Femme et franc-maçonne
- Matéo Simoita
- 7 juil. 2020
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 jours

La condition féminine aujourd'hui
Aujourd'hui encore la société humaine, quel que soit les pays, est d’abord machiste !
C’est un constat banal ! Depuis quelques siècles des femmes tentent de conquérir plus d’égalité entre les droits selon les genres.
A l’occasion du 8 Mars, Journée internationale des droits des femmes, il est tentant de faire le point !
Selon les régions du monde on peut distinguer plusieurs variantes :
Les pays où le droit accorde aux hommes une supériorité sur les femmes
Les pays qui ont commencé à accorder une dose d’égalité entre hommes et femmes
Les communautés qui résistent à la féminisation des fonctions
Les communautés qui résistent à accorder la parité.
Globalement on pourrait dire que :
La femme est toujours objet d'une souffrance sociale !
les droits des femmes se sont surtout améliorés dans les pays dits développés.
La religion est souvent un moyen de soumettre les femmes au pouvoir masculin.
Le machisme avec les violences faites aux femmes procure une certaine impunité.
La soumission des femmes est une donnée générale qui se rencontre partout.
Et en franc-maçonnerie :
Bien que la Franc-maçonnerie mette en avant la liberté de conscience, revendique la pratique de l’Egalité et de la Fraternité, prône la recherche de la Justice en toutes choses, la Femme fait encore l’objet d’un ostracisme pratiquement général au niveau mondial !
Quelles évolutions :
Le progrès c’est naturellement la reconnaissance de la mixité : c’est malheureusement une reconnaissance partielle qui reste minoritaire. Aujourd'hui encore, la grande majorité des loges maçonniques à travers le monde interdit l’initiation des femmes ! C’est une réalité rétrograde, sexiste et sectaire et pourtant elle est réelle !
Mais la non-mixité est parfois revendiquée pour mieux protéger la féminité
Le conservatisme machiste maintient sa prééminence dans deux domaines (y compris dans les loges muxtes)
Le refus de la masculinisation des fonctions (sauf pour certaines obédiences à certains degrés)
Le refus de la reconnaissance de la parité !
Face au Mur du Machisme et du Sexisme, une identité en quête de reconnaissance !
Alors que la franc-maçonnerie se veut une école de promotion des droits humains, les femmes sont acceptées à condition qu’elles admettent d’être soumises : au mépris des injonctions ministérielles, les fonctions restent pour la plupart des obédiences, masculines et la parité n’est pas reconnue !
Et dire que de nombreuses sœurs trouvent cela normal !
Le complexe des femmes battues perdure même dans les loges !
Pour combien de temps encore ?
Femme et Franc-Maçonne aujourd’hui ne va pas de soi. L'égalité des droits n'est pas au rendez-vous.

