Pour une franc-maçonnerie,

outil d'une sagesse recherchée

Pour un renouveau maçonnique

 

 

La Franc-Maçonnerie existe depuis plus de trois cents ans. Elle a eu son heure de gloire et puis elle s'est divisée ! Aujourd'hui, il y a trente six manières d'être franc-maçon mais le point commun reste un rituel d'inspiration chrétienne que l'on pratique en l'interprétant comme on veut ! Alors qu'il ne devrait y avoir qu'une obédience, les divisions ont favorisé la multiplication d'obédiences qui sont devenues des "machines" à créer du "paraître" ! 

La réflexion nous incite à proposer une autre vision de ce que pourrait être l'intérêt de promouvoir la franc-maçonnerie aujourd'hui !

Quel pourrait être l'intérêt

aujourd'hui d'être franc-maçon-ne ?

En simplifiant on pourrait dire que si le fait d'être franc-maçon peut avoir un intérêt, il ne pourra s'agir que d'un intérêt qui aide les êtres humains à vivre de façon harmonieuse, authentique et bienveillante.

Celles et ceux qui cherchent un intérêt mercantile, politique ou égoïste ont d'autres moyens beaucoup plus efficaces que l'appartenance maçonnique.

 

L'idéal maçonnique,

un concept novateur et évolutif

 

L'idéal maçonnique nous invite en premier lieu à composer avec notre ego ;  cet idéal maçonnique est destiné à dépasser les ambitions personnelles pour nous propulser dans une dimension plus universelle, celle du vivant sur la planète Terre  ; le doute inhérent à toute démarche philosophique peut nous y aider et aussi la distance indispensable à une approche la plus possible dépassionnée.

Les êtres humains ont besoin d'idéaux pour justifier leurs engagements et pour accepter les contraintes incontournables lorsqu'on se doit de faire des efforts et de modifier son comportement.

La conception d'un idéal maçonnique, pourrait aussi s'inscrire dans une démarche platonicienne où l'utopie invisible est aussi notre compagne . Celle-ci impose cependant un préalable : il ne faut jamais oublier de resituer la démarche maçonnique dans le parcours de vie. Il faudra donc pour chacun(e) l'intégrer dans une relation de proximité avec le propre idéal de vie que nous pouvons concevoir. 

Et puis, ce bel idéal ne pourrait-il pas nous inciter à avoir ce que les anglo-saxons appellent "a masonic way of life " et que nous pourrions traduire par "Vivre maçonniquement" ?

 

 

 

Définir l'Idéal Maçonnique

 

Les principaux éléments qui signeraient l'idéal maçonnique pourraient être :

 

- La méfiance envers le fonctionnement primaire des êtres humains et la nécessité de l'apprentissage pour acquérir une maitrise de ses pulsions ;

 

- La volonté de se rencontrer et de partager des différences

 

- Le respect mutuel et l'absence de désir hégémonique 

 

- La nécessité de fonctionner selon un rituel qui impose le temps de réflexion

 

- La revendication de la non-violence

 

- La conviction que vivre en Paix est du domaine du possible

 

 

Les six principes fondamentaux

de l'Idéal maçonnique

 

- La pensée symbolique :

C'est une des spécificités du travail maçonnique ; bien que le symbolisme se rencontre dans d'autres organisations sociales (en particulier pour la pratique religieuse), il bénéficie dans la loge maçonnique d'une utilisation destinée à favoriser la perception des concepts et il donne une teinte très particulière  au travail de recherche personnelle.

- L'importance du rituel :

Il ne peut y avoir de fonctionnement cohérent d'un groupe humain sans le respect d'un rituel ; selon les sociétés, le respect du rituel est plus ou moins exigeant mais chacun s'accorde à dire que c'est un élément indispensable pour assurer un bon travail collectif. 

- La tolérance  et son corollaire, la liberté de conscience :

Après près de 300 ans d'évolution, et malgré des réticences encore présentes, les loges maçonniques sont devenues des espaces d'acceptation des différences et de respect des opinions personnelles qu'elles soient politiques, religieuses ou autres. 

- le pacifisme :

Il semble que la première motivation des initiateurs des loges maçonniques soit de nature pacifiste : instaurer la paix par l'écoute et le dialogue. 

- l'universalisme  :  

 Cet universalisme  place l'être humain dans la configuration de l'infiniment petit entouré par l'infiniment grand. aujourd'hui, l'universalisme induit la condamnation des nationalismes, la mondialisation des problématiques et donc de la recherche de solutions.

