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La méditation de pleine conscience

Dernière mise à jour : 29 janv.

L’origine du mot est très ancienne, plusieurs siècles avant JC en Inde ; on parle de bhāvanā terme sanskrit qui signifie  « création mentale», « développement mental », « méditation », « contemplation ». 

 

Le mot Méditation en Europe a une origine relativement récente ; selon le dictionnaire CNRTL il date de la 1remoitié du xiies. et possède le sens religieux de meditatiun «contemplation ».  

 

Dans son utilisation religieuse, on pourrait assimiler la méditation  à une prière. Dans le Soufisme, c’est une technique mystique. Dans l’Hindouisme et dans le Bouddhisme  elle est associée à la pratique du yoga.

 

A partir des années 1970,  le terme perd son exclusivité religieuse pour rentrer dans le langage courant à la suite des travaux du Professeur américain Jon Kabat-Zinn qui conceptualise la Mindfulness Meditation ou Meditation de pleine conscience que certains appelleront la méditation laïque.

 

L’objectif premier de Jon Kabat-Zinn est de proposer une utilisation de la méditation pour diminuer l’impact du stress sur l’organisme.

 

Plusieurs chercheurs américains continuent d’étudier la pratique de la méditation sous ce nouvel angle ; leurs travaux seront à la base d’une meilleure connaissance des bienfaits de la méditation au-delà de l’effet anti-stress.

 

S’il s’agissait au début d’analyser les électro-encéphalogrammes des sujets en méditation et de les comparer à ceux de témoins, on utilise maintenant l’Imagerie à Résonnance Magnétique (IRM) et aussi la Tomographie par Emission de Positrons (caméra TEP).

 

La formation scientifique de Mathieu Ricard, moine bouddhiste, et sa proximité avec le Dalaï Lama ont été un facteur favorisant de cette collaboration entre les instances bouddhiques et les chercheurs..

 

Aujourd’hui, une méta-analyse des différentes publications sur ce sujet permet de recenser plusieurs bienfaits incontestables de la pratique de la méditation :

 

· Une réduction de l’anxiété, des réactions au stress et la tendance à la colère

· Une aide au traitement des addictions

· Une amélioration de la créativité

· Une amélioration des constantes cardio-vasculaires (Pouls, Pression artérielle, vasoconstriction périphérique)

· Une augmentation du taux de sérotonine et une diminution du taux de dopamine,

 

Ces bienfaits n’apparaissent qu’à la condition d’une pratique régulière quotidienne. On estime que les premiers effets apparaissent à partir de la huitième semaine.

 

Les études ont aussi montré que ces bienfaits n’étaient pas réservés à une pratique intensivede supers initiés mais qu’une pratique régulière d’une vingtaine de minutes sur des bases simplifiées donne aussi de bons résultats.

 

 

Une autre découverte : la plasticité   cérébrale

 

C’est également dans les années 1970,  qu’apparaît la découverte de la plasticité cérébrale, en particulier à la suite des travaux des professeurs américains Michael Merzenich et  Geoffrey Raisman .

 

Cette découverte est à la base d’une véritable révolution dans l’approche de la vieillesse ! Alors que jusqu’aux années 1970, le corps médical professait que la vieillesse était une détérioration progressive des capacités cérébrales, la plasticité cérébrale a permis de balayer cette opinion en affirmant que des cellules cérébrales « dormantes » pouvaient « reprendre du service » pour peu qu’on les stimulât !

 

La découverte de la plasticité cérébrale a permis de mieux comprendre la méditation.

 

 

Pour résumer, on pourrait dire que la méditation est un levier puissant de la plasticité cérébrale. Cela permet d’affirmer que la méditation loin d’être une méthode de détente et de relaxation, est avant tout une technique de stimulation cérébrale.

 

Elle agit comme un véritable "exercice mental" qui transforme les réseaux neuronaux, en renforçant certaines capacités cognitives et émotionnelles, et en modérant les circuits liés au stress et à l'impulsivité.

 

Cette évolution du concept de la méditation, de la sphère religieuse à la vie de tous les jours en passant par le monde médical, a permis de permettre une extension de la pratique de la méditation !  Elle permet à des personnes non concernées par le bouddhisme ou l’hindouisme par exemple d’en tirer bénéfice.

 

La méditation est un bel exemple d’une technique traditionnelle qui a acquis ses lettres de noblesse grâce à l’apport des recherches scientifiques sur le fonctionnement du cerveau.

 

Aujourd’hui les preuves de ses bienfaits sont telles que l’intégration de la méditation dans notre vie de tous les jours devrait se généraliser. Ce devrait aussi concerner notre démarche maçonnique dans le cadre de ce que l’on appelle la  méditation collective.

 

 

La méditation en Franc-Maçonnerie

 

La première possibilité c’est d’apprendre à méditer quotidiennement.  Pour cela un coaching me semble une aide non négligeable même si on peut apprendre à le faire seul.

 

On pourrait penser que parmi nous il existe des formateurs qui pourraient être sollicités pour animer ces formations. Que cela soit par les loges ou par les obédiences une mobilisation des compétences pourraient être souhaitée.

 

La deuxième possibilité serait d’intégrer un temps de méditation, d’environ 10 mn, dans le rituel. Cela se fait très facilement soit avant la fermeture des travaux, ou après l’ouverture ou à un autre moment. Le plus simple serait de diffuser une méditation guidée à tonalité maçonnique.

 

La troisième possibilité serait d’ouvrir les temples, en dehors des tenues, pour permettre aux frères et aux sœurs d’aller méditer à leur guise.

 

 On peut analyser la technique de la méditation comme un voyage intérieur qui aurait trois   composantes :

 

· La pratique de la respiration abdominale,

 

· Le lâcher prise pour se détacher des préoccupations habituelles,

 

· L’ancrage pour fixer nos pensées et ne conserver qu’un sujet d’attention. 

 

La méditation est le passage obligé pour mieux maîtriser ses émotions et développer cette fameuse pensée réflexive qui nous permet de corriger nos défauts. N’est-ce pas ce que l’on nous demande de faire lorsqu’on désire être initié ?

 

Ce qui est vrai pour un profane devrait être impératif pour une demande d’initiation.

 

Sans méditation, les dérives sont assurées !

 

Alain Bréant

Formateur en méditation

 

 
 
 

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