Dans de nombreuses loges la règle du Masculin prévaut jusque dans le vocabulaire ! Dans de nombreuses loges on impose une robe castratrice pour cacher toute trace de féminité ! Etre Femme et Franc-Maçonne est réservée à une minorité qui accepte de voir leur féminité bafouée pour pouvoir pratiquer les rituels maçonniques !
La femme en Franc-maçonnerie, quand elle été acceptée, doit accepter de perdre son identité de femme et doit se « mouler » dans les rituels masculins de l’initiation !
Double peine en sorte : non seulement on lui refuse l’initiation maçonnique et quand on l’accepte on lui impose un modèle masculin !
Et malgré tout cela, les franc-maçonnes s’accrochent et certaines s’affirment !
Bien sûr, des francs-maçonnes acceptent de rentrer dans le moule du conformisme, de faire comme si de rien n’était et d’entendre les propos lénifiants des pontifes auto-proclamés de l’institution !
Comme dans la société profane, les femmes apprennent à courber l’échine avant un jour d’oser se révolter pour affirmer leurs droits et leurs identités ! En franc-maçonnerie, ce jour n’est malheureusement pas encore venu !
Il en en faudra du temps pour que, sur cette Terre, la Femme ne soit plus l’esclave de l’Homme ! Ah oui bien sûr en 2026, personne n’ose plus utiliser ce mot et pourtant la réalité n’est-elle pas de cette nature ?
Esclave sexuelle, esclave domestique confinée dans un rôle maternel, esclave économique que l’on sous-paye sans aucune gêne, esclave initiatique que l’on tolère par devant et qu’on dénigre allègrement dans les conciliabules phallocrates !
La Franc-Maçonnerie n’appartient pas aux mâles ! Elle est une création de l’Humanité ! L’essentiel de son projet est de cultiver la Paix et de rechercher la Vérité ! Nul n’a le droit ni les qualités pour se l’approprier par l’exclusive ! Seule la capacité de réaliser ces valeurs peut donner une crédibilité à celle ou à celui qui voudrait s’en réclamer !
Autant la démarche maçonnique est riche de potentialités, autant, aujourd’hui, celles et ceux qui sont chargés de l’administrer et de la faire vivre, ne vont pas jusqu'au bout de leur devoir d'égalité !
Vive la Franc-Maçonnerie Universelle ! Vive l’égalité des genres ! Vive la liberté d’initier ! Vive le 8 mars, journée de toutes les femmes !
Au total, on voit bien qu’il reste encore du pain sur la planche, aussi bien dans les différents pays que dans les loges !
Hommage à Hubertine Auclert …

Le 10 avril on fête la mémoire d’Hubertine Auclert (1848-1914) !
Quelle passion que cette vie ! Quelle exigence sans cesse énoncée pour revendiquer l’égalité essentielle ! Quelle avance sur son temps y compris sur les féministes de son époque !
Maria Deraisme était une affreuse « collaborationniste » à côté d’Hubertine Auclert pour qui le féminisme n’avait pas besoin des hommes !
Hubertine Auclert restera une figure particulière remarquable par sa capacité à ne pas taire une revendication essentielle, le suffrage féminin, même si celui-ci en ce début du XXème siècle n’était même pas soutenu par l’ensemble des mouvements féministes !
Mais même Hubertine Auclert n’avait pas prévu que le suffrage accordé aux femmes, en France après la 2ème guerre mondiale, ne suffirait pas à les préserver du machisme et de la ségrégation !
S’il faut des femmes résolues et engagées pour défendre leurs droits, il faudra encore des années pour convaincre la majorité des femmes de ne pas accepter leur condition d’objet de souffrance sociale !
Cette capacité d’accepter des demi-mesures, de courber l’échine, de ne pas oser protester et de se mouler dans la contrainte explique en grande partie l’insolence masculine pour imposer ses codes.
Et malheureusement les loges maçonniques féminines ne sont pas spécialement à la pointe de cette dénonciation de l’oppression féminine. Car en loge les femmes se doivent aussi d’accepter les exigences masculines que recèlent aussi bien les habitudes que les rituels !
Et malheur à celles d’entre nous d’oser exprimer le vécu de la « modélisation » féminine aux phantasmes ésotériques masculins : sauf circonstances particulières, elles devront partir !
Le genre dans l'écriture
Ecriture inclusive, langage épicène, lutte contre le harcèlement sexuel, la féminité se révolte et c’est bien, n’en déplaise aux machistes et aux sexistes qui ne connaissent de la vie que leurs égos !
En 2018, le jury de la GLFF a décerné à Eliane Viennot le Prix du Droit des Femmes !
Anesthésiées par ce déni du féminin qui imprègne encore de nombreux cercles maçonniques, de nombreuses obédiences féminines et les ateliers supérieurs, en Machisme et Sexisme, il est réconfortant de voir que la GLFF assume avec courage notre droit à exiger le respect qui nous est du !
Sans mettre sur le même plan la lutte contre le harcèlement sexuel et le combat pour la reconnaissance de l’écriture inclusive, ne sont ce pas les deux faces d’une même pièce ?
Dans ce monde où la violence masculine n’en peut plus de se donner libre cours pour vivre sa jouissance, notre rébellion passe pour incongrue, exagérée, déplacée !







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