp initiatique)

- ou le passage dans le cabinet de réflexion et la rupture avec l’ancien état.

 

• La liminalité (entre-deux)

- Epreuves, enseignements, perte des repères

- ou épreuves symboliques, obscurité, désorientation.

 

• La réintégration

- retour dans la communauté avec un nouveau statut

- réception comme initié, entrée dans la chaîne

 

Une différence majeure : le rapport au réel

 

Les initiations africaines (décrites notamment par Amadou Hampâté Bâ)  sont sociales et vitales et déterminent  le statut (enfant → adulte) les droits et les responsabilités. le symbole est inséparable du réel. Les épreuves font vivre la souffrance corporelle. L’initiation est réellement communautaire.

 

 

L’initiation maçonnique est une démarche volontaire et individuelle, sans conséquence sociale directe. Elle est symbolique et librement choisie. Le symbole est un media entre la conscience et le sujet. Les épreuves sont symboliques sans affect. La communauté maçonnique est peu structurée sans réelle cohésion. L’initié-e est transformé pour lui-même… et par lui-même.

 


Le prix discret de la liberté

par Horizon B

 

La liberté a quelque chose de presque poétique. On l’imagine, on la projette, elle évoque quelque chose de léger, d’ouvert, presque évident. Pourtant, dans la réalité, elle est beaucoup plus concrète et parfois bien moins confortable qu’on ne le croit.


Elle ne se donne pas vraiment. Elle ne vient pas de l’extérieur, ni d’une validation, ni d’un cadre qui soudain nous autoriserait à être nous-mêmes. La liberté, bien souvent, se prend. Et ce geste n’est pas anodin, parce qu’il oblige à sortir de ce qui est prévu, de ce qui rassure, de ce qui est attendu.

Aujourd’hui, on le voit de plus en plus, certaines femmes font des choix qui s’écartent des modèles classiques, elles ne se marient pas forcément, ne veulent pas toujours d’enfants, construisent seules leur activité ou leur équilibre de vie. Ces trajectoires existent, elles sont visibles, mais elles continuent à interroger, parfois à déranger, parce qu’elles ne correspondent pas à ce que l’on considère encore comme “normal”.

Ce chemin n’a rien d’idéalisé. Il demande d’accepter de ne pas toujours être comprise, de faire des choix sans être rassurée, d’avancer sans filet, parfois seule, avec des doutes et des moments où l’on se demande si l’on ne s’est pas trompée. La liberté a un prix, et ce prix n’est pas toujours léger.

En même temps, elle apporte quelque chose de très concret. Une forme de cohérence, le sentiment de ne plus se trahir, la possibilité de construire une vie qui correspond réellement à ce que l’on est. Elle permet aussi des relations plus justes, moins basées sur des rôles ou des attentes, davantage sur le respect et la clarté.

Mais il est important de ne pas confondre liberté et individualisme. Être libre ne veut pas dire vivre uniquement pour soi sans tenir compte des autres. La liberté engage, elle demande de se situer, de faire des choix sans les imposer, d’avancer sans écraser, avec une forme de respect qui reste essentielle. Sans cela, elle perd son sens.

Toutes les situations ne permettent pas d’être libre de la même manière. Certaines personnes vivent dans des cadres contraints, que ce soit dans des relations, des contextes de vie ou des réalités plus larges, et cela mérite d’être reconnu sans jugement. Mais même dans ces situations, il peut exister un espace intérieur, une manière de ne plus se trahir complètement, de garder une forme de positionnement qui, parfois, est déjà un début.

Peut-être que c’est aussi pour cela que la liberté est liée à une forme de paix. Pas une paix parfaite ni confortable en permanence, mais quelque chose de plus juste, plus aligné, qui permet de se tenir debout sans dépendre entièrement du regard ou de l’attente des autres.

Etre libre.. Es-tu prêt-e à en assumer les    conséquences ?

 

Horizon-B    

 


Coup de pouce d' ACAJEF

pour les Jeunes Étrangers scolarisés

en classe UPE2A à Clermont Ferrand

Par Sylvie Moy, Présidente d’ACAJEF

 


Les classes UPE2A ( Unité Pédagogique pour Élèves Allophones Arrivants.) sont destinées à l' accueil et à la formation en langue française d' élèves de toutes nationalités et de tout âges qui viennent d' arriver sur le territoire français et qui n'utilisent pas le français comme langue de scolarisation. Les élèves sont rattachés à cette structure pendant un ou deux ans.Les élèves,au mois de mai sont soumis à examen en langue française de leur niveau ( A1,A2,B1).

