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La franc-maçonnerie et les femmes : comme un problème ?

Dernière mise à jour : mai 8



Chacun sait qu’au XVIIIème siècle, l’une des conditions pour devenir franc-maçon était d’être un homme.


Et puis il y a eu la franc-maçonnerie dite d’adoption où des femmes étaient acceptées dans des loges, et ensuite les premières loges mixtes à la fin du XIXème siècle et après la 2ème guerre mondiale les premières loges féminines.


Aujourd’hui, si on estime le nombre de francs-maçons dans le monde a près de 3 millions de membres, on peut affirmer que le nombre de sœurs ne dépasse pas le chiffre de 100 000.


En France, pour un total de francs-maçons d’environ 170 000 membres, on peut estimer le nombre de sœurs à environ 35 000.


Autant dire que la place des femmes dans les obédiences maçonniques est de l'ordre du "symbolique" ?


Dix ans après la décision du convent du Grand Orient de France d’accepter l’affiliation de sœurs et l’initiation de femmes, sur environ 45 000 membres on compte moins de 5 000 sœurs.


Comment expliquer cette « réticence » des femmes à entrer en Franc-Maçonnerie ?


Il y a des éléments objectifs :

  • La difficulté de se libérer pour une activité associative assez chronophage,

  • Le coût d’une adhésion et de la participation aux réunions maçonniques peut aussi être un facteur limitant,

  • Nous sommes dans une société mondiale foncièrement machiste et la reconnaissance de la spécificité féminine est toujours le résultat d’un « combat ».

Et aussi des facteurs subjectifs :

  • La franc-maçonnerie n’est pas toujours bien acceptée dans les milieux sociaux et en faire partie peut apparaître comme un risque de marginalisation, voire d’ostracisme dans certains pays,

  • La franc-maçonnerie est un monde masculin et la présence féminine n’est pas toujours reconnue dans les milieux maçonniques,

  • Les rituels maçonniques ont été écrits par des hommes et pour des hommes et leur réappropriation par les sœurs n’a pas été réellement effectuée.

Mais plus fondamentalement on peut se poser la question de savoir si les obédiences de la franc-maçonnerie souhaitent réellement une présence féminine plus importante ?


Quelle place les obédiences maçonniques dites mixtes réservant aux sœurs ?


On peut se poser cette question quand on voit la fonction qui a été réservée à la sœur Audrey Desplanques, la seule femme membre du conseil de l’ordre du Grand Orient de France : Grand Officier délégué à la Solidarité, à l’Action humanitaire et aux Réfugiés ! Est-ce le choix de notre sœur ou est-ce celui du Grand Maître ? Mais, c’est l’habitude, dans les structures dirigeantes, de confier aux femmes des fonctions « sociales ». On ne peut que regretter que cela ne donne pas un signal très positif quant à l’attribution de responsabilités décisionnaires à nos sœurs.


On pourrait aussi remarquer que sur la base d'une présence féminine de 10%, ne serait-il pas normal de retrouver quatre sœurs au conseil de l'ordre du GODF ?


Le monde maçonnique est finalement très introverti et pratique « l’entre-soi » !


Dans ce monde où on aime bien les petits groupes, les ambiances minoritaires, les querelles des « points et virgules », accepter de s’ouvrir, d’accueillir, de changer pour accepter l’autre, n’est pas vraiment spontané !


Ce qui peut paraître bizarre c’est, que si on comprend bien que les loges masculines ou mixtes ne soient pas vraiment attractives, que les loges féminines n’arrivent pas, elles aussi, à être attractives.


Une vraie réflexion ne sera-t-elle pas nécessaire pour donner à la franc-maçonnerie cette indispensable dimension féminine, signe de l’ouverture au monde féminin, élément jumeau de notre humanité ?



D'autres éléments de lecture sur ce thème :


Féminité et Franc-Maçonnerie

Grandeur et décadence de la société phallique ?

Femme et franc-maçonne

Témoignage d'une sœur : Parcours de vie, parcours initiatique

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