Articles du blog

Comment se connaître aujourd’hui ?

September 13, 2019

 

"Connais-toi toi-même !", la fameuse devise inscrite au frontispice du Temple de Delphes est une injonction qui a été souvent reprise par les auteurs maçonniques.

 

C’est une question difficile et on pourrait presque dire impossible ; les pistes qui sont présentées ci-dessous ne sont sûrement pas exhaustives.

 

Mais avant d’essayer de se connaître, peut-être n’est-il pas inutile de savoir ce qu’on essaye de découvrir ; d’un point de vue psychologique, si l’on se réfère à ce que l’on connait aujourd’hui, on pourrait rappeler :

  • que la formation de la personnalité découle de cinq facteurs :

    • une prédisposition génétique

    • une dépendance affective à l’environnement familial dans la petite enfance (de 0 à 7 ans)

    • un apprentissage des savoirs dans l’enfance et l’âge adulte

    • une dépendance à un environnement socio-culturel dans l’enfance et l’âge adulte

    • une exposition aux risques (maladies, accidents, intoxications, etc.) avec son impact possible sur l’aspect médico-psychologique.

  • qu’une personnalité à l’âge adulte présente trois facettes qui l'identifient :

    • le pôle affectif (gestion des émotions)

    • l’extériorisation (gestion des comportements)

    • les savoirs (capacité cognitive)

 

Au total, on pourrait définir une personnalité par :

  • un savoir :

    • le savoir pratique des gestes de la vie quotidienne et sociale

    • le savoir intellectuel (apprécié par niveau de scolarité ou par les acquis de l’autoformation)

    • le savoir à potentialité professionnelle

    • les autres savoirs (ludique, sportif, artistique, etc.)

  • une sensibilité psychologique

    • structure affective liée à l’enfance

    • dépendance affective actuelle

    • stabilité affective ou non

  • un comportement sexuel

    • domination

    • soumission

    • négociation

  • un mode de réactivité aux stimulations

    • intériorisation

    • opposition

    • évitement

  • et une capacité d’adaptation aux environnements

    • intégration

    • rejet

    • exclusion

 
Les motivations du processus de connaissance de soi-même :

 

S’agissant d’une démarche rentrant dans le cadre du processus initiatique, on peut penser que celle-ci aura à "s'impacter"  dans une de ces quatre situations :

  • Un équilibre de vie plutôt satisfaisant avec une intégration sociale acceptée

  • Une problématique personnelle conflictuelle sur le plan familial et/ou professionnel

  • Un profond désir de changement lié à une insatisfaction existentielle

  • Un questionnement éthique sur le mode de vie suivi.

Pour mettre en oeuvre le processus d'introspection, deux processus sont possibles même s'ils peuvent se compléter ou se suivre :

  • Vouloir se connaître seul(e)

  • Vouloir se connaître en bénéficiant d’un accompagnement

Il est clair que dans les deux cas, cela ne peut pas se faire en loge ; il s’agit d’une démarche individuelle en lien avec la démarche initiatique mais réalisée en dehors de la loge et de ses membres.

 

Signalons, tout d’abord, le danger d’une démarche mystique pour « mieux se connaître » : c’est un leurre qui peut entraîner vers des pratiques délirantes pouvant gravement déstabiliser des personnalités « border-line ».

 
Se connaître seul(e) :

 

Chaque être humain fait l’expérience de la solitude ; cela peut être de façon continue selon la période de vie dans laquelle on est et cela peut correspondre à des moments particuliers dans la journée, la semaine ou le mois.

 

Cette expérience est forcément concomitante d’un état psychologique lié au vécu de la personne concernée avec toutes les variations possibles.

 

Se connaître seul(e) suppose un minimum de connaissances et un plan ou une méthode ; des  sites internet proposent des tests de personnalité (gratuits ou plus souvent payant) qui peuvent aider (en particulier le profil DISC).

 

A partir des différentes informations recueillies et en se basant sur les 5 items plus haut définis on peut déjà obtenir une description de l’état actuel de la personnalité.

 

L’expérience prouve que cette approche solitaire de sa propre personnalité, ne peut être que très limitée :  on arrive à connaître quelques points faibles de sa personnalité et aussi les aspects séducteurs mais cela reste très superficiel !

 

 
Se connaître en bénéficiant d’un accompagnement :
 

C’ est sûrement la méthode la mieux adaptée même si le choix de l’accompagnant(e) n’est pas toujours facile.

 

La psychanalyse est la méthode de choix pour mieux se connaitre : elle demande du temps, de la patience et entraîne inévitablement des moments de souffrance.

 

Un accompagnement psychothérapique non psychanalytique peut également être exploré : il semble que la psychothérapie comportementale et cognitive soit la plus adaptée pour nombre de situations. Elle est sûrement moins poussée que la méthode psychanalytique mais suffisante dans la grande majorité des cas !

 

On pourrait placer la contribution de notre frère Jacques Fontaine sur ce même sujet dans cette catégorie d'un apprentissage issu d'un accompagnement.

 

 
Que faire, après ?
 

La connaissance de soi doit, dans la logique maçonnique, s’orienter vers une capacité de « correction » et d’amélioration qui n’est possible que si une stabilité affective est acquise.

 

Dans la pratique, il s’agit d’abord de gérer deux catégories d’affects :

  • Les désirs

  • Et les peurs !

L’homme (ou la femme) de sagesse doit pouvoir vivre sans désirs et sans peurs : c’est un objectif très exigeant mais s’il est suivi il permet d’acquérir beaucoup de sérénité !

 

« Tailler sa pierre brute » est souvent perçu comme la conséquence d'une connaissance de soi pour se débarrasser des imperfections et devenir une belle pierre capable de s'insérer dans la construction symbolique du temple de Salomon.

 

Mais, de façon plus prosaïque, ne pourrait-on pas comprendre aujourd’hui cette recommandation comme  notre capacité à ne pas se laisser influencer par des désirs et des peurs qui modifient profondément le travail de la pensée.

 

Les découvertes contemporaines en matière de psychologie nous encouragent à penser que l’être humain est perfectible et en cela elles confortent l’approche compagnonnique d’un travail vers la perfection par le la connaissance et la persévérance.

 

Please reload

Blog de l'idéal maçonnique

July 1, 2015

1/1
Please reload

Articles récents
Please reload

 L'Idéal Maçonnique,

Objectif Sagesse !