- l'élitisme : 

Que ce soit par le travail manuel (dit opératif) ou intellectuel (dit spéculatif), la tradition maçonnique valorise le travail, le savoir faire et la recherche ; la connaissance que procure le travail induit un élitisme de l'intelligence, du sérieux et de l'esthétique ! L'élitisme maçonnique est un élitisme de devoirs et d'humilité.   


 

L'idéal maçonnique : le remède contre les divisions maçonniques

 

Francs-Maçon(ne)s, votre rituel importe peu ! Quel qu’il soit, s’il vous convient, s’il vous permet de vous respecter, il sera le bienvenu !

Certaines loges préféreront un rituel mystique, d’autres un rituel plus ouvert sur la société, qu’importe !

Des dérives multiples engendrent une méfiance à l’encontre de la démarche maçonnique,  qui est parfois présentée comme une concurrence des religions, un pouvoir soi-disant occulte, un détournement des lois et règlements.

Il nous faut donc travailler, patiemment, au sein des loges et en dehors des loges : rassembler ce qui est épars, recréer les conditions du dialogue, améliorer sans cesse le fonctionnement des loges , éviter les querelles inutiles : le chantier est vaste et rien n’est facile !

Heureusement, malgré les épuisements, les découragements,  nous avons cette étoile qui nous guide, cet idéal qui nous fait vibrer !

 

Quel sens donner

à une existence humaine ?

Humblement, la recherche du Beau, du Bon et du Juste !

La franc-maçonne et le franc-maçon sont engagés dans une recherche ! Mais quelle recherche ?

 

Le champ des recherches est très vaste ; l’histoire de la pensée humaine montre bien  que certaines recherches sont des impasses qui ne mènent à rien si ce n’est qu’à une satisfaction égotique passagère :

  • La recherche du pouvoir sous toutes ses formes,

  • La recherche mystique avec une  hypothétique régénération dans un au-delà fantasmé,

  • La recherche d’une sécurité affective ou matérielle.

 

La seule recherche qui élève l’individu tout en lui enseignant l’humilité, lui redonne sa place dans le monde du vivant et dans le cycle des événements naturels, et lui permet de développer son potentiel intellectuel, n’est-ce pas la recherche du bon, du beau et du juste ?

 

Platon en parle déjà en évoquant la mort qui attend Socrate !

 

C’est par l’action et par son exemplarité que nous exprimons notre travail de recherche !

 

Notre héritage compagnonnique nous enseigne qu’avec l’apprentissage, le travail et l’idéation, tout est possible :

  • Produire du beau n’est pas réservé à l’artiste même si lui ou elle a cette fonction sociale !

  • Produire du Bon c’est mettre en œuvre cette bienveillance indispensable aux rapports humains !

  • Etre Juste, c’est accepter de prendre du recul sur la passion !

L'idéal maçonnique, un idéal pour les jeunes européens

De tous temps, la jeunesse recherche un idéal ; c’est l’idéal qui donne un sens à la vie et qui répond aux besoins d’élévation ;  chaque être humain commence à le rechercher  dès l’adolescence ! Le choix se fait à l’occasion de rencontres ou de lectures ou suite à des informations reprises par les médias !

L’idéal peut être une révolte qui incite à agir et à vouloir changer ce qui peut apparaître comme une injustice ! La notion d’idéal renvoie souvent à une organisation sociale idéale et à des rapports humains fondés sur la Paix, la Justice et l’Harmonie.

Il y a des idéaux crédibles, familiers, culturels mais aussi d’autres plus ou moins sectaires et dogmatiques.

A chaque époque, il y a aussi les déceptions d’une jeunesse déçue par des idéaux anciens portés par des mouvements qui se sont décrédibilisés au fil de différentes affaires. Ces déceptions peuvent entraîner un nihilisme, du cynisme et un mal de vivre !

Aujourd’hui, l’idéal européen souffre de l’incapacité de s’illustrer de façon concrète dans les différents pays de notre Europe !

