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Quand je pense au sport, je pense à ceux qui le pratiquent

24 août 2025
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 oct.

Le sport, spectacle ou libération ?

Regards de femme par Horizon B.


Quand je pense au sport, je pense à ceux qui le pratiquent, seuls ou en équipe. Et puis je pense aux champions et aux championnes, à ceux que nous regardons à la télévision, que nous voyons gagner, perdre, monter sur un podium.


Ce qui m’impressionne chez eux, ce n’est pas seulement la victoire, c’est tout ce qu’on ne voit pas.


Les années de travail, les entraînements, la discipline, les renoncements. Beaucoup commencent enfants et consacrent une grande partie de leur jeunesse à leur sport. Il faut avoir une sacrée force de caractère pour tenir ce rythme et devenir, quelque part, une véritable machine de guerre, entièrement tournée vers un objectif.


Lorsque cette exigence vient d’une passion, je trouve qu’ils ont aussi beaucoup de chance. Trouver très jeune quelque chose qui vous anime au point de vouloir vous dépasser sans cesse est une belle chose.


Mais il existe une frontière. Certains parents peuvent projeter sur leurs enfants leurs propres rêves ou leurs frustrations et les pousser toujours plus loin. À ce moment-là, l’effort choisi peut devenir un sacrifice. La discipline choisie peut construire ; lorsqu’elle est imposée, elle peut enfermer.


Et puis vient le spectacle !


Je n’ai rien contre le spectacle. Bien au contraire.


Un grand match de rugby ou de football, une compétition, des Jeux olympiques peuvent procurer énormément de joie. On soutient une équipe, on retient son souffle, on espère. Et lorsque la victoire arrive, c’est parfois une véritable explosion collective !

Pendant quelques instants, le sport rassemble des personnes qui ne se connaissent pas autour d’une même émotion. Il fait rêver et peut aussi susciter des vocations chez les plus jeunes.


C’est peut-être là que le sport devient lui-même une forme de libération.

Bien sûr, il y a aussi les excès. Lorsque la passion pour une équipe se transforme en affrontements entre supporters, en agressivité ou en violence, il ne reste pas grand-chose du sport.


Pour les femmes aussi, le regard change


Le sport féminin me semble encore insuffisamment mis en avant, même si les choses progressent. Nous voyons davantage de football féminin à la TV, du handball et d’autres disciplines pratiquées par des championnes qui bénéficient enfin d’une plus grande visibilité.

Et je crois que cette visibilité est importante pour une raison très simple : pour se projeter, il faut pouvoir se reconnaître.


Une petite fille qui voit une championne courir, jouer au football, boxer, nager ou soulever des poids peut se dire : pourquoi pas moi ? Elle ne voit plus seulement un sport que pratiquent les autres, mais une possibilité qui lui appartient aussi.


Le sport peut être alors une forme de liberté très concrète : celle de découvrir ce dont notre corps est capable. Et ce rapport au corps évolue aussi avec l’âge.


Je le vois dans mon propre parcours. Plus jeune, le sport était pour moi davantage lié au physique et à l’apparence. Avec les années, mon regard a changé. Aujourd’hui, j’y ajoute la notion de santé, d’hygiène de vie, l’envie de préserver mon corps, de rester mobile et de me sentir bien.


Je pense que beaucoup de femmes peuvent se reconnaître dans cette évolution. Nous avons longtemps été habituées à regarder notre corps aussi à travers son apparence. Le sport peut bien sûr servir à le transformer, mais il peut également nous apprendre autre chose : à l’habiter, à sentir sa force, ses possibilités et parfois simplement le plaisir de le mettre en mouvement.


Une libération différente pour chacune et chacun


Nous avons mille raisons de pratiquer une activité physique et elles évoluent au cours de notre vie.


Certains cherchent le goût de l’effort ou le dépassement de soi. D’autres veulent se vider la tête, évacuer le stress, retrouver une meilleure forme physique ou mentale, perdre du poids ou simplement se sentir mieux.


L’effort peut procurer une sensation de libération extrêmement forte, presque une forme de jouissance. Le corps travaille, le mental décroche et quelque chose se relâche.

Et cette liberté n’a pas forcément besoin d’un podium.


Elle peut se trouver dans une course, une randonnée, un entraînement collectif ou simplement dans le plaisir de sentir son corps encore capable de bouger, d’apprendre et de progresser.


Alors spectacle ou libération ?


Pour moi, le sport peut être les deux. Mais je crois qu’il reste avant tout une libération.

Celle du champion ou de la championne qui se dépasse. Celle d’une petite fille qui découvre qu’un terrain lui appartient autant qu’à un garçon. Celle d’une femme qui, avec les années, ne demande plus à son corps de correspondre à une image mais cherche plutôt à le préserver et à se sentir bien avec lui. Et même celle du spectateur qui, pendant la durée du match, oublie tout le reste et se laisse emporter par une émotion collective.


Peut-être est-ce finalement l’une des forces du sport : nous libérer de façons très différentes, que nous soyons sur le terrain, dans les tribunes ou simplement en mouvement.


Horizon B.

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