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  • Nadia

«Être», «Devenir» ou « Être en devenir» ?



Naissance, découverte, amour, peur, bonheur, souffrance, travail, défi, réalisation, joie, fierté, déception, acceptation et mort.


Est-ce en ça que se résumerait ma vie ?


Si oui, pourquoi serait-ce ainsi ? pour assouvir un quelconque fantasme ? surtout pas le mien !

Pas le mien ?! mais que sais-je de mes désirs ? mes besoins ? qui suis-je d’abord ?!


Une question existentielle et tant d’autres similaires sont posées par tout un chacun ne serait qu’une fois dans sa vie, à sa manière, selon l’âge du questionnement, son contexte et le degré de maturité.


De ma part, mes interrogations persistent encore, et au fil de la réflexion je récolte plus de questions que de réponses.


L’injonction d’Apollon, reprise par Socrate : « Connais-toi, toi-même ! » m’interpelle, j’essaie alors de me définir de par mes caractéristiques physiques et émotionnelles, mon héritage génétique, mon positionnement géographique, mes orientations spirituelles et actuelles.


Pourrais-je ainsi affirmer mon « être » ?


Je finis rapidement par me rendre compte que ma prétention naïve de me connaitre est illusoire ; tout ce que j’ai dû lister comme éléments de mon identité, ne représentent qu’une image éphémère à un instant bien déterminé de ce que je suis, ou du moins ce que j’ai dû croire, et ce sous réserve de la subjectivité pouvant affecter le niveau de transparence et neutralité lors d’un auto-diagnostic.


Combien de fois est ce qu’on a réalisé des choses qu’on se voyait incapable de faire ? combien de fois est ce qu’on a changé d’avis après une discussion constructive ? combien de fois est ce qu’on a opté pour des choix contradictoires à nos idées ? …tant d’exemples à dénombrer pour affirmer le postulat que la singularité de l’être humain ne s’affirme que par l’expérience et le contact avec l’autre.


Ceci me rappelle la maxime de Nietzsche, empruntée à Pindare : « Deviens ce que tu es ! ».


J’entends, donc, que je ne suis que l’ébauche de ce que je deviendrai, que mon devenir est l’accomplissement de mon être, chose que je ne saurai qu’avec le temps, les épreuves et l’échange avec l’autre.


Mais est-ce mon simple voyage dans cette vie et ma transition d’une station à une autre sont suffisants pour révéler naturellement mon être ? n’aurais-je pas besoin d’une boussole pour m’orienter vers la direction souhaitée ? Encore faudrait-il que je sache où je vais !


En me référant aux conclusions de Pascal Blaise : « Toutes choses étant causées et causantes, aidées et aidantes, médiates et immédiates et toutes s’entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties », je déduis que ma boussole est mon environnement ainsi que les différents acteurs de la société, l’autre est donc mon miroir.


La compréhension de mon être, l’analyse de sa singularité et son amélioration passe par la connaissance et l’écoute de l’autre, et l’acceptation constructive de son retour.


Néanmoins, en reprenant quelques propos de Paul Claudel : « On dirait que les hommes, plus ils se connaissent moins ils s’aiment. Plus ils se touchent et plus ils se rétractent, plus ils prennent une conscience exclusive d’eux-mêmes, plus ils s’attachent à leur caractère propre et à leurs différences fondamentales », je soulève la difficulté du traitement avec l’autre.


Comme chacun de nous est une pierre de l’édifice social, on ne peut aspirer à un auto-accomplissement et un achèvement de soi de façon autonome, cette transcendance passe inéluctablement par un développement de ses qualités intrinsèques à travers le contact avec autrui. Cette communication aiguise une intelligence sociale, et nous pousse à une meilleure introspection pour sortir le meilleur du soi en devenir.


A ce stade, je sais que je suis un être avec un ensemble de caractéristiques que je devrais amener à maturité, avec l’aide de l’autre et un travail permanent sur soi pour devenir pleinement moi.


L’aspect cohérent de cette conclusion me satisfait. Je commence alors par dresser une sorte de feuille de route contenant les objectifs à atteindre et les pistes d’amélioration.


Le retour positif de mon entourage remarquant ma progression me procure une certaine fierté et m’encourage à fournir plus d’efforts. Mais au fond de moi, je n’étais pas si sure que je faisais les choses de façon optimale, « la vérité est dans la subjectivité » comme dirait Kierkegaard, jusqu’au jour où je découvre la franc-maçonnerie et sa démarche initiatique.


Humanisme, tolérance, droiture, respect de l’autre, acceptation, perfectionnement intellectuel et développement du collectif à travers l’unité, tant de valeurs essentielles m’inspirent et le code maçonnique devient mon hygiène de vie.


Je commence à sentir une responsabilité d’amélioration, plutôt qu’un simple besoin de perfectionnement, on dirait que j’ai signé un engagement tacite d’un travail continu sur soi pour contribuer au bien commun.


Ceci me comble amplement. Ne serais-je pas une franc-maçonne de fait ? ou devrais-je frapper à la porte du temple pour le devenir ? Est-ce le passage sous le bandeau et subir un ensemble d’épreuves qui ferait que je le devienne ?! certainement pas !


Si le devenir du franc-maçon se limitait à ceci on n’allait pas trouver de grands hommes passer leur vie à servir les valeurs de l’ordre.


Les écrits de Jean-Marie Chartier attisent ma curiosité et irriguent encore plus mon envie de franchir le pas, pour vivre pleinement ma « passion », et apprendre à mieux donner.


Mais suis-je prête à recevoir ?


La perfection est dans l’imperfection et un franc-maçon ne l’est qu’en devenir.


Nadia

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