En 2016, dans une tribune du Monde, Jacques Delors affirmait :

« Pour que l’Europe retrouve un nouveau souffle, une attention particulière doit être portée à la jeune génération qui, au Royaume-Uni comme dans le reste de l’Europe, est attachée à ces valeurs et se sent européenne, mais qui ne s’engage pas dans le combat politique, faute d’y croire encore. C’est elle qui, mieux que quiconque, pourra porter un renouveau de l’UE, et c’est elle qu’il faut convaincre de s’engager dans ce combat pour un monde meilleur. »

 

Parce que la Franc-Maçonnerie est fille de l’Europe des Lumières et que nous sommes par essence des pacifiques et des universalistes, il est clair que les francs-maçonnes et les francs-maçons ont vocation à s’inscrire dans la dimension européenne.

L’engagement maçonnique évoque la notion d’idéal au moment de la fermeture des travaux de loge :

« …Avant de nous séparer, élevons nous ensemble vers notre idéal, qu’il inspire notre conduite dans le monde profane, qu’il guide notre vie, qu’il soit la lumière sur notre chemin »

Tout d’abord, et en préambule,  je voudrais dire que j’ai une affection particulière pour cette partie du rituel et  pour cette phrase. Elle a, pendant un temps, constitué pour moi, les derniers mots que j’entendais avant de repartir dans le monde profane. J’étais apprenti et c’était alors  le temps, où la chaîne d’union se faisait après la clôture des travaux. Il y avait Mozart en musique de fonds, et ces mains qui serraient d’autres mains me transmettaient une force, un désir, une projection vers un nouvel univers. Cet instant constituait donc, pour moi le début du véritable travail, celui qui donnait du corps à notre engagement, qui consistait à être un maçon dans la cité.

Mais celui-ci reste peu explicité et il apparaît ainsi en demi-teinte ; on développe beaucoup plus en loge la démarche initiatique individuelle fondée sur des rites qui pour la plupart datent du XVIIIème siècle et semblent déconnectés de la réalité du monde contemporain.

On entend parfois en loge, certains frères ou certaine sœurs se réfugier dans une certaine "contemplation" en récusant l'idée même de l'engagement, pourtant présent dans les premiers textes fondateurs de la démarche maçonnique. Ce déni de l'engagement est respectable et peut se comprendre dans une conception théologique où la vie terrestre n'a au final que peut d'intérêt si ce n'est d'y échapper en imaginant un transfert dans un autre monde, mais est-ce notre chemin ?

N’a-t-on pas le devoir de témoigner, de proposer, d’aller vers l’autre et en particulier les jeunes, pour transmettre ce qui nous pensons Beau, Juste et Fraternel ?

Ne pourrait-on pas rester fidèle au profond désir de paix et de tolérance qui habite encore le cœur de celles et de ceux qui ont trouvé dans la démarche maçonnique une vraie altérité ?

Au total, pour peu qu’on resitue nos valeurs dans notre époque, l’idéal maçonnique existe bien !

Un Idéal se définit comme un désir de perfection. Il est donc par essence et par nature, abstrait. Bien qu’il ait peu de chance d’être atteint, il n’en demeure pas moins motivant. En parallèle on évoquera l’utopie, construction imaginaire et rigoureuse d’une société, qui constitue par rapport à celui qui la réalise un idéal total. On comprend dés lors que les deux termes idéal et utopie sont intimement liés. La franc-maçonne et le franc-maçon, sont  idéaliste et par voie de conséquence également utopiste.

Albert Jacquard parlait ainsi de  l’Utopie :

“L’Utopie, c’est une étoile lointaine vers laquelle on prend la décision de se diriger. Il ne s’agit pas de prétendre l’atteindre, mais d’être fidèle à l’attraction de sa lueur, même lorsqu’elle est à peine discernable dans le brouillard.”

L’idéal maçonnique, c’est d’abord un vœu :

  • Que la Paix règne parmi les êtres humains !

  • Femmes et Hommes de tous les peuples, entendez-vous !

  • Respectez-vous ! Acceptez vos différences !

 

Pour cela, nous avons une méthode : réunissons-nous, parlons-nous !

D’abord dans une loge, avec une manière de fonctionner, un rituel, une autorité que chacun respecte, mais aussi, dans le monde profane !

Bien sûr, comme les êtres humains ne sont pas spontanément humanistes, que des intérêts interfèrent sans arrêt, que la violence est génétiquement un mode de relation, il faut se rendre à l’évidence que la mise en œuvre de cet idéal n’est pas facile !

Au vu du désordre qui règne sur notre planète et en particulier en Europe, des violences et autres instabilités générant de la souffrance, la jeunesse a des raisons d’être déboussolée et de se tourner parfois vers des « paradis artificiels »  !