 

A l' issue des épreuves écrites et orales,ils peuvent obtenir le DELF: Diplôme d' Études en Langue Française. Ces examens sont reconnus partout dans le monde.

 

Pour bénéficier de ce dispositif, les jeunes, à leur arrivée en France sont accueillis par le CASNAV( Centre Académique pour la Scolarisation des enfants Nouvellement Arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de Voyageurs.).

 

Après un bilan de connaissances et de compétences ( en langue d'origine) effectué par le CASNAV et le CIO , le rectorat affecte les élèves allophones dans ce dispositif tout au long de l' année. 

 


L' objectif des classes UPE2A est de permettre aux jeunes :

· d' apprendre le français comme langue de scolarisation.

· de comprendre le fonctionnement de l' école française.

· de favoriser l'intégration progressive dans les classes ordinaires.

 

Un cadre commun pour vivre ensemble. 

 

A l' école la laïcité garantit que tous les élèves peuvent apprendre dans un espace neutre et respectueux des convictions de chacunes et chacuns.Dans une classe UPE2A les élèves viennent souvent de contextes culturels ou religieux très différents.La laïcité permet d' éviter les discriminations, de créer un cadre commun de respect , et d' apprendre les règles de la démocratie française.

 

 

L' élève , sa dignité, sont placés au centre.

 

Chaque être humain possède une dignité et une capacité à se développer par l' éducation et la connaissance.La diversité culturelle est valorisée, l' esprit critique est favorisé.Chaque élève, quelle que soit son origine peut réussir. L' école est un outil d' émancipation.

 

" La scolarisation des élèves allophones relève du droit commun et de l' obligation scolaire.Assurer les meilleurs conditions de l' intégration des élèves allophones arrivant en France est un devoir de la République et de son École." ( Circulaire numéro 2012 141 du 2 10 2012.)

 

 

Pourquoi l’ACAJEF aide les jeunes Étrangers et leur Famille ? 

 

Jeune association Clermontoise (créé en novembre 2025.) l’ACAJEF (association clermontaine d’aide aux jeunes étrangers et leurs familles)  souhaite participer au soutien des jeunes étrangers de l' agglomération Clermontoise et leur famille pour faciliter leur intégration dans la société française. 

Une raison fondamentale :la dignité humaine.

Tout être humain possède une dignité intrinsèque, indépendamment de son origine,de sa nationalité ou de sa situation administrative.

Aider les jeunes étrangers et leur famille, c'est reconnaître :

- leur humanité commune 

- leur droit à l' éducation.

- leur droit à la sécurité.

- leur droit à l' avenir.

C'est refusé qu'un enfant soit défini uniquement par son statut migratoire.

 

Parce que l' intégration est un enjeu de cohésion sociale.

Une société qui laisse une partie de sa jeunesse en marge:

· fabrique de l' exclusion.

· entretient les tensions

· affaiblit son propre tissu social.

 

L' intégration n' est pas un" cadeau", c'est un investissement collectif. 

· Aider à l' apprentissage de la langue, à la compréhension des codes sociaux,au suivi scolaire et à l' accès aux droits permet :

· d' éviter les fractures

· de prévenir la marginalisation.

· de renforcer la stabilité sociale .

 

Parce que la France est fondée sur des principes universels .

 

La République Française repose sur le triptyque Liberté - Égalité - Fraternité

 

La Fraternité implique un devoir d’accueil et d' accompagnement, surtout envers les plus vulnérables.

 

Aider à l’intégration, c'est permettre aux nouveaux arrivants :

· de comprendre les valeurs républicaines.

· de s'y inscrire.

· de devenir des acteurs responsables de la société.

 

On aide les jeunes étrangers et leur famille à s ' intégrer par humanité, par justice, par cohésion sociale,par fidélité aux valeurs républicaines, par responsabilité envers l'avenir. " 

 

Sylvie Moy




Initiation en pays bassari par Denis Tirat

 


 
 
 

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