Nous devons aussi être conscients que des dérives multiples qui ont pu apparaître comme une concurrence des religions, un pouvoir soi-disant occulte, un détournement des lois et règlements, ont engendré une méfiance à notre encontre.

 

Il faut donc travailler, patiemment, au sein des loges et en dehors des loges : rassembler ce qui est épars, recréer les conditions du dialogue, améliorer sans cesse notre exemplarité, éviter les querelles inutiles, recréer un contenu contemporain à cet idéal : le chantier est vaste et rien n’est facile !

Heureusement, nous avons cette étoile qui nous guide, cet idéal qui nous fait vibrer, malgré les épuisements, les découragements !

  • Aux jeunes européens qui doutent ou qui se fourvoient dans des impasses idéologiques,

  • A celles et ceux qui prétendent que la vie n’a aucun sens et qu’il faut en jouir le plus possible et de mille façons avant de disparaître,

  • A celles et ceux qui assimilent le sens de la vie à un désir  profond enfoui dans leur personnalité  et uniquement accessible par une approche mystique,

  • A celles et ceux qui conçoivent le sens de la vie comme une connaissance inaccessible,

  • Nous pouvons, avec l’idéal maçonnique, apporter un contenu qui leur parle !

 

Aujourd’hui, on comprend bien que l’être humain est soumis à tellement de contraintes que son existence apparaît souvent comme une suite de portions de vie n’ayant pas vraiment de cohérence ; des motivations soit matérielles soit affectives peuvent donner transitoirement  un sens mais toujours dans un court ou moyen terme !

 

L’idéal maçonnique peut constituer ce fil rouge qui les aidera à traverser les épreuves, à faire des choix et savoir garder une conduite éthique dans un monde où les tentations sont fréquentes !

 

Cet idéal maçonnique que nous pourrions proposer de mettre en exergue partout en Europe, il pourrait se composer de douze têtes de chapitres :

  1. La mise en œuvre des Droits des êtres humains

  2. Le respect  des traditions,

  3. La liberté de conscience,

  4. Le respect par chacun des autres et de ce qu’ils pensent,

  5. La non-violence ;

  6. La mise en valeur du travail, de la rigueur et de la recherche ;

  7. La valorisation des savoirs manuels ;

  8. La recherche de la perfection,

  9. L’intégrité et le respect d’une éthique humaniste ;

  10. L’universalisme de la fraternité ;

  11. Le respect de la Nature, condition de l’harmonie ;

  12. Le refus des privilèges liés au genre, à la classe sociale, au pouvoir ou à l’ethnicité !

 

Ces douze têtes de chapitre renvoient bien sûr aux douze étoiles du drapeau européen !

Il n’est pas le lieu ici de rentrer dans le détail de ces chapitres mais vous imaginez bien tout ce qu’il y a à dire ! Cet idéal maçonnique pourrait être repris et réapproprié par les obédiences et les loges européennes  et constituer un espace fraternel ouvert à tous !

Alors, mes sœurs, mes frères, rêvons ! Imaginons nos possibles initiatives pour aller au contact de cette jeunesse, pour lui proposer des actions en accord avec cet idéal :

  • D’abord apprendre à se connaître, ) s’aimer, apprendre la bienveillance indispensable au vivre ensemble !

  • Cultiver l’intégrité et dénoncer la corruption et les conflits d’intérêt pour promouvoir l’intérêt collectif !

  • Apprendre à concilier l’intérêt individuel et l’intérêt collectif en imaginant l’état européen comme une structure de conciliation !

  • Imaginer une vie privilégiant la réflexion  et une consommation repensée !

  • Mettons nos imaginaires au service d’un mode de vie différent moins préoccupé de consommation et plus attentif aux risques de détérioration de notre planète ! 

 

Il y aurait tant à dire et l’heure est venu de me retirer :

 

Que reste-t-il ?

 

Dans une existence incertaine,

Je navigue vers la fin !

Que reste-t-il de toutes ces questions qui ont hanté ma vie ?

Survivre ou vivre dans l'intime espoir de réaliser un espace de beauté ?

 

Comprendre ou subir ?

Maîtriser l'indicible ?

Savoir que l'essentiel est dit !

Croire que tout est encore possible !

 

Où sont les repères de jadis ?

Les certitudes aussi ?

Le silence comme ultime conviction ?

Et aussi le sourire ?

 

 

J’ai dit

 L'Idéal Maçonnique,

Objectif Sagesse !